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CONQUETE DU POUVOIR : Harceler le régime pour séduire l’électorat féminin avril 27 2017

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Soumaïla Cissé, opposant au régime malienLa fin justifie les moyens, attribue-t-on à Machiavel. Une philosophie plus que jamais vérifiée en politique notamment sous nos cieux. Et si l’arène politique malienne était une scène de théâtre, beaucoup de nos leaders politiques auraient eu des prix de “meilleurs comédiens”.

 

A l’image du président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), chef de file de l’opposition alimentaire, pardon, républicaine pour qui tous les moyens sont bons pour ridiculiser ou déstabiliser le régime en place.

Ironie du sort, c’est le chef de l’Etat qui lui donne fréquemment l’opportunité de sortir de l’anonymat des vestiaires politiques pour faire l’actualité en s’attaquant à lui afin de justifier son statut et aussi les sous du contribuable.

Rappel des faits !

“Les femmes du Mali, je vous aime… Dans le prochain gouvernement il y aura 30 % de femmes” ! C’est ce que le président Ibrahim Boubacar Kéita avait promis aux Maliennes lors de la célébration de l’édition 2017 de la Journée internationale de la femme.

Un engagement que ne respecterait pas le gouvernement formé le 11 avril 2017 car composé de 8 femmes sur 35 membres. Le quota imposé par la loi 2015-052 du 18 novembre 2015 n’a pas été respecté par Ibrahim Boubacar Kéita et son Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga qui auraient dû offrir au moins deux portefeuilles de plus (10/35) aux Maliennes.

La loi 052 du 18 novembre 2015 institue des mesures pour promouvoir le genre dans les postes nominatifs et électifs. C’est toujours un événement quand un “Kankélétigui” (homme de parole) manque de galanterie pour bluffer les femmes.

Et fidèle à ses habitudes opportunistes, l’URD a sauté sur l’occasion comme un tigre (nos excuses à Dr. Choguel Kokala Maïga du MPR, le seul vrai tigre de la politique malienne qui crie sa tigritude) sur sa proie.

Ainsi, le mardi 18 avril 2017, le parti de la “Poignée de main” (à tous sauf IBK) a saisi la section administrative de la Cour suprême du Mali aux fins d’annulation du décret  2017-0320/P-RM du 11 avril 2017 portant nomination des membres du gouvernement de la République du Mali.

 

D’autres chats à fouetter

Une requête très bien fondée sur le fond parce que le président de la République se doit de donner toujours le meilleur exemple en matière de respect des textes en vigueur. Et cela d’autant plus qu’il est le garant de la Constitution et qu’il a publiquement et officiellement promis aux femmes de se conformer désormais à la loi sur le quota.

Et le recours pour excès de pouvoir est un instrument mis à la portée de tous les citoyens par la Constitution. “Dans le cadre de ce recours, le requérant (URD) demande l’annulation d’un acte, qu’il estime contraire aux normes juridiques qui lui sont supérieures”, a précisé à des confrères Me Demba Traoré qui est l’avocat et responsable de la communication de l’Urd. La saisie est donc légale et légitime.

Mais… ! Est-elle opportune ? Selon un micro-trottoir réalisé entre le jeudi et samedi (20 au 22 avril 2017), les principales concernées (femmes) nous ont surpris par leur maturité et leur indifférence par rapport à cette question du quota. Elles prennent acte de “la trahison” de Koulouba et du palais du bord du Niger (Primature).

Mais comme l’a si bien résumé une interlocutrice, “ce n’est pas la fin du monde. Maintenant aux femmes plus d’engagement pour que nous puissions bénéficier de notre quota. Nous devons compter sur nous-mêmes pour bénéficier des retombées de cette loi et non sur une promesse politique circonstancielle”.

“Nous avons d’autres préoccupations que cette présence des femmes dans le gouvernement. Même si les 27 ou tous les 35 membres étaient des femmes, rien ne garantit qu’elles soient à la hauteur pour résoudre nos préoccupations actuelles”, résume Mme Dia Fatoumata Diarra, cadre de l’administration.

La paix, la sécurité, la santé, l’éducation des enfants, le panier de la ménagère… sont, entre autres préoccupations exprimées par nos interlocutrices. “Peu importe que nous ayons dix, quinze ou même une aucune femme dans le gouvernement, l’essentiel est que cette nouvelle équipe soit à hauteur de souhait en trouvant rapidement une solution aux grèves afin que cessent les morts et que nos enfants puissent étudier et s’assurer un meilleur avenir”, souhaite l’une d’elles.

“Le pays va très mal et le Mali a trop de problèmes pour qu’un opposant digne de ce nom perde son temps à vouloir amuser la galerie par une plainte. Rares sont les Maliens qui mangent à leur faim ou qui ont les moyens de se soigner… Ce ne sont plus seulement les enfants du Nord et du Centre qui sont privés de leur droit d’accès à l’école, mais presque tous les enfants du pays à cause de la grève des enseignants”, déplore Sidibé Oumou Diallo, enseignante.

 

Les courtisans de l’électorat féminin

“Il nous faut juste de la compétence. Peu importe si le gouvernement est composé à 100 % de d’hommes ou de femmes. Nos réalités et celles de l’Occident diffèrent et nous n’avons pas les mêmes priorités”, poursuit-elle.

Visiblement, nos braves dames sont loin d’imaginer les enjeux politiques de cette saisie de la section administrative de la Cour suprême par l’URD. Ainsi, pour ceux qui en doutaient encore, la bataille pour la présidentielle de 2018 a déjà débuté dans l’arène politique malienne. Et c’est fort naturellement que l’URD veut se rallier les faveurs de la majorité de l’électorat en portant la robe pour la défendre.

Représentant près sinon plus de 52 % de la population, les femmes ont un poids électoral non négligeable même si c’est un électorat très versatile. Notre propre constat est que les femmes vont plus aux urnes que les hommes, surtout au niveau des adultes (40-60 ans). Ce sont généralement pour elles et les jeunes que les états-majors politiques mobilisent les Sotrama (minibus) les jours des différents scrutins.

Et elles sont aussi les principales animatrices des campagnes électorales, donc bénéficiaires des pagnes, du thé, des tee-shirts. Un achat de conscience proscrit par la nouvelle loi électorale. Qu’à cela ne tienne ! L’URD semble avoir trouvé une meilleure stratégie pour séduire l’électorat féminin : avocat de défense du quota, du genre !

Ce changement de fusil d’épaule est la suite logique des critiques formulées par le président de la chapelle “Vert-Blanc” depuis la formation de l’équipe gouvernementale d’AIM (Abdoulaye Idrissa Maïga).

Le chef d’orchestre de l’opposition l’avait aussitôt taxé d’une “équipe de campagne électorale de 2018″. Et d’enchaîner, avec un uppercut, “c’est une grande déception pour les Maliens après la Conférence d’entente nationale d’avoir un tel gouvernement. La CMA et la Plateforme sont descendues du train…”

En politique, tous les coups sont permis pour discréditer l’autre et acquérir la confiance du peuple malien. C’est pourquoi l’opposition malienne, à l’image de cette action en justice de l’URD, est “toujours dans la diversion et loin des préoccupations du peuple qui trime sous le soleil pour sa pitance quotidienne.  Ils n’ont aucune chance pour 2018″, déplore une célèbre bloggeuse.

La faute aussi à un régime malade et égaré dans le déni de la réalité qui prête toujours le flanc aux attaques des “Petits Messieurs”, sorry (pardon), les opposants car ne dit-on pas que “qui sème le vent récolte la tempête ?”

En définitive, l’URD a raison dans le fond, mais les Maliens ont d’autres soucis que la présence faible ou élevée des femmes dans un gouvernement qui a pour le moment droit au bénéfice du doute. Et, Ladji Bourama a aussi une circonstance atténuante. En effet, à notre humble avis, un politicien qui tient toutes ses promesses est comme une prostituée honnête ! Comprendra qui voudra !

Hamady Tamba






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