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Ô MALI, SI TU SAVAIS ! février 2 2017

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La Tour de l’Afrique à Bamako

 

Un jour, la nuit s’est abattue sur l’horizon

Depuis  mon Afrique cherche l’espoir à tâtons

Tandis que dans les rues, au-dessus des  maisons

Rôdent les vautours de la colonisation

 

Avec, pour complice, le vassal insatiable

Nourri par la convoitise incommensurable

D’une bouillie intellectuelle exécrable

Mélange d’oppression et corruption  minable

 

Promis de s’occuper des écuries d’Augias

Ils confondent servir et se servir, hélas !

Et  le pauvre con-tribuable payera

Les fromages d’une République mollasse

 

Hélas ! C’était compter sans cette cruauté

De l’impitoyable cannibale enragé

Profitant des états rapaces  égarés

Et  aveuglés par leur égotisme sacré

 

Sur l’autel de la suprématie aliénée

Des innocents sacrifiés, des espoirs brisés

Des valeurs volées, des familles mutilées

Sous nos yeux torturés : un monde démembré

 

Quand leurs armes violent l’innocente candeur

Mutilent nos heures, nos marchands de couleur

Nous signons à l’encre de la vie, de la peur

Avant de sombrer sous les tirs de la terreur

 

Mais, quelle que soit la durée du noir soupir

Sur ce grand cahot, bientôt, l’aube pointera

Sur la Tour de l’Afrique, le jour se lèvera

Et de ses rayons vifs, brûlera les vampires

 

Pour un paysage neuf, misons sur l’espoir

Que nos vraies valeurs s’enracinent à jamais

N’offrons pas aux mécréants notre désespoir

Car c’est ensemble que nous sauverons la paix

 

Sur ce chemin tortueux et abandonné

Oublions notre p’tit confort égocentrique

Nos comportements médiocres, la peur du risque

De cet élan dépend la luminosité

 

Rares sont les lanternes du bonheur passant

Pourtant tout geste du cœur est un acte noble

Aucun présent n’est petit ou insignifiant

Pour nos enfants osons un avenir durable

 

EPICTOU & BOLMOUSS

REFLET DE SOCIETE : La République en panne de leadership janvier 5 2017

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REFLET DE SOCIETE : La République en panne de leadership

 

Depuis 2010, deux ans avant la crise qui a failli être fatale à la République, tous les signaux étaient en alerte. Des cols blancs déguisés en grands patriotes avaient réussi à isoler le président de la République en éloignant de lui ceux qui avaient réellement l’envie et l’ambition de l’aider à boucler son second mandat en toute beauté. Hélas ! Couper des réalités du pays, il n’a pas vu le chaos venir de loin. Aujourd’hui, le Mali cherche toujours le bout du tunnel qui ne cesse de se transformer en mirage. Et cela parce que ceux qui dirigent ce pays manquent de quelque chose d’essentiel : le leadership !

 

“Nous demandons à nos partenaires aussi de respecter ce pays, de respecter ce peuple. Nous nous engageons avec eux sur des bases de respect mutuel et de coopération, mais nous n’acceptons pas tout” !

C’est ce qu’a récemment martelé le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine (MAECIIA), Abdoulaye Diop. C’était au cours d’une interview avec la chaîne TV5-Monde par rapport à la polémique suscitée par la signature ou non avec l’Union européenne d’un accord autorisant le retour forcé de Maliens en situation d’irrégularité dans cet espace.

Ce débat a mis en évidence la rupture entre gouvernants et gouvernés en République du Mali. Il a surtout conforté le sentiment du peuple que le mensonge est érigé en stratégie de gouvernance, de communication depuis quelques années.

Ce qui explique cette polémique que le chef de l’Etat et ses communicants ont du mal à éteindre, car ils ont de plus en plus du mal à convaincre les Maliens à croire en eux. Ce qui n’est pas surprenant d’autant plus que les experts jugent cette “communication approximative”, car axée sur “la dénégation systématique”, très contre-productive en la matière.

Sans aucune volonté de prolonger ce que le gouvernement taxe de “débats de caniveaux” pour mieux noyer le poisson, nous pensons que cet accord signé ou non, les ministres qui ont eu la fameuse séance de travail avec Bert Koenders (ministre hollandais des Affaires étrangères en mission au nom de l’Union européenne) n’ont pas fait preuve de responsabilité. Ils ont manqué de leadership face à un interlocuteur qui n’est pas pourtant un inconnu dans ce pays.

En effet, quand Bert Koenders dirigeait la Minusma, il s’était toujours comporté en terrain conquis en n’avait aucun égard pour les autorités et aucune considération pour le peuple malien. Ce qui avait d’ailleurs souvent poussé le président IBK à le remettre à sa place.

Alors comment des ministres de cette même République peuvent s’asseoir à la table avec ce même homme pour discuter d’un sujet aussi sensible que la migration en tombant naïvement dans son piège du “communiqué conjoint” ? Une rencontre qui a donné l’impression de signature d’un vrai accord à cause du dispositif protocolaire sans doute imposé par le visiteur ?

 

L’UE menacée dans son existence

La gestion de la migration est aujourd’hui la plus grave menace pour l’avenir de l’UE d’autant plus que les flux migratoires favorisent la montée en puissance des conservateurs de l’extrême-droite comme le Front national en France qui ne souhaitent qu’à la démanteler.

Cet enjeu crucial a échappé aux ministres concernés qui n’ont pas agi en vrais leaders diplomatiques chargés de défendre les intérêts des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur !

Aujourd’hui, à notre humble avis, le leadership est la chose fondamentale qui manque au Mali dans presque tous les domaines. C’est l’une des conséquences dramatiques de la médiocratie politique qui favorise l’émergence des moins méritants (habillés du manteau politique) et l’éclipse de ceux qui ont réellement une vraie compétence, une expertise réelle et qui sont à cheval sur les principes et valeurs.

En politique, le leader c’est celui qui a une vision et qui sait s’entourer d’hommes et de femmes capables de traduire cette vision en politiques dans tous les domaines (économique, social, sportif, culturel) pour développer le pays et rehausser son image.

C’est comme la Can “Mali-2002″ que le président Alpha Oumar Konaré a voulu à tout prix parce que conscient de son impact sur l’essor du pays en dehors du football.

Cette même “Can-2002″ nous amène aussi à parler d’un autre cadre qui a fait preuve d’un incroyable leadership pour permettre à notre pays de tenir ses engagements dans les délais requis : Ousmane Issoufi Maïga ! Jeune journaliste-reporter à l’époque, nous avons eu le privilège d’être presque de toutes les missions de supervision des chantiers ouverts.

Et nous avons été témoin de ce que “Pinochet” a obtenu de nos partenaires, notamment de nos amis chinois, comme concession et amélioration des infrastructures sans que cela ait une incidence sur les engagements financiers du pays à leur égard.

Et ceux qui ont connu le général Bréhima Siré Traoré, arraché à l’affection de la nation le 28 décembre 2016, témoigneront surtout sur son sens du leadership.

“Je l’ai connu sous la première transition quand il a été chargé en tant que ministre de l’Administration d’organiser les premières élections pluralistes et démocratiques de notre pays. Seul lui pouvait tenir tête aux politiciens. Il était imperturbable. Il était patient. Il pouvait tenir une réunion jusqu’à épuisement des sujets et de ses interlocuteurs”, s’est rappelé le doyen Tiégoum Boubèye Maïga (TBM) à l’annonce de son décès.

Nommé Commissaire au nord, “ses talents de négociateurs lui ont permis de déminer un terrain hostile”. Et TBM se rappelle des tournées dans le Nord avec lui, les députés, les membres du gouvernement à “la recherche des interlocuteurs, dormant à la belle étoile, sous les balles traçantes, avec pour tout vivre du lait en poudre, de la viande séchée et quelques dattes. Les souvenirs sont nombreux et ils sont tous élogieux”.

C’est un vrai leader de cette trempe qui a manqué au Mali dans le Processus d’Alger ayant abouti l’accord signé en mai-juin 2015. Cet accord est décrié aujourd’hui parce qu’il ne prend pas en compte les préoccupations réelles du peuple malien (Nord et Sud), mais plutôt celles de la minorité d’aventuriers qui ont pris les armes contre la République.

“Pendant les négociations, on se demandait si la majorité des délégués du Mali lisaient réellement les documents qui leur étaient soumis avant les rounds. Les groupes rebelles, surtout ceux de la CMA, avaient toujours une longueur d’avance sur eux par rapport à la maîtrise des questions à débattre. C’est pourquoi ils ont toujours réussi à imposer ce qu’ils voulaient. Curieusement, dans votre délégation, on se demandait si beaucoup savait pourquoi ils étaient en Algérie”, nous a récemment confié un diplomate étranger “surpris” de voir que nous en voulions tant à son pays par rapport à la gestion de la crise au nord du Mali.

“Nous savons que l’Algérie a tout fait pour favoriser la République du Mali dans ses négociations. Mais, ce n’est pas évident soutenir quelqu’un qui ne maîtrise pas les dossiers… En dehors de cette crise, je pense que ce manque de leadership est le problème fondamental du Mali”, ajoutera-t-il.

 

Des traitres dans les rangs des négociateurs

Et de conclure : “Même quand on a réellement envie d’aider ce pays, mais on ne sait pas à qui s’adresser, car ceux que nous avons souvent en face comme interlocuteurs, sont rarement à la hauteur. Ils ne savent pas négocier et se contentent souvent de peu… Vous devez vous en prendre d’abord à vos autorités qui défendent mal les intérêts de vos pays. Il n’y a pas de cadeaux dans les relations internationales basées sur les intérêts des parties”.

Sans compter que, par rapport au Processus d’Alger, le double-jeu de certains de nos représentants qui, en réalité, travaillaient comme de vrais espions renseignant l’autre partie sur la position et les dossiers du pays.

A peine les projecteurs éteints, ils étaient déjà dans les coulisses pour apporter mains fortes à leurs “frères” aux dépens de l’intérêt national.

C’est le même coup qu’ils ont fait au général ATT quand ce dernier les a dépêchés pour aller à la rencontre des aventuriers venus de la Libye pour déstabiliser notre pays. Les vrais entretiens se déroulaient toujours dans le dos des ministres et élus supposés représenter le Sud. Ils poussaient les insurgés à demander plus d’argent afin de préparer leur attaque contre la République. Hélas !

Aujourd’hui, nous sommes toujours dans l’impasse par rapport à cette crise parce nos autorités acceptent tout de la supposée communauté internationale qui se comportent en vraie avocate des groupes armés. Ils sont incapables de défendre une position claire et nette, quelle que soit sa pertinence !

La crise persiste parce que les bandits de la CMA sont convaincus qu’ils n’ont que des épouvantails en face et non de vrais leaders.

Nous ne vous apprenons sans doute rien en vous rappelant que le leadership a un rôle crucial dans la gestion de crise.

Et cela d’autant plus que, comme le définit si bien Kanokwan Towton, être un leader, c’est avoir “la capacité d’influencer et de fédérer un groupe pour atteindre un but commun dans une relation de confiance habituelle et pour une durée limitée”.

Face à une situation de crise, un leader doit avoir des réflexes incontournables pour élaborer les plans d’urgence solides ; tester des plans via des exercices minutieux et formés ; savoir s’entourer d’experts pour pouvoir répondre à la crise…

Et cela d’autant plus que gérer une crise comme celle que traverse le Mali depuis cinq ans (janvier 2012) nécessite des décisions importantes et stratégiques aux moments cruciaux ! Des décisions audacieuses, loin des calculs populistes qui poussent à vouloir faire des omelettes sans casser des œufs, à vouloir contenter tout le monde ! En la matière, hélas, les dirigeants actuels du Mali n’ont guère brillé.

Et pour revenir à la déclaration faite plus haut par le ministre Abdoulaye Diop, nous disons que pour que les autres vous respectent, il faut le mériter en se respectant d’abord. Et pour respecter et se faire respecter nous devons, comme le dit la bloggeuse Tetou Gologo, “apprendre notre histoire pour nous connaître et être fiers de nous-mêmes” !

Moussa BollyLa photo de famille du gouvernement formé en juillet 2016 par le Premier Ministre Modibo Kéita

REVISION CONSTITUTIONNELLE : La démocratie n’a pas besoin d’institutions budgétivores pour sa consolidation janvier 5 2017

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REVISION CONSTITUTIONNELLE : La démocratie n’a pas besoin d’institutions budgétivores pour sa consolidation

 

Dans son discours de Nouvel an, le président Ibrahim Boubacar Kéita a annoncé une conférence d’entente nationale et un référendum constitutionnel. Cette dernière reforme doit aboutir à la création d’un Sénat pour, dit-il, le renforcement de l’Etat et de la souveraineté de la Nation. Mais, nous ne pensons pas que le Mali ait aujourd’hui besoin d’un Parlement bicaméral pour mieux renforcer sa démocratie.

 

Dans son message du Nouvel an, le président Ibrahim Boubacar Kéita a souligné que les leçons tirées de la crise sécuritaire et institutionnelle, qui secoue notre pays depuis 2012, ont mis en évidence «les lacunes et insuffisances» de notre constitution. Ce qui nécessite une reforme constitutionnelle.

Une nécessité imposée également par la prise en compte des réformes prévues dans l’Accord pour la paix et la Réconciliation. Ainsi, IBK promet que, dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire, un projet de loi portant révision de la Constitution sera déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale.

Les propositions faites dans ce projet de loi, a assuré le président de la République, visent le renforcement de l’Etat et de la souveraineté de la Nation. «Elles se donnent ensuite comme finalité de fortifier les Institutions de la République en assurant leur permanence et leur continuité, en clarifiant leurs rapports ainsi qu’une organisation rationnelle et efficiente des pouvoirs publics», a annoncé Ibrahim Boubacar Kéita. 

Et d’ajouter que «le projet de loi garantira l’indépendance du pouvoir judiciaire, sa séparation du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif, lequel sera renforcé par la création d’une deuxième chambre».

Ainsi, si la révision aboutit, le Parlement malien sera désormais bicaméral, c’est-à-dire composé de l’Assemblée nationale et du Sénat. Et cela pour «le plus grand confort de notre démocratie, une meilleure représentation de nos populations», a justifié le président Kéita. 

«Si la révision de la Constitution vise à renforcer l’Etat et la souveraineté, à conforter notre démocratie par le renforcement des Institutions, elle n’en assure pas moins la garantie et le respect des droits et libertés fondamentales reconnus aux citoyens», a poursuivi le Chef de l’Etat malien.

«Le peuple sera l’arbitre ultime du bien-fondé de l’initiative puisqu’après son adoption par la représentation nationale, la Loi fondamentale révisée sera soumise à l’approbation de nos concitoyens par référendum», a promis le président Kéita.

Si les autres arguments évoqués par le Chef de l’Etat pour justifier cette reforme constitutionnelle sont pertinents, nous ne pensons pas que le Mali ait aujourd’hui besoin d’un Parlement national à deux chambres, donc d’une Assemblée nationale et d’un Sénat. Cela ne répond qu’à un mimétisme institutionnel dont l’utilité ne sera qu’une caisse de résonnance de plus pour renvoyer l’ascenseur à certains soutiens politiques encombrants. 

 

Une chambre pour caser la «clientèle politique»

Le Sénat est une institution de la Ve République française (qui inspire l’essentiel des constitutions en Afrique francophone) et forme, avec l’Assemblée nationale, le Parlement français. A ce titre, il vote la loi, contrôle l’action du gouvernement et évalue les politiques publiques. Ses pouvoirs sont fixés par la constitution.

Le Sénat vise surtout, dans le contexte français, à assurer une meilleure représentation des Français et des territoires. Il constitue la Chambre haute du Parlement. En vertu de l’article 24 de la Constitution de la Ve République, il assure la représentation des collectivités territoriales et, avec l’Assemblée nationale, celle des Français établis hors de France.

Organe collégial, le Parlement assure la représentation du peuple et se voit confier deux fonctions : le vote de la loi et le contrôle de l’action gouvernementale qui revient au Sénat. En effet, ce contrôle est sa seconde grande mission. Il s’exerce par des questions, des débats ou des investigations menées par les sénateurs.

Mais, à l’exception du vote d’une motion de censure, les sénateurs ont des pouvoirs identiques à ceux des députés en matière de contrôle du gouvernement. Depuis le 1er mars 2009, une semaine de séance sur quatre est réservée en priorité à ce contrôle, ainsi qu’à l’évaluation des politiques publiques.

Mais, généralement dans les pays africains qui ont un Parlement à deux chambres, les observateurs constatent que le Sénat sert surtout à caser une «clientèle politique». C’est pourquoi, ils (observateurs neutres) ont salué la décision du président Macky Sall du Sénégal de renoncer à sa promesse de ressusciter le Sénat dans son pays.

Une décision motivée par les inondations qui ne cessent de frapper les populations sénégalaises, dakaroises notamment, en hivernage. Ainsi, les 8 milliards de F Cfa qui devaient servir à entretenir les Sénateurs seront injectés dans la réalisation des infrastructures de prévention des inondations.

«La patrie passe avant le parti», s’est-il justifié face à son gouvernement et ses partisans politiques. Comme en France, le Sénat était la  Chambre haute du Parlement sénégalais. Créé en 1999, il a été supprimé en 2001, rétabli en 2007 et à nouveau été supprimé en 2012.

 

Une vraie reforme sans céder au mimétisme

Arrêtons de singer les modèles politiques de l’Occident parce nous n’avons pas les mêmes préoccupations sociopolitiques et économiques. «Une représentation nationale qui s’avère incapable de répondre correctement aux aspirations et aux interrogations légitimes de ses mandants est une représentation nationale en voie de décadence, de laquelle on ne peut rien tirer, ni le gouvernement qu’elle prétend défendre, encore moins le peuple», avait récemment déploré l’honorable Yaya Sangaré (Adema-PASJ, majorité) dans l’une de ses nombreuses tribunes sur les réseaux sociaux.

«…Quand des élus du peuple souverain ferment les yeux sur les problèmes les plus cruciaux qui se posent à leur pays (insécurité, mal gouvernance, pilotage à vue), nous nous trouvons inéluctablement face à des élus atteints de cécité intellectuelle et morale et à des gens malheureusement moribonds», avait-il ajouté.

Malheureusement, l’Assemblée nationale du Mali s’est installée dans «une posture de refus systématique d’apporter sa déterminante contribution à la résolution des problèmes des Maliennes et Maliens».

Cela pose plutôt la question de la moralité et de l’intégrité de nos élus. Et ce n’est pas une reforme constitutionnelle qui va changer cela d’autant plus que rien ne garantie que les Sénateurs seront plus responsables que les députés.

A quoi alors bon accroître les charges du budget national avec des institutions qui ne seront que l’ombre d’elles-mêmes en privant le pays de ressources vitales pouvant servir à réaliser des infrastructures sociales de base ?

Au Sénégal par exemple, avec 8 milliards, on peut moderniser les moyens de production d’un village et le mettre sur la voix de l’auto-développement ! Et cela en plus d’endiguer les raisons des fréquentes inondations. 

Ce n’est pas le mimétisme institutionnel qui permettra à la démocratie malienne d’atteindre la maturité pour le bien être des citoyens. Si la révision constitutionnelle est aujourd’hui une impérieuse nécessité, la création de nouvelles institutions ne l’est pas.

Et si reforme il y a, elle ne doit pas porter sur de nouvelles institutions, mais plutôt viser à renforcer et à optimiser celles existantes comme le Haut Conseil des Collectivités territoriales (HCCT).

Tant que ceux qui ont entre les mains la gestion de ce pays ne prennent pas conscience de leur responsabilité et de leurs missions pour les exercer avec rigueur et intégrité, la multiplication des institutions ne pourra jamais être une garantie pour la mise en œuvre d’une «gouvernance vertueuse, sobre, transparente et de rupture» !

Moussa BollyLe président Ibrahim Boubacar Kéita lors de son adresse à la nation le 31 décembre 2016Le président Ibrahim Boubacar Kéita lors de son adresse à la nation le 31 décembre 2016

LA VIE HEROÏQUE DE FIDEL CASTRO : Une source d’inspiration pour affranchir l’Afrique du néocolonialisme décembre 1 2016

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Fidel Castro, le Père de la Révolution cubaine

 

Le leader Maximo et ancien président cubain, Fidel Castro Ruiz, s’est éteint la nuit du 25 novembre 2016 à 90 ans. Il avait été forcé par la maladie à se retirer de la vie publique en 2006, puis à céder officiellement la place à son frère cadet Raul deux ans plus tard. Avec cette disparition, c’est sans doute le dernier dinosaure du socialisme qui s’efface. Et du coup, c’est  une page du 20e siècle qui se tourne aussi au moment où Cuba et son puissant voisin, les Etats-Unis d’Amérique, entrent dans une nouvelle ère marquée par la coopération après 50 ans de confrontation idéologique.

 

«Une grande perte pour l’humanité» ! Nous pensons que c’est notre ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, M. Abdoulaye Diop, qui a trouvé l’une des formules les plus justes pour rendre hommage à Fidel Castro à travers son héritage politique. Un hommage rendu à l’ancien guerillero sur Tweeter au nom du président Ibrahim Boubacar Kéita et du peuple malien.

La mort de Fidel Castro, le 25 novembre 2016 à 90 ans, a été durement ressentie en Afrique où des pays comme l’Algérie ont décrété au moins une semaine de deuil national. Sans compter l’hommage unanime des dirigeants et des intellectuels du continent dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Les Révolutionnaires cubains ont vigoureusement et publiquement soutenu la lutte d’indépendance dans de nombreux pays africains. Mieux, ils ont ouvert Cuba aux jeunes pays indépendants comme le Mali pour former de nombreux cadres dans presque tous les domaines clefs du développement (éducation, santé, agriculture, art et culture, sport…).

Il faut aussi rappeler que l’une des premières mesures prises par Fidel Castro et son frère Raul a été de mettre fin au racisme à Cuba. Avant la victoire de la Révolution, les Noirs y subissaient les pires discriminations comme aux Etats-Unis à l’époque.

Mais, depuis 1959 avec la prise du pouvoir par Castro, c’est un pays où Blancs et Noirs sont à égalité et vivent dans la plus grande harmonie.

A Cuba les populations ne paient pas de loyer, pas de factures d’électricité ou de gaz, pas d’impôt… L’école et la santé y sont gratuites. C’est le seul pays au monde où il n’y a aucun analphabète. Une source d’inspiration pour beaucoup de pays africains à l’indépendance.

Et aussi dans les années 80 Castro a inspiré la Révolution en Haute Volta (rebaptisé Burkina Faso pour définitivement tourner la page du colonialisme et du néocolonialisme). Une Révolution burkinabè dont la portée politique et socioéconomique n’a pas malheureusement été comprise par le peuple que plus de deux décennies après l’assassinat du Capitaine Révolutionnaire Thomas Isidore Sankara.

Le combat, la résistance, la ténacité d’El Commandante doivent servir la nouvelle génération en Afrique si elle veut réellement rompre avec le paternalisme de l’occident, s’affranchir du néocolonialisme et trouver les vraies voies du développement de nos Etats et de l’épanouissement socioéconomique, politique et culturel de nos peuples.

Comme l’indique son prénom, le leader Maximo est resté fidèle á son idéologie et à ses convictions socio-économiques et politiques : le communisme ! Castro n’était nullement préoccupé de ce que ses ennemis et ses détracteurs pensaient de lui, de sa vision politique et de sa pensée idéologique. Le plus important, pour ce leader charismatique, c’était ce que l’humanité allait retenir de lui.  Des millions de tiers mondistes et d’occidentaux pensent hier comme aujourd’hui que l’homme a changé le monde ou l’a marqué par ses convictions, il a été l’un des dirigeants politiques et idéologues qui ont réellement marqué le 20e siècle comme Nelson Mandela ?

D’autres diront qu’il était «une conscience planétaire dans le combat pour l’émancipation humaine, un phare incandescent et un soutien ferme pour les peuples en lutte pour leur indépendance».

 

La bête noire des Américains et leurs alliés

Cuba de Castro n’a jamais cédé aux menaces et aux attaques des Occidentaux, notamment des Américains dont le débarquement sur la Baie des cochons à lamentablement échoué. En 50 ans de règne, dont 17 ans comme Premier ministre, il a été visé par 638 tentatives de déstabilisation de la CIA (USA).

«Avec quelle légitimité les Etats-Unis peuvent-ils parler de droits de l’Homme dans un pays où il y a des millionnaires et des mendiants, où les Noirs subissent des discriminations, où les femmes sont prostituées, où un grand nombre de Chicanos, de Portoricains et de latino-américains sont rabaissés, exploités et humiliés», s’est interrogé Fidel. Castro lors d’un de ses nombreux discours, de vrais cours pour des étudiants en science politique.

Fidel était célèbre pour ses discours qui pouvaient durer plusieurs heures et il a marqué l’histoire par certaines formules fortes. Son speech à l’Assemblée générale des Nations Unies en 1960 est encore considéré comme le plus long (4h29) de cette organisation.

«C’est ici que nous avons la possibilité de dire la vérité, et nous ne perdrons pas cette possibilité», avait-il justifié. Il n’a pas manqué de dénoncer son isolement sur l’île de Manhattan, les tentatives de limiter les contacts avec d’autres délégations… et tous les efforts de l’administration du président Eisenhower pour lui pourrir la vie pendant ce premier séjour.

«Socialismo o muerte, patria o muerte, venceremos» ou «le socialisme ou la mort, la patrie ou la mort, nous vaincrons» était sa formule préférée pour conclure ses discours. Et il l’a prononcé pour la première fois le 5 mars 1960 lors des obsèques des victimes de l’explosion du navire français, La Coubre, dans le port de La Havane, alors qu’il apportait des armes au régime.

Cette formule fait écho au slogan utilisé par les indépendantistes lors de la guerre contre les Espagnols : «Independencia o muerte» ou «L’indépendance ou la mort» ! Un slogan devenu «la patrie ou la mort, nous vaincrons» avec la Révolution de Thomas Sankara au Burkina Faso. Au Mali, les élèves et étudiants l’ont décliné, en 1990, en «oser lutter, c’est oser mourir : nous vaincrons».

Le père de la Révolution cubaine et leader charismatique du «Tiers monde» est quasiment le seul dirigeant au monde qui a défié la puissance américaine et ses alliés et qui a pu échapper à toutes les tentatives d’assassinat et de renversement de son régime. Et malgré l’embargo pendant des décennies, Cuba est resté une référence dans les domaines de l’éducation, de la santé, du sport… Les chercheurs cubains sont aujourd’hui les mieux placés pour combattre le VIH/Sida, le cancer…

 

S’inspirer de Castro pour briser les chaines du néocolonialisme occidental

Une vie et un combat qui doit inspirer les dirigeants africains actuels du continent africain qui pense qu’il faut faire allégeance à l’Occident pour régner. Et du coup, ils tournent le dos aux préoccupations réelles de leurs peuples sacrifiés pour les intérêts des puissances occidentales.

Le parcours de Castro, comme le disait un intellectuel sur les réseaux sociaux, prouve que si un dirigeant est adulé dans son pays et qu’il inscrit ses actions dans «la vérité et la justice», il n’a rien à craindre de ses ennemis extérieurs.

«Et pour avoir vécu à Cuba, j’étais surpris de voir que la longévité au pouvoir de Castro est liée principalement au soutien sans faille du peuple cubain qui a toujours fait bloc derrière son Commandant en Chef», a témoigné sur les réseaux sociaux un cadre formé à Cuba.

Diabolisé par les Américains et leurs alliés, Fidel Castro n’en a pas moins suscité l’admiration de millions de militants et dirigeants de gauche, en Afrique et en Amérique latine, notamment, où plusieurs dirigeants se revendiquent de son héritage.

Considéré comme une menace pour le monde libre, le régime communiste cubain a nargué des années durant les Etats-Unis, symbole du capitalisme occidental et distants d’à peine 150 kilomètres et a vu passer une dizaine de présidents à la Maison blanche.

Aujourd’hui, la mort de Castro ne pose pas de crise de succession parce qu’il a eu la sagesse de passer la main à son frère et compagnon de lutte Raul, quand il a pris conscience de ne plus avoir la capacité physique de diriger le pays.

Les observateurs ne craignent donc pas la moindre difficulté pour sa succession dans l’immédiat car Raul semble être sur une assise solide.

Agé de 85 ans, ce dernier promet de se retirer au terme de son mandat, en 2018. Et le Parti communiste cubain a promis au Politburo une nouvelle génération de dirigeants, dont Miguel Diaz-Canel, premier vice-président en poste et héritier présumé.

«Je ne pense pas que la mort de Fidel soit un véritable test. Le vrai test sera la transmission du témoin à la génération suivante et ce qui se passera quand Raul se retirera», estimait Phil Peters, du Lexington Institute, en Virginie (USA), avant la mort de Fidel Castro.

Avec la mort de Fidel Castro, une page de l’histoire de Cuba et du communisme est tournée. Mais l’histoire retiendra aussi et surtout, comme le dit si bien Justin Trudeau (Premier ministre libéral du Canada), l’image d’un «leader remarquable, plus grand que nature», et de «révolutionnaire et orateur légendaire».

L’un des «Géants du XXe siècle» ! Un homme est resté à jamais «Fidel» à ses convictions. N’en déplaisent à ceux qui ont toujours cherché à le détruire et qui ne sont jamais parvenu à l’atteindre !

Moussa Bolly

 

POLITIQUE ET ELECTIONS : Les urnes révèlent la faillite de la classe politique malienne novembre 28 2016

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POLITIQUE ET ELECTIONS : Les urnes révèlent la faillite de la classe politique malienne

 

Les élections communales se sont déroulées aujourd’hui au Mali tant bien que mal. A Bamako, on ne déplore pas de problèmes majeurs par rapport à l’organisation du scrutin. Mais, dans les régions du Centre et du Nord, des échos nous sont parvenus que le scrutin n’a pas eu lieu dans beaucoup de communes à cause des intimidations et même des attaques. N’empêche que le gouvernement a relevé un pari : organiser un scrutin dans la crise sécuritaire et financière.

 

Enfin ! Oui, enfin elles se sont tenues ce dimanche 20 novembre 2016 après quatre reports souvent pour des raisons peu convaincantes. Les communales se sont tenues malgré un contexte sécuritaire difficile, malgré les menaces des organisations terroristes et mêmes des composantes de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Une attitude peu surprenante d’autant plus que ceux-ci ont tout à gagner dans les Autorités intérimaires et que dans une vraie consultation électorale pouvant mettre à nue leur impopularité dans les zones contrôles par bout de fusil.

Oui ! Il y a eu des couacs ! Oui, le scrutin n’a pas pu finalement se tenir dans plus d’une trentaine de communes et le gouvernement doit penser rapidement à réunir les conditions pour que les citoyens ainsi privés du droit de choisir leurs dirigeants à la base puisse rapidement l’exercer pour ne pas être lésés au niveau des Conseils de cercle.

Mais, aujourd’hui, le plus important est que le Mali ait réussi à prouver au monde entier que nous sommes encore en mesure de relever des défis pour ancrer davantage notre démocratie.

Au-delà des résultats, c’est ce qui doit le plus compter pour nous, les Maliens. Les élections constituent le baromètre pas seulement de la démocratie, mais pour chaque partie politique digne de ce nom.

Et comme l’a si bien dit le président IBK, après avoir accompli son devoir citoyen en compagnie de son épouse, le scrutin du 20 novembre 2016 montre que «notre démocratie continue sa marche inexorable».

Et organiser des élections de proximité dans le contexte actuel relevait de la gageure. Pas seulement sur le plan sécuritaire, mais surtout financier. Mobiliser 12 milliards F CFA pour organiser ce scrutin est une vraie prouesse du gouvernement après la défection de plusieurs Partenaires Techniques et Financiers (PTF) suite aux nombreux reports.

Malheureusement, beaucoup de gens vont volontairement se focaliser sur le fait que ces élections n’ont pas pu se tenir dans une trentaine de communes (sur 703) à cause de l’insécurité. Et que cela va contribuer à «fragiliser le tissu social qu’à donner une réelle chance à la paix». Ils ont peut-être raison.

 

Les menaces de l’opposition ont accentué la défection de l’électorat

Mais, à notre avis, si faillite il y a, elle n’implique pas le seul Etat, même s’il était de son devoir de prendre les mesures sécuritaires nécessaires. N’empêche que la sécurité n’est pas l’apanage du seul gouvernement, notamment en cette période de crise où une grande partie du centre et surtout du septentrion échappe à son contrôle à cause des conditions contraignantes de l’accord et aussi à cause de la duplicité de certains acteurs de la crise comme la France à Kidal.

S’il y a faillite, c’est en partie de la faute de la classe politique, surtout de l’opposition. Par ses sorties médiatiques démagogiques, celle-ci a beaucoup contribué à défection de l’électorat et en a rajouté à la psychose liée à l’insécurité.

Les opposants n’ont jamais manqué de griefs par rapport à ce scrutin comme s’ils craignaient qu’on ne découvre qu’en réalité ils sont des tonneaux vides.

«Si le gouvernement ne fait rien pour  recadrer son tir, l’opposition se réservera  le droit de ne pas reconnaître les élections communales de dimanche et par conséquent, se battra pour exiger leurs annulations», menaçaient-ils lors d’un point de presse animé le 17 novembre 2016.

Vaincus avant d’aller aux urnes, ils s’accrochaient déjà au prétexte d’un vote frauduleux pré-arrangé pour permettre à la majorité de contrôler les mairies au prix de tripatouillages.

Et curieusement, les mêmes partis étaient en alliance avec ceux de la majorité sur plusieurs listes et dans de nombreuses circonscriptions électorales. De qui se moque-t-on finalement en dénonçant une fraude alors qu’on est allié aux fraudeurs ?

«Je ne comprends pas l’attitude de nos hommes politiques qui, visiblement, n’ont aucun respect pour les citoyens. Sinon comment comprendre ces alliances contrenature entre les supposées majorité et opposition comme RPM-URD, Parena-RPM ? Et on nous demande de sortir pour voter pour ce genre d’alliances…», protestait un jeune professeur de français rencontré à la veille du scrutin. Dimanche dernier, beaucoup de personnes nous ont tenu le même langage pour justifier leur refus de se rendre aux urnes.

 

Savoir perdre et savoir gagner

Peut-on objectivement miser sur des élections transparentes et fiables au Mali alors que l’opposition s’abrite derrière la non-transparence et la non fiabilité pour justifier à l’avance son échec ? Peut-il en être aussi autrement alors que les «grands partis» veulent toujours sortir des urnes vainqueur et ne se croient même contraints de laisser la portion congrue aux petites chapelles ?

Peut-t-on réellement mobiliser l’électorat avec le discours défaitiste tenu par l’opposition ? Cette frange de la classe politique qui boude depuis un certain boude les cadres légaux d’expression et de résolutions des griefs formulés tout au long de ce processus électoral. Il s’agit notamment le cadre de concertation du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation avec la classe politique.

Le taux de participation était l’un des enjeux de cette élection car sensé donner plus de légitimité aux élus. Il va être faible parce que les citoyens pensent que «leur vote ne sert pas à installer les élus de leur choix». Il est logique que les reports et le dépit politique aient provoqué la défiance de l’électorat vis-à-vis des partis politiques.

D’une manière générale, les Maliens sont visiblement très déçus des hommes politiques, toutes tendances confondues. C’est ce qui explique fondamentalement qu’ils aient boudé les urnes.

Malheureusement, ce manque d’engouement a été accentué par les intimidations et les menaces d’une certaine opposition qui a rivalisé avec les groupes rebelles en la matière.

Quelle que soit la faillite de l’Etat, il est indéniable et urgent que la classe politique malienne se remette en cause pour se réconcilier avec l’électorat, donc avec les citoyens.

Et comme l’écrivait un membre du KenédougouForum, il est temps que les politiciens maliens comprennent que «la politique ce n’est une affaire d’une année mais c’est une œuvre sur toute la vie. On gagne, on perd, puis on gagne ! C’est la vie».

Moussa BollyLa UNE de l’hebdomadaire Le Matin du mercredi 23 novembre 2016

INTIME CONVICTION : Se mettre à la tâche au lieu d’attendre le passage du Père Noël pendant notre sommeil novembre 16 2016

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INTIME CONVICTION : Se mettre à la tâche au lieu d’attendre le passage du Père Noël pendant notre sommeil

 

Le 45e président des Etats-Unis d’Amérique est connu depuis le 8 novembre 2016. Il s’agit de Donald Trump qui va occuper la Maison Blanche après une campagne d’une violence rare, et qui a mis en évidence la profonde division de l’Amérique. À l’image du parti républicain, la chapelle politique du vainqueur où presque tout le monde l’avait lâché à cause de son discours volontairement provocateur.

 

Pour la première fois, les Etats-Unis devaient choisir à la présidentielle entre une femme et un novice en politique, tout en optant pour l’alternance. Et les Américains ont voté pour une rupture totale au lieu d’une simple alternance constitutionnelle. Et, pour paraphraser une amie et brillante avocate, «les Américains ont décidé d’user de leur droit de se tromper» ! En effet, le vainqueur était donné perdant par tous les sondages. Raciste, sexiste, xénophobe, narcissique…Aucun de ces défauts n’a empêché l’Amérique de voter pour un «politicien immature» aux dépens de l’establishment symbolisé par Hillary Clinton. Le plus important aux yeux des électeurs, c’est que leur choix incarne certainement mieux le rêve américain qu’il promet d’ailleurs de ressusciter !

Son successeur connu, Barack Obama prépare sans doute ses cartons pour quitter la Maison Blanche en janvier prochain. Ici et là, on s’en presse à faire un bilan de ses huit années passées à la présidence américaine. Et à écouter de nombreux Africains, Obama a déçu. Comme si les Américains élisaient leurs dirigeants pour s’occuper des questions africaines. L’élection d’un président noir, surtout d’origine africaine (son père était un Kenyan), avait visiblement suscité beaucoup d’espoir en Afrique. Un espoir qui s’est estompé au fil des années pour finir en déception, si l’on s’en tient aux analyses et déclarations de ces derniers jours dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Mais, pour juger Obama, 44e et aussi le premier président Black, sur sa politique africaine, il faut relire son discours historique au Parlement ghanéen à Accra, le 11 juillet 2011. En juillet 2011, le 44e président des USA s’était adressé au monde musulman au Caire (Egypte) et à l’Afrique subsaharienne à Accra (Ghana). Ce jour, Obama avait abandonné la langue de bois de la raison politique pour s’exprimer avec le cœur.

La bonne gouvernance pour déverrouiller les potentialités de l’Afrique

«Je ne considère donc pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part, je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté», avait-il déclaré dans la capitale Ghanéenne avec beaucoup de conviction. Et ce jour, Barack Obama avait balisé les priorités de sa politique africaine : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits ! À Accra, Obama n’avait pas manqué de rappeler aux Africains que le développement dépend de la bonne gouvernance. C’est l’ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps. C’est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de l’Afrique. Enfin, c’est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s’acquitter. Toutefois, avait-il poursuivi, «aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue».

Pour montrer la voie à suivre, Obama ne s’était pas contenté de discours, il avait aussi posé des actes. Comme initiatives visant à booster le développement de l’Afrique, le président d’origine kenyane a, à son actif, le premier sommet USA/Afrique à Washington (août 2014) à l’issue duquel il avait annoncé 33 milliards de dollars d’engagements américains en Afrique. Mais, à notre avis, le Plan «Power Africa» est, avec Yali, l’une de ses initiatives les plus ambitieuses en faveur du continent africain. Lancé en 2013 par le président Obama, et approuvé par le parlement américain en février 2016, le plan «Power Africa» est considéré comme l’un des plans les plus ambitieux et les plus structurés sur l’électrification de l’Afrique.

Ce vaste programme, qui se fixe pour objectif de doubler l’accès à l’électricité en Afrique en 2018, est doté de 7 milliards dollars par le gouvernement américain. Il est soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale (BM). Et le 21 septembre 2016, Obama avait annoncé une nouvelle enveloppe supplémentaire d’un milliard de dollars. Sans compter les 20 milliards de dollars glanés auprès d’une centaine de partenaires dans le secteur privé. L’initiative est d’autant salutaire que 600 millions d’Africains, sur 1,3 milliard, vivent sans électricité. Le plan Power Africa vise donc à réduire le déficit énergétique du continent en général et de l’Afrique subsaharienne en particulier, en investissant massivement, notamment dans les énergies renouvelables.

 

Préparer les futures générations à bâtir des institutions fortes

«L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes», avait rappelé Barack Obama lors de son historique discours d’Accra. Mais, il était sans doute aussi conscient que, à l’image des marguerites qui ne poussent pas dans le désert, les institutions fortes n’émergeront pas par miracle.

Il faut un éveil des consciences avec une élite engagée et responsable, capable de s’investir dans l’arène politique ou de former des lobbies puissants pour influencer les décisions politiques, économiques et sociales.

Cette prise de conscience est sans doute à la base du programme Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders (YALI, lancé en 2010). En hommage au regretté Nelson Mandela, il a été initié par Barack Obama pour stimuler l’engagement et l’autonomisation de la prochaine génération de leaders africains.

Le programme devait par exemple envoyer cette année aux États-Unis 1.000 leaders de l’Afrique sub-saharienne pour des formations de 6 à 8 semaines dans les domaines comme le business et l’entreprenariat, le management public et leadership civique. Ces jeunes seront placés dans des universités américaines… où ils auront aussi l’opportunité de partager de nombreux expériences, de connaître d’autres jeunes de leur génération afin d’enrichir leur carnet d’adresses…

Le président Obama a clairement indiqué dans sa politique envers l’Afrique sub-saharienne que «les jeunes sont un facteur clef dans notre implication auprès des populations de ce continent, que ce soit à travers la consolidation de la démocratie, le développement économique ou l’amélioration de la sécurité».

Au départ, il a consisté en une série de fora (forums) de haut niveau, dont le Forum du président Obama avec les jeunes leaders africains en août 2010, le Forum des jeunes Africaines pionnières en juin 2011, et le Sommet sur  l’Innovation et le partenariat de mentorat des jeunes leaders africains en juin 2012…

 

Les Africains doivent se réveiller pour concevoir et réaliser le rêve… africain

«Voici un Programme qui va vous aider à faire une réelle différence chez vous», avait espéré le président Barack Obama aux participants de Washington Mandela Fellows de 2015. Mais les Africains attendaient certainement plus du premier Black élu président de la première puissance économique et militaire du monde.

Et cela en ignorant superbement que ce n’est pas la politique africaine qui fait gagner une élection présidentielle aux Etats-Unis. La preuve est que les questions africaines étaient totalement absentes de la campagne des Donald Trump et Hillary Clinton.

Ainsi, quand nous entendons des Africains, des «experts» ou des chroniqueurs dire que son bilan est mitigé, nous nous demandons s’ils n’attendaient pas de lui plus qu’il ne pouvait. Il est d’ailleurs temps de sortir de ce paternalisme qui nous amène à attendre que les puissances occidentales viennent nous montrer la voie de notre propre développement. Il faut encore être d’une grande naïveté pour croire à cela, pour croire que le progrès de l’Afrique peut être réellement le souci de ces puissances.

À Accra, Obama avait eu la bonne foi de nous rappeler qu’il revient «aux Africains de décider de l’avenir de l’Afrique…». Ce n’est pas la pertinence de sa politique africaine qui offre à un candidat à la Maison Blanche les meilleures chances de se faire élire. Ceux qui se faisaient encore des illusions l’ont compris sans doute en constatant que l’Afrique était presque absente de la campagne qui a abouti à l’élection de Donald Trump.

L’Afrique n’a presque rien à gagner ou à perdre dans l’élection du Républicain dont l’Amérique est l’unique préoccupation. Sauf qu’il menace de revoir tous les engagements extérieurs de son pays.

Et surtout que ses proches conseillers croient que les fonds injectés en Afrique depuis 1960 représentent un gaspillage énorme des ressources de l’Amérique. Et la pire des illusions, c’est de penser que l’élection d’un président américain peut apporter un changement positif en Afrique.

Les locataires de la White House (Maison Blanche) sont avant tout élus pour s’occuper des préoccupations des Américains, donc représenter au mieux l’intérêt général des Etats-Unis.

Si un passage a retenu notre attention dans le premier discours de victoire de Trump (prononcé à son QG), c’est quand le 45e président des USA rappelle aux Américains que «rien que nous souhaitons pour l’avenir de notre pays n’est hors de portée et nous parions sur le meilleur uniquement. Nous avons entre nos mains l’avenir de notre pays. Un avenir audacieux, un avenir brillant. Nous devons rêver de grandes choses pour ce pays…». 

Ce passage doit nous ouvrir les yeux, nous amener à la réalité pour comprendre qu’un rêve ne se réalise pas en dormant, mais en agissant. Agir sur notre propre mentalité. Agir sur notre propre destin, pour peser sur celui de notre pays et de notre continent.

Soyons enfin le boulanger de notre avenir. Faisons donc nôtre, cette belle déclaration (la première après sa défaite) pleine d’humilité et riche en enseignements d’Hillary Clinton, «le plus beau, c’est de se battre pour ce en quoi l’on croit». La conviction et l’intégrité sont des valeurs qui nous manquent essentiellement en Afrique !

Le scrutin du 8 novembre 2016 nous rappelle la vivacité du rêve américain. Et l’un des mérites d’Obama, c’est d’avoir fait de la réalité le rêve de Martin Luther King. Au moins ça, toute l’humanité s’en souviendra !

Moussa BOLLY

 Barack Obama, le 44e président des Etats-Unis d’Amérique !

RECRUDESCENCE DES ATTAQUES CONTRE LES FAMA, LA MINUSMA ET BARKHANE : Mahmoud Dicko discrédité par les attaques revendiquées par d’Ançar Dine novembre 14 2016

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RECRUDESCENCE DES ATTAQUES CONTRE LES FAMA, LA MINUSMA ET BARKHANE : Mahmoud Dicko discrédité par les attaques revendiquées par d’Ançar Dine

 

A quelques jours des élections communales et de la mis en place des premières autorités intérimaires dans le septentrion, le Mali semble s’embraser à nouveau avec la multiplication des attaques essentiellement revendiquées par Ançar Dine. Le sanguinaire Iyad Ag Ghali ne pouvait mieux choisir le moment pour saboter la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale et surtout démentir officiellement en discréditant le président du Haut conseil Islamique. En effet, il y a quelques jours seulement, El Hadj Mahmoud Dicko qui se réjouissait d’avoir obtenu de lui un cessez-le-feu voir l’abandon de la lutte armée pour fonder un Etat islamique sur les cendres de la Républiques.

 

«Le calvaire et la psychose que vivent les populations de Bamako et alentours sont le lot quotidien des populations maliennes du nord et du centre. Ceux qui fréquentent les routes des régions de Tombouctou et de Mopti en savent quelque chose» ! C’est l’un des passages que nous avons retenus de la sortie médiatique du président du Parti pour la Renaissance nationale (PARENA/Opposition). C’était le jeudi 3 novembre 2016 à la Maison de la Presse où il a peint une situation apocalyptique du Mali d’aujourd’hui.

Un Etat dont la souveraineté tient depuis quelques années à peu de chose et qui ne cesse de sombrer dans une «insécurité galopante» qui n’épargne ni les régions ni la capitale. Et pour une fois, le «Petit Monsieur» (Tiébilé Dramé) a raison. Et, une fois n’est pas coutume, sa déclaration va réellement dans le sens de l’une des plus grandes préoccupations des Maliens : l’insécurité grandissante !

Et cela malgré les efforts consentis par le gouvernement (moyens logistiques, démantèlement des réseaux de gangsters, créations de nouvelles unités…), malgré l’assurance donnée par les plus hautes autorités du pays, la psychose se généralise.

Aujourd’hui, les bandits ou des assaillants sont en mesure de frapper un grand coup dans n’importe quelle localité malienne. A commencer par Bamako, la capitale, où les gangs ne cessent de défier forces de sécurité (police, gendarmerie et garde nationale) par des opérations spectaculaires comme le violent hold-up dont a récemment été victime un client d’une banque de la place.

C’est ainsi que la localité de Banamba, située à 180 km de Bamako (région de Koulikoro), a été attaquée lundi avant l’aube par des assaillants «lourdement armés».

Dans cette attaque éclaire, le véhicule de la brigade de gendarmerie et celui de la Garde Nationale ont été emportés par les assaillants qui ont aussi «défenestré la prison pour libérer les détenus».

Le ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Me Mamadou Ismaïla Konaté a profité de la cérémonie d’ouverture de première Conférence des Parquets (lundi 7 novembre 2016) pour confirmer l’attaque de la ville de Banamba par des hommes armés. Il a précisé qu’une vingtaine prisonniers sont dans la nature, dont certainement des bandits dangereux.

Et, sources concordantes, les assaillants étaient à la recherche de deux terroristes présumés emprisonnés à Banamba. Mais, ces deux hommes dangereux ont été déplacés vers une autre ville plus sécurisée juste quelques jours avant cette attaque.

L’agence de la Banque malienne du développement (BDM SA), pillée et brulée, n’a été qu’une victime collatérale. Les assaillants, visiblement, «cherchaient à s’approvisionner en carburants et en vivres» avant de prendre le  large vers une prochaine cible.

 

Un week-end tragique au nord et au centre

Le garde de l’agence BDM SA de Banamba et un surveillant de prison sont portés disparus. Certains témoins disent qu’ils ont été faits prisonniers par les assaillants qui se sont vite repliés. Mais, d’autres pensent qu’ils ont plutôt fuit pour «éviter de se faire tuer par les Jihadistes».

Des témoins disent avoir ont vu les assaillants partir vers le cercle de Niono dans la région de Ségou. Beaucoup d’observateurs de la crise malienne pensent que cette attaque a été perpétrée par une brigade d’Ançar Dine du Macina du prédicateur Ahmadou Kouffah.

Avant cette attaque,  le week-end avait été meurtrier, notamment dans le centre-nord du Mali. Ainsi, le vendredi 4 novembre, un convoi militaire de l’opération française Barkhane est tombée dans une embuscade aux environs de Kidal. Un véhicule blindé de passage a en fait sauté sur une mine. Grièvement blessé, le Maréchal des logis Fabien Jacques a succombé à ses blessures peu après. Sa mort porte à 18 le nombre de militaires français tués au Mali depuis janvier 2013. Le samedi 05 novembre, le groupe terroriste Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali a revendiqué l’attaque contre le convoi de Barkhane.

La même organisation a revendiqué l’attaque d’un convoi de la Minusma qui a fait trois morts et sept blessés dans le centre-nord du Mali, précisément entre Douentza et Tombouctou.

Un engin explosif improvisé ou une mine a explosé au passage du convoi suivi de tirs directs par les assaillants. Un Casque bleu togolais et deux civils maliens ont péri lors de l’attaque. Le Casque bleu a succombé à ses blessures. Sept casques bleus togolais ont été blessés, dont 3 grièvement.

Le même jour  (dimanche 6 novembre 2016), entre 2 et 3 heures, un camp des Forces armées maliennes (FAMA) a été attaqué la ville de Gourma Rharous (Tombouctou) sans faire de victimes.

Mais, cinq véhicules ont été emportés par les assaillants non identifiés, dont deux de l’unité de Rharous et trois de l’unité Fararou arrivés la veille en escortant une citerne. Quatre autres véhicules ont été brûlés par les assaillants qui ont réussi à prendre la fuite.

 

L’opposition confortée dans ses attaques contre le pouvoir en matière de sécurité

C’est dire qu’en matière d’insécurité, les concours de circonstances apportent chaque jour l’eau au moulin de l’opposition. Même si, contrairement à ce que veut faire comprendre à l’opinion, cette insécurité est également une préoccupation majeure des autorités maliennes.

Et la recrudescence des attaques n’est pas surprenant parce nous sommes à la veille de certains événement qui ne font pas les affaires d’Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali exclue du processus de paix d’Alger (Algérie). Comme d’ailleurs les autres organisations terroristes qui avaient occupé les régions du nord en 2013.

Il s’agit notamment de  l’organisation des communales du 20 novembre prochain et surtout la mise en place d’autorités intérimaires dans une large partie des régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudéni. Déterminé à bâtir sa République islamique sur les cendres de la République laïque, Iyad Ag Ghali est loin d’avoir dit son dernier mot dans sa volonté de saborder le processus de paix et de réconciliation nationale.

Et revendiquant les dernières attaques contre Barkhane, la Minusma et les forces armées maliennes (FAMA), son organisation veut démontrer que sa capacité de nuisance est intacte. Surtout que des groupuscules qui lui ont fait allégeance continu à piller les camps militaires et de pauvres citoyens pour renforcer ses moyens logistiques.

Et l’attaque de Banamba, lundi 7 novembre 2016, doit pousser nos forces de défense et de sécurité à la plus grande vigilance. Elle prouve les informations selon lesquelles les groupes chassés de la Forêt de Wagadou se sont dispersés dans le Sahel occidental.

Ne serait-ce que le temps de l’hivernage, période pendant laquelle leurs bases arrière dans le centre du pays et le Delta central (région de Ségou) sont inondées par le fleuve Niger et ses affluents. Les forces de défense et de sécurité doivent renforcer leurs dispositifs sur l’ensemble du territoire afin de réduire les dramatiques effets de surprise en cas d’attaques !

Moussa Bolly

 

 

IBK ordonne le renforcement des capacités tactiques sur l’ensemble du pays

Selon la un communiqué de la présidence de la République du Mali, un Conseil de défense s’est tenu hier soir à Koulouba de 19h à 22h pour faire le «point sur la situation sécuritaire du pays». C’était sous la présidence du Président Ibrahim Boubacar Kéita.

Apres avoir entendu les différents rapports, indique le communiqué, le président de la République a «donné des instructions» pour le «renforcement de nos capacités tactiques sur l’ensemble du pays».

Le chef de l’Etat malien a insisté sur «la nécessité d’une plus grande mobilité» des forces armées et de sécurité maliennes afin «d’anticiper les risques de déstabilisations» de son pays.

Le président de la République a par ailleurs, poursuit le communiqué, «réaffirmé sa confiance à nos forces armées et de sécurité» et a «réitéré son message de compassion aux victimes et à leurs familles».

Le président Ibrahim Boubacar Kéita a invité le peuple malien a «gardé confiance» à l’armée et a «resté solidaire» des soldats.

Le communiqué rappelle que ce Conseil de défense s’inscrit dans une série d’initiatives du président de la République pour accélérer la mise en ouvre de l’ensemble mesures prévues de l’accord de paix.

M.BLa UNE de l’hebdomadaire Le Matin du mercredi 9 novembre 2016

ADMINISTRATION MALIENNE : Des cadres prêts à tout pour devenir des marionnettes entre les mains des politiciens octobre 19 2016

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ADMINISTRATION MALIENNE : Des cadres prêts à tout pour devenir des marionnettes entre les mains des politiciens

 

Que ne feraient pas certains cadres maliens pour occuper des postes de responsabilité ? Du trafic d’influence au nomadisme politique, en passant par les sacrifices ordinaires et souvent rituels ! Tous les moyens sont bons pour devenir Chef de division, Directeur, Directeur général, Président Directeur général, Président de Conseil d’administration, ministre…

 

Et curieusement, à peine nommés, ils deviennent des béni-oui-oui incapables de s’entourer de collaborateurs choisis par eux-mêmes, à plus forte raison prendre des décisions courageuses. Ils remuent ciel et terre pour se faire nommer, pour se faire finalement piétiner par leurs supérieurs hiérarchiques ou des barons du parti au pouvoir. Un Président-directeur général (PDG) qui informe son adjoint par… interphone qu’il est relevé ! Le ridicule ne tuera plus en République du Mali. Surtout que, curieusement, il était dans le bureau de ce dernier quelques minutes seulement avant de le limoger par un coup de fil.

Cette scène s’est passée à l’Office du Niger de Ségou, la semaine dernière, où le PDG, Mamadou M’Baré Coulibaly, a été contraint par le ministre de l’Agriculture de se débarrasser d’une grande partie de ses collaborateurs sans tenir compte des compétences, de l’expérience… des intéressés. Sans doute gêné, le PDG n’a pas eu le courage d’affronter les partants pour leur signifier ouvertement leur limogeage parce qu’il n’avait pas d’arguments pour justifier cette décision qui lui a été imposée depuis un cabinet ministériel. On comprend alors qu’il ait opté pour l’interphone pour dire à son adjoint, Boubacar Sow, que son ministre avait décidé de le relever de ses fonctions. Ce qui n’était, en réalité, qu’un secret de polichinelle puisque presque tout Ségou l’avait appris avant l’intéressé lui-même.

Selon nos investigations, c’est en venant à Ségou comme parrain régional du Mois de la Solidarité (le 6 octobre 2016), que le ministre a amené avec lui la décision faisant le ménage à l’Officie du Niger. «Oublions tout… Aidons-nous et oublions les coups bas» ! C’est pourtant la quintessence du discours rassembleur tenu par ledit ministre le 4 septembre 2016 lors d’une réunion de synthèse de sa visite de supervision de la campagne agricole, dans la zone Office du Niger. Comment comprendre que le même ait pu être le premier à s’illustrer par un coup bas sacrifiant la performance de cette entreprise pour rehausser sa côte au sein du parti au pouvoir ?

«Je suis venu me confier à vous, je veux une équipe soudée. L’Office dépend en entier de l’engagement et de l’adhésion de tous ses acteurs» ! Ces propos avaient été tenus par le nouveau PDG de l’O.N, Mamadou M’baré Coulibaly, le vendredi 23 septembre 2016 à M’béwani. Cette confiance et cette unité, il a préféré les sacrifier pour conserver son poste. L’espoir suscité par sa nomination et surtout par un discours traduisant une volonté de maintenir les hommes qu’il faut aux places qu’il faut, s’est vite estompé. Avec la nomination de cet homme du sérail, on avait espéré une rupture avec la gestion politicienne qui fait de l’Office la vache laitière et un abri pour militants du parti au pouvoir et ses alliés.

 

Une marionnette déguisée messie

Hélas, le messie chargé de consolider les acquis des dernières années se révèle être une marionnette de plus dans les mains des barons du Rassemblement pour le Mali (Rpm). Un homme de paille à qui on ne laisse même pas le loisir de désigner son équipe pour assurer sa mission et relever les défis pour faire de l’Office du Niger le vrai fleuron du développement agro-industriel du Mali. La mission du nouveau PDG est déjà hypothéquée par ces nominations décidées à l’insu de la direction administrative de l’Office. On relève des chevilles ouvrières (directeurs de zone, directeur administratif et financier, directeur général adjoint, directeur à la communication…) en pleine campagne agricole pour la réussite de laquelle leur responsabilité est déjà engagée.

Où sont passés le sérieux et le respect dans la gouvernance de ce pays ? Que reproche-t-on aux cadres relevés ? Ces nominations ne traduisent-elles pas la volonté du ministre de tutelle de faire de l’O.N une caisse de financement des élections futures élections, dont les communales de novembre prochain ? Visiblement, le ministre a sacrifié le DGA, qui a avait pourtant brillamment assuré l’intérim avant la nomination de M. Coulibaly, et le Directeur administratif et financier (DAF pourtant réputé être «un bon gestionnaire», parce qu’il n’était pas sûr de leur soutien pour préparer et financer les prochaines échéances électorales au profit du parti présidentiel !

 

Le doute sur la volonté du président IBK de réellement relancer l’économie malienne

À qui la faute ? D’abord au président de la République et au Premier ministre qui ne semblent pas toujours comprendre que les nominations politiciennes, loin d’être des gages de performance, ne peuvent qu’alimenter la corruption, la gabegie et la délinquance financière ainsi que l’impunité. Comment sanctionner un cadre coupable d’enrichissement illicite quand ce dernier mettait à flot les caisses du parti tout en étant très généreux avec ses supérieurs hiérarchiques ?

Sans être un économiste, notre maigre expérience nous enseigne que l’un des critères de la performance d’une entreprise, c’est de nommer des hommes qu’il faut à la place qu’il faut en leur accordant les coudées franches afin de pouvoir les juger sur le bilan des objectifs assignés. Au Mali, hélas, le bilan, c’est l’apport d’un DG ou d’un PDG au financement des activités de la chapelle politique et à l’enrichissement illicite des ses supérieurs hiérarchiques.

L’autre fautif, c’est le nouveau PDG ! Comment accepter un poste où on n’a même pas la liberté de choisir ses collaborateurs ? C’est comme ces ministres qui n’ont aucune mainmise sur leurs cabinets respectifs, car composés de gens parachutés par le parti ou par des conseillers à la Présidence et à la Primature.

Depuis la fin de la première République, le Mali est malade de ses cadres qui préfèrent sacrifier leur honneur et leur dignité à la démission d’un poste où ils n’ont en réalité aucune responsabilité. Une situation qui s’est malheureusement accentuée avec l’avènement de la démocratie qui fait que l’appartenance à un clan ou à une chapelle politique est plus importante que la compétence, l’expérience et le patriotisme dans le choix des dirigeants des services, sociétés, directions… Comment peut-on accepter un poste en étant conscient qu’on ne serait utilisé «que» comme une marionnette et, pire, un faire-valoir ? Un cadre qui se respecte, qui respecte son pays et se soucie réellement de son développement, peut-il se contenter du titre d’une fonction et accepter d’être dépouillé de toutes ses responsabilités ? Est-ce cela réellement faire de la politique ?

Oui, le Mali est malade de ses intellectuels et surtout de ses cadres qui sont en majorité des larbins, des béni-oui-oui, prêts à vendre leur âme au diable pour des titres pompeux et les avantages financiers et matériels de ministres, PDG, Directeur général… Des gens qui n’entreront jamais dans l’histoire de leur direction ou de leur entreprise à plus forte raison celle de ce pays comme des patriotes qui ont joué leur partition dans son développement.

Ces coquilles vides sont comme ces ministres dont les discours sont truffés des «au nom du Président de la République», «conformément à la vision du Chef de l’Etat»… Et cela est propre à tous les régimes qui se sont succédé depuis 1992. Une litanie dont on n’a pas besoin puisque tout le monde sait qu’un gouvernement est formé pour traduire en réalisations concrètes la vision du président de la République, son projet de société. Et d’autant plus que la cohabitation encore loin d’être une réalité de notre démocratie avec tous les partis influents qui cherchent à se faire inviter à la gestion du gâteau national que de défendre une ligne politique claire et nette !

La lourdeur administrative tant dénoncée dans notre pays est en partie liée à ce genre de comportement qui fait que, pour prendre une décision, un subalterne doit tenir compte de l’avis de son directeur, qui demandera celui du Secrétaire général, lui aussi lié à l’aval du ministre…

Ce dernier, même dans son domaine de compétence, n’agira que sous le couvert du Premier ministre ou du président de la République. L’esprit d’initiative est méconnu dans l’administration malienne où l’on gobe tout ce que ce que le Chef fait ou dit, même si on est convaincu que c’est une erreur ou conscient des conséquences dramatiques de ces actes ou décisions.

Le Mali fera un grand pas vers la bonne gouvernance et le développement socioéconomique, quand nous, cadres du pays, comprendrons que nous devons d’abord mériter de la patrie et non des parrains ou de chapelles politiques.

Mériter de la patrie, ce n’est pas se contenter des coquilles vides, mais assumer de vraies responsabilités pour être jugé sur son bilan. À défaut, il faut décliner l’offre ou démissionner en refusant de se faire passer pour une marionnette !

Hamady TAMBA

 Cadres maliens en réunion

DEMOCRATIE AU MALI : Et si nos opposants pouvaient grandir un peu octobre 7 2016

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Les opposants au pouvoir d’IBK dans la rue le 1er octobre 2016Pour justifier sa marche du 21 mai 2016, l’opposition politique malienne avait avancé, comme l’une des raisons justifiant cette initiative, le refus du président de la République de privilégier le dialogue politique. Et curieusement, elle organise une nouvelle marche quelques jours après que le Chef de l’Etat ait pris l’initiative de l’ouverture, du dialogue en rencontrant des partis (opposition et majorité) et organisations de la société civile. Que veulent donc les opposants au pouvoir ? Sans doute que le pays sombre dans une nouvelle crise politique sans se préoccuper des conséquences d’une telle aventure pour un pays qui a encore du mal à se relever de sa déstabilisation institutionnelle et sécuritaire.

 

«Ils ont encore battu le pavé comme à leur habitude en mobilisant les désœuvrés et les insouciants de la République. Ils ont marché préoccupés par leur carrière politique et indifférents aux défis réels auxquels le pays fait face» ! Cette lecture d’un enseignant nous a donné matière à réflexion sur la marche initiée par l’opposition malienne, dite démocratique et républicaine, le samedi 1er octobre 2016.

«Aujourd’hui le peuple malien a répondu présent et a une fois de plus montré que, malgré les diffamations à notre égard, il a compris», a osé publier sur les réseaux sociaux l’URD, le parti du Chef d’orchestre de cette opposition qui n’incarne que ses propres illusions et rêves.

En effet, si ceux qui ont marché avec les amuseurs de galerie le 1er octobre dernier représentent le peuple malien, c’est qu’il faut réellement s’inquiéter pour ce pays. Et cela d’autant plus que les raisons avancées pour justifier cette sortie politicienne ne résistent pas à l’analyse  objective.

Le Chef de l’Opposition divague réellement quand il ose défendre que la nouvelle loi électorale «porte de germes préjudiciables à la démocratie de notre pays. S’il est promulgué en l’état actuel, ses méfaits exposeraient le pays à beaucoup d’incertitudes».

C’est comme cette responsable d’association qui courtise les politiciens,  parce qu’en quête de crédibilité et de sa popularité d’antan, et qui disait que le nouveau code trahit la mémoire des Martyrs de la démocratie !

Et c’est aussi faire preuve d’une incroyable mauvaise foi politique que de dire, «c’est une loi électorale qui vise à exclure les femmes…». Comment un régime peut oser une telle discrimination après avoir bravé les préjugés sociopolitiques et religieux pour doter le pays d’une loi instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ?

Aujourd’hui, les femmes doivent bénéficier d’un quota de 30 % au moins pour les nominations dans les institutions de la République ou dans les différentes catégories de services publics au Mali par décret, arrêté ou décision.

Et pour les prochaines communales, les listes qui ne seront pas conformes à cette disposition vont être recalées. C’est pourquoi les mêmes partis, qui étaient dans la rue le samedi 1er octobre 2016, font des communiqués pour appeler leurs bases à s’y conformer.

Quant à la censure à l’ORTM, c’est un disque rayé parce qu’utilisé du parti unique à la démocratie. De 1992 à nos jours, quelle est cette opposition qui n’a pas chanté la même chanson, porté la même accusation contre le parti au pouvoir ? Nous prenons à témoin Modibo Sidibé, leader des FARE, quand il était Premier ministre si l’ORTM était plus ouverte à ses opposants qu’aujourd’hui ? Et d’ailleurs pourquoi se focaliser sur la seule télévision publique en cette ère de pluralité ?

Et nous sommes dix fois plus nombreux, que ceux qui ont marché à souhaiter le retour du président Amadou Toumani Touré au bercail. Et cela pour l’honneur du Mali et l’image de notre démocratie et non en faire un fonds de commerce politique.

Beaucoup se battent aujourd’hui pour le retour du Général pas pour lui, mais dans l’espoir de retrouver leurs privilèges perdus. Aiment-ils réellement ATT ? Qu’ont-ils fait pour lui éviter les erreurs politiques qui ont conduit au putsch du 22 mars 2012 ? Rien ! Absolument rien.

Ils veulent juste continuer à profiter d’un Général dont le patriotisme frise souvent la naïveté.

 

Mettre fin à la banalisation de l’élection présidentielle

Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté la nouvelle loi électorale le 9 septembre 2016 à une large majorité (78 voix contre 28) après une centaine d’amendements.

Selon des dispositions de cette nouvelle loi, il faut être parrainé par dix députés, cinq conseillers nationaux et la caution de 25 millions FCFA pour prétendre à la magistrature suprême.

La loi adoptée maintient donc le parrainage d’une candidature aux présidentielles par 10 députés, comme dans la précédente, au lieu des 15 proposés dans le projet de loi. Quant à la caution pour chaque candidat à la présidentielle, elle passe de 10 à 25 millions de francs CFA. Le projet de loi avait raisonnablement proposé 35 millions de francs CFA.

Ce sont en réalité les deux dispositions qui ont estomaqué l’opposition. Mais, comme cette position n’est plus défendable, ces animateurs changent le fusil d’épaule en se perdant davantage dans la démagogie.

Mais, qu’ils se rappellent que nous ne sommes plus en 1992 ni dans les années 2000 ! Nous sommes en plein 21e siècle et les Maliens ne veulent plus d’une démocratie au rabais. Tout comme il est temps de mettre fin à la banalisation de la fonction présidentielle convoitée par même des politiciens qui n’ont pas de chapelles.

Elle ne doit pas être à la portée de n’importe quel aventurier. Est-ce que le candidat d’un parti ou d’une coalition qui ne parvient pas à mobiliser une caution de 35 millions mérite vraiment de diriger notre pays ?

Si nous avons bonne mémoire, le budget de la campagne présidentielle d’un parti politique de la place a été évalué en 2013 à plus de 2 milliards de F CFA. Que Soumy Champion nous dise combien il a dépensé en 2013 pour se retrouver au second tour de la présidentielle ?

 

Déterminés à plonger le Mali dans une nouvelle crise politique

Le vrai dessein de l’opposition est visiblement de plonger le Mali dans une crise politique. Sinon comment comprendre qu’elle marche aujourd’hui quelques jours seulement après que le président de la République ait décidé de privilégier le dialogue politique et social afin de mieux baliser et relever les défis de l’heure ? Les rencontres avec le Chef de l’Etat n’étaient-elles pas des opportunités pour discuter des motifs avancés pour justifier cette marche ?

C’est curieux alors d’entendre le Chef de file de l’opposition démocratique et républicaine (???) déclarer, «nous sommes là parce que ça ne va pas… Il n y a aucun signal du pouvoir pour nous faire comprendre qu’il a compris la situation désastreuse du pays». Cette série de rencontres est pourtant la preuve que le Chef de l’Etat a enfin compris qu’on ne peut pas gouverner un pays en crise en tournant le dos aux autres forces vives.

Et le même leader (???) de l’opposition avait déclaré à la presse, à sa sortie d’audience à Koulouba, être  très satisfait de cette ouverture entamée par le président de la République envers l’opposition afin de mieux communiquer pour un Mali apaisé sans rumeur mais avec la participation de tous ses fils dans la construction de l’édifice national.

Visiblement, nos opposants voient toutes les reformes actuelles en terme de personnes et non de nation qui a besoin de se moderniser aussi bien au niveau économique qu’institutionnel.

Tout ce que le pouvoir entreprend comme reformes viserait ainsi à leur barrer la route de Koulouba. Ainsi, certains d’entre eux n’ont pas eu honte de dire que la nouvelle loi électorale vise à empêcher Modibo Sidibé de briguer la présidence en 2018.

La loi, une fois adoptée, s’applique à tous. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ne le sont pas pour l’éternité. Les dirigeants se succèdent, mais les institutions demeurent.

 

Auraient-ils fait mieux qu’IBK ?

L’alternance politique est un acquis démocratique même si cela ne se passe pas dans la règle de l’art puisque ce sont les mêmes qui se succèdent dans l’opposition et la majorité. A notre connaissance, l’ADEMA est certainement le seul parti politique malien qui n’a jamais voulu connaître les méandres d’une opposition.

Pour les autres griefs de nos opposants Républicains, peu de Maliens croient qu’ils auraient pu mieux faire en héritant d’un pays en crise comme l’actuel locataire de Koulouba. Et cela d’autant plus qu’ils ont tous eu à assumer des responsabilités dans ce pays avant crise.

Qu’ont-ils pu réellement prouver à ce peuple ? Pas grand-chose !

Et pourtant IBK doit être un exemple pour l’opposition actuelle à ce titre qu’il n’a été ni un opposant radical ni un opposant alimentaire.

Il dénonçait l’action gouvernementale avec la conviction que les actions engagées ou les décisions prises pouvaient être préjudiciables au pays. Et il a toujours salué les décisions et actions pertinentes engagées ici et là. Empêcher ATT de gouverner n’a jamais été son attitude. N’est-ce pas cela une opposition objective ?

L’opposition veut-elle réellement contribuer à la consolidation de la démocratie au Mali ? Si oui, les opposants doivent alors grandir un peu pour élever le niveau du débat politique national. Sinon, ils finiront par se noyer dans les caniveaux où à s’égarer dans l’arène politique à force de… marcher !

Hamady Tamba

 

 

PAIX ET RECONCILIATION AU MALI : L’ambassadeur Paul Folmsbee des Etats-Unis officialise son soutien à la CMA aux dépens de Gatia octobre 2 2016

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Paul A. Folmsbee Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au MaliNous avions longtemps pensé que le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), créé le 14 août 2014 pendant la crise qui a déstabilisé le Mali), ne troublait que le sommeil des mouvements de la Cma et de leurs parrains français. Mais, visiblement, ce mouvement, membre de la Plateforme, est devenu un cauchemar pour les Américains, au point de pousser l’ambassadeur des Etats-Unis à demander publiquement son isolement.

En demandant au gouvernement de rompre toutes relations avec le Gatia, Paul Folmsbee met ainsi en cause l’accord pour la paix et la réconciliation dont ce groupe est signataire à travers la Plateforme.

«Le gouvernement malien doit aller au-delà de l’adoption de lois et de mise en place de commissions et se concentrer sur l’extension de son autorité sur l’ensemble du Mali». Telle est une partie de la déclaration préliminaire de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Paul Folmsbee, lors d’un point presse animé en fin de matinée du mardi 27 septembre 2016.

Si le diplomate américain avait eu la sagesse et la clairvoyance de s’en arrêter là, les Maliens l’auraient applaudi des deux mains. Mais, en convoquant des journalistes triés sur le volet pour ce point de presse, l’ambassadeur avait son idée derrière la tête : voler au secours des protégés des puissances occidentales qui ont créé la situation actuelle au Mali en tuant Kadhafi pour déstabiliser la Libye.

Il ne pouvait pas donc s’empêcher de faire cette injonction à l’intention de l’exécutif malien. «Le gouvernement malien doit également mettre fin à tous liens à la fois publics et privés avec le Gatia, un groupe de milices armées qui ne contribue pas à ramener la paix dans le Nord du Mali».

Enfin donc, les masques tombent suite aux victoires militaires du Gatia sur les ennemis de la paix et de la réconciliation nationale qui ont fait de Kidal un no man’s land, compromettant ainsi ce processus pourtant soutenu par les Américains.

Nous avons été surpris par cette sortie médiatique d’un diplomate qui avait réussi, dès son arrivée, à gagner le cœur des Maliens par sa sympathie, son ouverture d’esprit, mais aussi grâce à ses actions à l’égard de différentes couches, ses réactions jusque-là équilibrées et justes pour condamner les violations de l’accord pour la paix et la réconciliation.

En demandant au pouvoir de tourner le dos au Gatia, les Etats-Unis d’Amérique accusent ainsi officiellement le gouvernement malien de connivence avec une «milice armée». Et en voulant l’exclure, ils remettent aujourd’hui en question l’accord signé en mai et juin 2015, dont l’Amérique est pourtant l’un des parrains. La Plateforme étant signataire de cet accord, comment un diplomate peut-il oser exiger du gouvernement malien de rompre toute relation avec l’une de ses composantes ?

 Et comment le représentant d’une grande démocratie et d’un pays respectable comme les Etats-Unis peut-il prendre à son compte «la propagande mensongère que les terroristes et leurs complices font circuler contre le Mali dans les médias occidentaux», et s’en prendre publiquement au gouvernement ?

 

Une prise de position claire en faveur de la CMA

La duplicité du Hcua et sa complicité avec des réseaux terroristes, dont Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali, ont été dénoncées publiquement par la diplomatie française et la Minusma. Mais, ni la France, ni les Nations-Unies, encore moins les Etats-Unis, n’ont demandé au gouvernement de Modibo Kéïta de tourner dos à ce groupe armé dont les actions n’ont pourtant cessé d’hypothéquer le processus de paix et de réconciliation nationale. Cette exigence met ainsi à nu le parti pris des Etats-Unis d’Amérique en faveur des acteurs les moins crédibles et les moins sincères du processus de paix.

En effet, l’essentiel des violations de l’accord pour la paix est à l’actif de la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma). Cette coordination, malgré la signature de l’accord, interdit Kidal aux officiels du Mali. C’est ainsi qu’elle a manipulé des populations pour contrer la présence d’un ministre de la République à l’ouverture solennelle des classes dans l’Adrar des Ifoghas.

Elle a procédé à la même manipulation de la population pour protester contre la présence du Premier ministre à un Forum pour la paix entièrement financé par le gouvernement. Curieusement, la médiation internationale, la France, les USA… n’ont pas protesté.

Alors, pourquoi Paul Folmsbee enfourche ses grands chevaux d’impérialiste pour exiger aujourd’hui l’isolement et le démantèlement du Gatia ?  Sans doute parce que la Cma ne peut plus faire leurs affaires, alors que le Gatia n’acceptera jamais d’être leur complice dans la déstabilisation du Mali pour leurs intérêts. Gatia dérange les Occidentaux et leur mission fantoche (Minusma), parce que ce groupe, par sa puissance militaire et son aura grandissante dans le Nord du Mali, voire dans tout le pays, est une menace qui contrarie leurs intérêts économiques et géostratégiques.

 

Gatia, les fils d’une communauté discriminée qui défendent leurs intérêts

Les masques tombent, les mains cachées sortent de l’ombre, parce que les rapports de force ont changé en défaveur des marionnettes qui ont fragilisé la République, en favorisant l’intrusion des réseaux terroristes et narcotrafiquants. Excellence Monsieur l’ambassadeur, si le Gatia est une milice armée, que représentent alors à vos yeux le Hcua et le Mnla ? 

Le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés en est arrivé à la situation actuelle, parce que vos protégés ne leur ont pas laissé d’autres choix que de se défendre pour ne pas disparaître en tant que communauté. Une frange non négligeable de la population de Kidal qui a aussi un droit de regard sur la gestion de Kidal, voire de la région de l’Adrar. Nous nous souvenons que le Gatia est entré à Kidal sans aucune intention belliqueuse.

Ce qui s’est d’ailleurs soldé par un gentleman agrément pour la gouvernance de la ville. Mais, certains alliés de la Cma ne pouvaient s’accommoder de cette présence qui est une menace pour leur business dans le Nord du Mali. Et brusquement, la Cma monte sur ses grands chevaux en exigeant que le Gatia quitte Kidal. Ses leaders ne sont pas pourtant plus Kidalois que ceux de cette composante de la Plateforme.

La France et la Minusma ont fermé les yeux sur les armements et les mercenaires venus d’Algérie, de Mauritanie et de Libye pour renforcer la Cma en vue de la bataille de Kidal qui a finalement éclaté en juillet dernier. Malheureusement, comme à Anéfis et à Tabankort, les protégés de Fahad Ag Almahmoud ont encore pris le dessus sur une coalition de rebelles, de terroristes et de mercenaires.

Un revers qui a ramené la Minusma à se rappeler soudainement de la sécurité des civils pour s’interposer et contraindre les troupes de Gatia à quitter la ville. Si celles-ci ont respecté la zone neutre (???), leurs adversaires la franchissent sûrs de leur soutien. Que restait-il alors au Gatia ? Se défendre naturellement !

C’est ce que l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali lui reproche aujourd’hui. Minimiser le rôle de ce groupe dans le processus de paix et son aura au niveau de l’opinion nationale est une erreur diplomatique que Paul Folmsbee risque de longtemps regretter.

 

Les Maliens sont acquis à la cause du Gatia

Déjà, les protestations sur les réseaux sociaux prouvent que la majorité des Maliens ne partagent par le point de vue du diplomate qui est en train de prendre fait et cause pour la Cma aux dépens de la Plateforme. «Pour nous autres, Maliens, réellement soucieux de la paix dans notre pays et convaincus que cela n’est pas possible tant que Kidal restera un no man’s land, Gatia est un mouvement loyaliste opposé à l’indépendance ou à l’autonomie du Nord du Mali.

Voilà pourquoi nous soutenons son combat et nous veillons à ce que le gouvernement adopte la même attitude. Nous croyons à la sincérité de la déclaration du Secrétaire général du groupe de Fahad Ag Almahmoud, quand il déclarait le jour de l’officialisation de la création de son organisation : «les intérêts de notre communauté dans le Nord du Mali sont notamment contre le Mnla. Nous sommes pour le processus de paix, nous reconnaissons l’intégrité territoriale du Mali et nous ne réclamons pas d’autonomie. Nous voulons travailler avec le gouvernement malien pour amener la stabilité du pays», explique un membre influent du Gatia.

 C’est pourquoi, pour signifier leur adhésion aux idéaux de la Plateforme, la branche de la CMA à Ber (Tombouctou) a décidé de la rejoindre, refusant ainsi de continuer à se laisser embarquer dans «des aventures guerrières injustifiées ou pour des raisons inavouées», mais cautionnées par les Etats-Unis, la France, la Minusma…

C’était le 27 septembre 2016, pratiquement au même moment que le point de presse de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali. Par la voix de Sidi Mohamed Ould Mohamed, cette branche ne veut plus que les «populations continuent d’être instrumentalisées pour des marches contre la République et conduites dans des conflits fratricides».

Certes, en acceptant de négocier avec les mouvements armés sous la pression d’une supposée médiation internationale, le pouvoir a accepté l’ingérence de ses «amis» dans la résolution cette crise imposée au pays, de l’extérieur. 

Mais, cette ingérence a ses limites que l’ambassadeur des USA dans notre pays a franchies, sans se préoccuper de l’embarras dans lequel il met le pouvoir malien. Les observateurs attendent une riposte du gouvernement à cette attaque frontale des Américains.

Les autorités maliennes sauront-elles, pour une fois, surmonter leur frilosité pour remettre un «partenaire stratégique» à sa place ? C’est ce que le peuple malien attend maintenant d’Ibrahim Boubacar Kéita et de son équipe gouvernementale ! Mais, hélas, rien n’est moins sûr !

 DAN FODIO

 


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