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CONQUETE DU POUVOIR : Harceler le régime pour séduire l’électorat féminin avril 27 2017

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Soumaïla Cissé, opposant au régime malienLa fin justifie les moyens, attribue-t-on à Machiavel. Une philosophie plus que jamais vérifiée en politique notamment sous nos cieux. Et si l’arène politique malienne était une scène de théâtre, beaucoup de nos leaders politiques auraient eu des prix de “meilleurs comédiens”.

 

A l’image du président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), chef de file de l’opposition alimentaire, pardon, républicaine pour qui tous les moyens sont bons pour ridiculiser ou déstabiliser le régime en place.

Ironie du sort, c’est le chef de l’Etat qui lui donne fréquemment l’opportunité de sortir de l’anonymat des vestiaires politiques pour faire l’actualité en s’attaquant à lui afin de justifier son statut et aussi les sous du contribuable.

Rappel des faits !

“Les femmes du Mali, je vous aime… Dans le prochain gouvernement il y aura 30 % de femmes” ! C’est ce que le président Ibrahim Boubacar Kéita avait promis aux Maliennes lors de la célébration de l’édition 2017 de la Journée internationale de la femme.

Un engagement que ne respecterait pas le gouvernement formé le 11 avril 2017 car composé de 8 femmes sur 35 membres. Le quota imposé par la loi 2015-052 du 18 novembre 2015 n’a pas été respecté par Ibrahim Boubacar Kéita et son Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga qui auraient dû offrir au moins deux portefeuilles de plus (10/35) aux Maliennes.

La loi 052 du 18 novembre 2015 institue des mesures pour promouvoir le genre dans les postes nominatifs et électifs. C’est toujours un événement quand un “Kankélétigui” (homme de parole) manque de galanterie pour bluffer les femmes.

Et fidèle à ses habitudes opportunistes, l’URD a sauté sur l’occasion comme un tigre (nos excuses à Dr. Choguel Kokala Maïga du MPR, le seul vrai tigre de la politique malienne qui crie sa tigritude) sur sa proie.

Ainsi, le mardi 18 avril 2017, le parti de la “Poignée de main” (à tous sauf IBK) a saisi la section administrative de la Cour suprême du Mali aux fins d’annulation du décret  2017-0320/P-RM du 11 avril 2017 portant nomination des membres du gouvernement de la République du Mali.

 

D’autres chats à fouetter

Une requête très bien fondée sur le fond parce que le président de la République se doit de donner toujours le meilleur exemple en matière de respect des textes en vigueur. Et cela d’autant plus qu’il est le garant de la Constitution et qu’il a publiquement et officiellement promis aux femmes de se conformer désormais à la loi sur le quota.

Et le recours pour excès de pouvoir est un instrument mis à la portée de tous les citoyens par la Constitution. “Dans le cadre de ce recours, le requérant (URD) demande l’annulation d’un acte, qu’il estime contraire aux normes juridiques qui lui sont supérieures”, a précisé à des confrères Me Demba Traoré qui est l’avocat et responsable de la communication de l’Urd. La saisie est donc légale et légitime.

Mais… ! Est-elle opportune ? Selon un micro-trottoir réalisé entre le jeudi et samedi (20 au 22 avril 2017), les principales concernées (femmes) nous ont surpris par leur maturité et leur indifférence par rapport à cette question du quota. Elles prennent acte de “la trahison” de Koulouba et du palais du bord du Niger (Primature).

Mais comme l’a si bien résumé une interlocutrice, “ce n’est pas la fin du monde. Maintenant aux femmes plus d’engagement pour que nous puissions bénéficier de notre quota. Nous devons compter sur nous-mêmes pour bénéficier des retombées de cette loi et non sur une promesse politique circonstancielle”.

“Nous avons d’autres préoccupations que cette présence des femmes dans le gouvernement. Même si les 27 ou tous les 35 membres étaient des femmes, rien ne garantit qu’elles soient à la hauteur pour résoudre nos préoccupations actuelles”, résume Mme Dia Fatoumata Diarra, cadre de l’administration.

La paix, la sécurité, la santé, l’éducation des enfants, le panier de la ménagère… sont, entre autres préoccupations exprimées par nos interlocutrices. “Peu importe que nous ayons dix, quinze ou même une aucune femme dans le gouvernement, l’essentiel est que cette nouvelle équipe soit à hauteur de souhait en trouvant rapidement une solution aux grèves afin que cessent les morts et que nos enfants puissent étudier et s’assurer un meilleur avenir”, souhaite l’une d’elles.

“Le pays va très mal et le Mali a trop de problèmes pour qu’un opposant digne de ce nom perde son temps à vouloir amuser la galerie par une plainte. Rares sont les Maliens qui mangent à leur faim ou qui ont les moyens de se soigner… Ce ne sont plus seulement les enfants du Nord et du Centre qui sont privés de leur droit d’accès à l’école, mais presque tous les enfants du pays à cause de la grève des enseignants”, déplore Sidibé Oumou Diallo, enseignante.

 

Les courtisans de l’électorat féminin

“Il nous faut juste de la compétence. Peu importe si le gouvernement est composé à 100 % de d’hommes ou de femmes. Nos réalités et celles de l’Occident diffèrent et nous n’avons pas les mêmes priorités”, poursuit-elle.

Visiblement, nos braves dames sont loin d’imaginer les enjeux politiques de cette saisie de la section administrative de la Cour suprême par l’URD. Ainsi, pour ceux qui en doutaient encore, la bataille pour la présidentielle de 2018 a déjà débuté dans l’arène politique malienne. Et c’est fort naturellement que l’URD veut se rallier les faveurs de la majorité de l’électorat en portant la robe pour la défendre.

Représentant près sinon plus de 52 % de la population, les femmes ont un poids électoral non négligeable même si c’est un électorat très versatile. Notre propre constat est que les femmes vont plus aux urnes que les hommes, surtout au niveau des adultes (40-60 ans). Ce sont généralement pour elles et les jeunes que les états-majors politiques mobilisent les Sotrama (minibus) les jours des différents scrutins.

Et elles sont aussi les principales animatrices des campagnes électorales, donc bénéficiaires des pagnes, du thé, des tee-shirts. Un achat de conscience proscrit par la nouvelle loi électorale. Qu’à cela ne tienne ! L’URD semble avoir trouvé une meilleure stratégie pour séduire l’électorat féminin : avocat de défense du quota, du genre !

Ce changement de fusil d’épaule est la suite logique des critiques formulées par le président de la chapelle “Vert-Blanc” depuis la formation de l’équipe gouvernementale d’AIM (Abdoulaye Idrissa Maïga).

Le chef d’orchestre de l’opposition l’avait aussitôt taxé d’une “équipe de campagne électorale de 2018″. Et d’enchaîner, avec un uppercut, “c’est une grande déception pour les Maliens après la Conférence d’entente nationale d’avoir un tel gouvernement. La CMA et la Plateforme sont descendues du train…”

En politique, tous les coups sont permis pour discréditer l’autre et acquérir la confiance du peuple malien. C’est pourquoi l’opposition malienne, à l’image de cette action en justice de l’URD, est “toujours dans la diversion et loin des préoccupations du peuple qui trime sous le soleil pour sa pitance quotidienne.  Ils n’ont aucune chance pour 2018″, déplore une célèbre bloggeuse.

La faute aussi à un régime malade et égaré dans le déni de la réalité qui prête toujours le flanc aux attaques des “Petits Messieurs”, sorry (pardon), les opposants car ne dit-on pas que “qui sème le vent récolte la tempête ?”

En définitive, l’URD a raison dans le fond, mais les Maliens ont d’autres soucis que la présence faible ou élevée des femmes dans un gouvernement qui a pour le moment droit au bénéfice du doute. Et, Ladji Bourama a aussi une circonstance atténuante. En effet, à notre humble avis, un politicien qui tient toutes ses promesses est comme une prostituée honnête ! Comprendra qui voudra !

Hamady Tamba

LE REFLECTEUR : Le prétexte de l’adieu au parrain avril 20 2017

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Vernissage de l’expo Trésors de l’Islam le 13 avril 2017

Trésors de l’islam en Afrique, de Tombouctou à Zanzibarest le thème d’une exposition organisée par l’Institut du monde arabe (Ima) et dont le vernissage a eu lieu le jeudi 13 avril 2017. Ainsi, du 14 avril 2017 au 30 juillet 2017, l’Ima met à l’honneur près de 300 œuvres multidisciplinaires pour témoigner de la richesse artistique et culturelle de la pratique de l’islam en Afrique subsaharienne. Ce qui explique officiellement la présence des présidents du Burkina Faso, du Mali et de la Mauritanie autour du président François Hollande en fin de mandat dans quelques semaines.

Selon Koulouba, la présence d’IBK à cette importante inauguration est jugée particulièrement très importante par de nombreuses grandes personnalités sur place. Et d’ajouter, de leurs observations Tombouctou est à Paris ce matin (jeudi 13 avril 2017) pour témoigner de la restauration de ses manuscrits sauvés et restaurés par un Malien qui avait osé braver les jihadistes en un moment difficile.

Il est logique et normal qu’Ibrahim Boubacar Kéita soit fier, honoré et ému de la tenue de cette exposition. Dans sa déclaration, le président de la République a mis un accent particulier sur l’islam, les manuscrits de Tombouctou, la citée mystérieuse avec ses universités en médecine et en astronomie.

Et il a rappelé qu’il n’était pas évident de sauver et de récupérer les manuscrits de Tombouctou à un moment où d’autres esprits jihadistes étaient là pour tout démolir dans la violence.

Mais, à notre analyse, ce vernissage cache mal un prétexte : l’adieu entre le parrain (François Hollande) et ses hommes de main que sont les dirigeants africains francophones. Visiblement, le président “normal de la France s’active à consacrer le peu de jours qui lui reste à l’Elysée (le 1er tour de la présidentielle française se tiendra le 23 avril 2017 et il n’est pas candidat à sa succession) pour consolider le principal acquis de son mandat : son héritage africain, son image de sauveur du Mali et du Sahel du joug islamiste.

Selon nos confrères de JA, Hollande veut convaincre les observateurs qu’il laisse derrière lui un Sahel mieux sécurisé, pour les Africains et par les Africains. Il espère pour cela laisser derrière lui une politique sécuritaire sahélienne en ordre de marche et, surtout, davantage pilotée depuis les capitales ouest-africaines.

Ainsi, les observateurs pensent qu’il met particulièrement en relief l’Afrique de l’Ouest et le Sahel où, indique Jeune Afrique, il a étrenné son costume de chef de guerre en 2012 alors que l’armée française débarquait au nord du Mali.

L’hebdo panafricain rappelle ainsi que ce ballet a commencé le 31 mars dernier avec Mahamadou Issoufou du Niger accompagné pour la circonstance de ses ministres de la Défense et de l’Intérieur

Le 12 avril, c’est le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz qui était personnellement invité par l’Elysée. Logique puisque Nouakchott abrite la base du G5 Sahel regroupant la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad. Une organisation chargée de gérer la réponse ouest-africaine aux attaques jihadistes dans la région.

Le lendemain, Hollande semblait très heureux de se montrer publiquement avec ses valets, pardon ses homologues du Mali, de la Mauritanie et du Burkina Faso au vernissage de l’expo sur les Trésors de l’islam en Afrique subsaharienne.

D’ailleurs le lendemain, le vendredi 14 avril, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré est accueilli avec tous les honneurs à l’Elysée. Il était important d’accroître la réactivité de la Force Barkhane dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, a déclaré à la presse le président Kaboré à son retour au pays le 15 avril 2017. Il dit aussi avoir réaffirmé notre engagement en tant que G5-Sahel.

Un certain nombre de décisions ont été envisagées et elles feront l’objet d’une concertation entre le ministre de la Défense du Burkina et celui de la France et entre les chefs d’état-major pour que, désormais, nous puissions assurer au mieux notre propre sécurité et compter sur le fait que Barkhane puisse en cas d’urgence pouvoir assurer les problèmes de couverture aérienne pour nous permettre de mieux avancer dans ce combat contre le terrorisme qui est un combat de longue haleine, a précisé Roch Marc Christian Kaboré. Il était sans doute également heureux d’avoir obtenu de l’Agence française de développement (AFD) 52 milliards de F CFA pour financer la modernisation de sa capitale, Ouagadougou.

Le seul absent dans ce ballet de visites présidentielles à Paris est sans doute le Tchadien Idriss Deby Itno en froid avec la France depuis qu’il a rejoint le Rwandais Paul Kagame sur le banc des rebelles à la Françafrique.

 

La France interdit au Mali ce qu’elle cautionne en Mauritanie

En cette fin de mandat, Hollande semble miser sur le Niger, la Mauritanie et le Mali pour faire entendre raison au Tchadien ou l’isoler tout simplement. Ce qui n’est pas une chose aisée d’autant plus que le Niger et surtout le Mali ont une dette morale et politique à l’égard de N’Djamena dont les troupes ont contribué et contribuent encore à contenir en partie l’invasion terroriste au Sahel.

Président de l’Union africaine, le Guinéen Alpha Condé a été aussi reçu audience 11 avril à l’Elysée par F. Hollande. Les présidents Condé et Kéita sont des amis de très longue date du président français. Mais, si pour le Guinéen il s’agissait d’un au-revoir diplomatique à un ami qui se prépare à plier bagage, pour IBK ce déplacement était l’opportunité de rassurer la France sur une éventuelle ouverture de négociation avec Iyad Ag Ghali comme souhaité par la Conférence d’entente nationale (27 mars-2 avril 2017).

Face à Abdelaziz, Kéita et Kaboré, François Hollande a été très clair : point de négociations aves les terroristes, principalement Iyad contre qui la France a d’ailleurs lancé un mandat d’arrêt international depuis quelques années. Le maintien du dispositif français et l’appui de Barkhane est à ce prix. C’est aussi la condition sine qua non pour que l’Hexagone soutienne la mise œuvre du grand projet sécuritaire du G5 Sahel axé sur l’opérationnalisation d’une force d’intervention commune.

Mais, cette opposition de la France à toute négociation entre Iyad et le pouvoir malien traduit la faiblesse d’IBK face à son homologue français voire même dans le G5 Sahel. On interdit à Bamako de négocier à avec un fils du pays et sans qui la paix et la réconciliation semblent être des projets utopiques.

Au même moment, tout le monde ferme les yeux sur le double jeu de la Mauritanie qui est la principale base-arrière des groupes terroristes (Aqmi, Al-Mourabitoune…) qui déstabilisent le Mali.

Sûr de son influence, Mohamed Ould Abdelaziz ne s’en cache même plus. Ainsi, lors de son séjour de la semaine dernière, quand la journaliste de RFI lui demande comment ça se fait qu’il reçoit et garde chez lui des terroristes qui ont posé des actes au Mali sans chercher à les arrêter ? 

Ils sont Mauritaniens, ils sont chez eux et ils se sont repentis, répond le Mauritanien. Autrement dit, tant que ceux-ci ne mènent pas d’actions subversives contre leur propre pays, ils sont libres de déstabiliser les voisins (notamment le Mali) et revenir se mettre à l’abri dans leur pays.

Et pourtant, c’est le Mali qui est indexé par tous d’exporter le terrorisme chez ces voisins. Et un opposant malien avait même cru bon d’être complice d’une telle accusation. Et entre 2010 et 2012, le pays de Mohamed Ould Abdel Aziz n’hésitait pas à accuser le Mali d’ATT d’être le ventre mou de la lutte anti-terroriste dans le Sahel.

Aujourd’hui, c’est lui qui accueille les terroristes, au vu et au su de tout le monde. Et visiblement avec la bénédiction de la France qui n’est pas pressée de voir la paix revenir au Mali afin de justifier une présence militaire qui assure ses intérêts au nord du Mali voire dans le Sahel, notamment Areva qui pille l’uranium au Niger.

Après avoir écouté cet aveu de complicité avec les réseaux criminels qui bloquent le processus de paix et de réconciliation au Mali, peut-on encore objectivement nourrir l’espoir de voir le G5 Sahel parvenir à stabiliser la bande sahélo-saharienne ?

Un vrai leurre quand la Mauritanie, qui abrite la base du G5 Sahel, devient la base-arrière des terroristes que cette organisation se propose de combattre.

Moussa Bolly

LE REFLECTEUR : Ces morts sur la conscience du régime avril 13 2017

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CHU POINT G DE BAMAKO

La famille Diallo est en deuil : la mère de famille, notre maman (la mère d’un ami) et la généreuse Mamy de nos diablotins et diablotines a succombé à un accident vasculaire cérébral (AVC) faute de soins appropriés dans les minutes qui ont suivi l’attaque.

 

Victime d’un AVC dans la nuit de mardi à mercredi (4-5 avril 2017), la vieille dame a été ballottée entre les cliniques privées parce que les hôpitaux disaient qu’il n’y avait pas de place.

“Nous avons fait finalement plusieurs cliniques où on nous a fait savoir qu’il n’y pas de places ou qu’ils n’ont pas l’équipement nécessaire. Finalement, nous sommes allés au Luxembourg. Le médecin des urgences nous a dit qu’il n’a pas de places. C’est alors que j’ai fondu en larmes parce que je voyais ma mère mourir dans mes bras impuissant et dans l’indifférence de ceux qui pouvaient m’aider à lui sauver la vie. Finalement ému, le médecin a accepté d’examiner la maman, mais en nous prévenant qu’elle ne pouvait pas passer la nuit dans son service où il y avait pourtant  plusieurs lits vides”, témoigne notre ami Bako, l’un des fils de la défunte.

Comme prévu, il a été “libéré” à l’aube avec la patiente par “crainte des responsables du syndicat” ! Retour dans une clinique privée avant d’être évacuée en pleine journée vers le CHU Point G où elle a été acceptée suite à l’intervention d’une nièce agent socio-sanitaire. Elle y a rendu l’âme tôt le jeudi matin. Nous l’avons accompagnée en sa dernière demeure le lendemain après la prière du vendredi.

La mort est dans le destin de l’homme, mais nous pensons que notre maman aurait pu vivre quelques années encore et profiter de ses nombreux petits-enfants si elle avait rapidement bénéficié des soins appropriés.

Tout comme cette jeune dame qui a perdu la vie dans la nuit du 4 avril 2017 au CHU du Point G parce qu’elle n’a pas reçu de soins appropriés alors qu’elle était en travail. Sa famille dit avoir fait plusieurs centres de santé, des cliniques sans pouvoir bénéficier d’aucune assistance. Elle s’est finalement résolue à “tenter notre chance” au Point G où elle a été finalement accueillie après de longues négociations.

Mais, elle a rendu l’âme avant que son époux ne revienne avec les premiers médicaments prescrits. Un drame qui a plongé le CHU dans la stupeur. Ne contenant pas leur colère et leur peine, la famille et tous ceux qui ont été témoins de cette tragédie ont accablé le régime.

Des injures dont nous faisons l’économie pour ne pas être accusé d’outrage à Sa Majesté le Prince héritier du trône du Mandé.

Combien de personnes ont perdu ainsi la vie, depuis plus d’un mois que dure la grève de la santé, dans l’anonymat et l’indifférence totale des autorités et aussi des agents de santé dont la principale préoccupation doit être pourtant de sauver des vies ?

Les hôpitaux, les centres de santé de référence (CS-Réf), les centres de santé communautaire (Cscom) n’ont jamais autant mérité leur triste réputation de mouroir pour la grande majorité des Maliens qui n’ont pas les moyens de se soigner sur place à plus forte raison à l’extérieur du pays.

“Je commentais les publications de mes amis sur Facebook sans aller aux sources. Ce matin, je suis passée vers l’odontostomatologie et j’ai eu les larmes aux yeux. Je me suis mis à la place de ces pauvres malades qui n’ont pas l’argent pour aller se soigner dans les cabinets dentaires”, nous confiait une amie lundi (10 avril 2017).

Avec la grève des professionnels de la santé, depuis plus d’un mois, rares sont les structures publiques ou communautaires qui respectent réellement le service minimum. Débordées, de nombreuses cliniques ont doublé, voire triplé leurs tarifs. N’empêchent qu’ils manquent souvent de places pour accueillir les patients ou prendre en charge certains cas comme les AVC qui se multiplient en cette période de canicule.

La frustration des travailleurs est réelle et le malaise social est profond. La colère couve. Mais, il ne faut pas non plus renoncer à son devoir et occulter la réalité socioéconomique de l’Etat. La situation sécuritaire et économique précaire de notre pays n’est pas propice à des revendications sociales tous azimuts.

Même si cela n’est pas non plus une raison pour tourner le dos à des corporations dont les revendications sont aussi légitimes. Nous en sommes là aujourd’hui parce que les partenaires sociaux du gouvernement ne lui font plus confiance. Il faut donc renouer le dialogue et instaurer cette confiance perdue.

Le gouvernement n’a plus intérêt à faire semblant de négocier en tenant un discours mensonger ou démagogique à ses partenaires sociaux. Et cela d’autant plus que la stabilité du pays tient aujourd’hui à peu de choses.

Mais, sauver la patrie du chaos est un devoir patriotique commun. En effet, comme l’a si bien dit le brillant juriste et écrivain, il est de notre devoir de nous organiser et de faire “front commun pour qu’un tel avenir aussi sombre ne puisse nous plonger pour de bon dans l’abîme”.

Autant alors consacrer le peu d’énergie qui nous reste à réfléchir à l’alternative qui reste : nous battre avec bravoure et détermination ou périr comme des imbéciles, voire des lâches.

Dan Fodio

LE POINT : Paré des plumes du Paon ! avril 6 2017

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M. Malick Alhousseini, le ministre de l’Energie et de l’Eau

Allah ka barikabô nin fanga nin na ! Que Dieu nous débarrasse de ce régime ! Très grave comme malédiction dans la bouche d’une vieille dame de retour de la mosquée tôt ce mercredi 5 avril 2017.

Et elle a cru nécessaire de s’expliquer quand elle a su que nous avons entendu son juron (nous préférons).

-Pardon mon fils. Dans ce pays, les difficultés s’accumulent et finalement nous allons tous devenir folles à force de soliloquer. Depuis quelques jours, je suis contrainte de réveiller des enfants depuis 5 heures du matin pour aller chercher de l’eau au niveau d’un forage pour qu’ils puissent aller à l’école à l’heure. Le robinet ne coule que rarement ! Les puits sont à sec depuis des mois» !

Vous imaginez le calvaire de ces enfants qui, sous le poids de la fatigue et du sommeil voire de la faim, ne pourront que difficilement suivre les cours en classe ! Le Mali se veut pourtant un pays émergeant ! Cinquante sept ans d’indépendance ! Pas de courant, pas d’eau qui demeurent un luxe pour la majorité des populations.

Dans presque tous les quartiers de Bamako, la corvée d’eau pour les femmes et les enfants commence entre 4 et 5 heures du matin. Elle est indispensable pour la grande majorité des familles qui ne peuvent pas s’offrir les services des pousse-pousseurs qui entrent dans la danse aux environs de 6 heures.

Les régimes qui se sont succédé ont été incapables de fournir correctement l’électricité et d’approvisionner en eau potable la capitale à plus forte raison l’intérieur du pays. Toujours des promesses, rien de concret ! On s’éclaire à l’illusion et on boit à la fontaine de la démagogie !

Et pourtant le ministre de l’Energie et de l’Eau ainsi que ses Chefs de service ne cessent de dire qu’il y a l’électricité pour satisfaire la forte demande de la capitale. Pendant des mois, ils ont aussi assuré les populations de la mise en œuvre d’une politique de proximité avec des forages à la place des citernes qui sillonnent des quartiers pendant la période de chaleur pour offrir cette précieuse denrée aux habitants. Une pratique qui faisait la fortune de ses initiateurs car n’échappant pas certainement à la surfacturation.

A l’arrivée, rien ! Les délestages continuent de plus belle ! Faute à des pannes ici et là, se défendent leurs communicants ! Vrai ou faux ? Il est en tout cas évident que si les entretiens étaient correctement faits en amont, ces désagréments pouvaient être minimisés en période de canicule où le courant et l’eau deviennent une nécessité sociale comme manger et se soigner.

La réalité est qu’IBK et son gouvernement sont toujours dans le déni de la réalité. La preuve, c’est qu’il n’y a plus de saison pour les délestages à Bamako voire dans notre pays. Nous l’avons vécu pendant presque les douze mois de 2016 !

Visiter des chantiers, sillonner le pays et promettre ne résolvent plus les problèmes des Maliens. Bientôt une décennie qu’on brandit le projet d’adduction d’eau Kabala comme la solution pérenne au problème d’eau de la capitale parce qu’il va augmenter l’offre de 75 à 95 %. Un projet financé à hauteur de 172 milliards de F Cfa par la Banque mondiale, l’Agence française de développement, l’Union européenne, la Banque européenne de développement.

Les travaux sont confiés à la Société malienne de patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP-SA). Avec un taux d’exécution global des travaux encore estimé à 31 %, la finalisation du chantier est prévue pour décembre 2018. Et entre temps, la population augmente sans qu’on envisage une stratégie pour anticiper sur cette hausse significative de la demande en services sociaux de base.

Face au calvaire et aux difficultés réelles des Maliens, le régime n’est jamais à bout d’ingéniosité pour maquiller l’inefficacité des politiques prônées voire son incapacité, l’embellir la triste réalité afin de mieux dissimiler ses échecs à mettre en œuvre le projet de société, Le Mali d’abord ! Le pouvoir s’est miré dans la politique du mensonge et les citoyens souffrent dans l’indifférence.

Le sage de Bandiagara, Tierno Bocar (paix à son âme), disait qu’il n’aimerait pas vivre «cette période où la vérité ne servirait à rien et où le mensonge ne dérangerait plus personne». Hélas ! Les Maliens vivent cette période dans tout ce qu’elle comporte comme conséquences économiques et surtout sociales dramatiques. Réfugiés dans le mensonge maquillé en stratégie de communication, nos dirigeants actuels sont incapables de prendre la moindre initiative allant réellement dans le sens de la satisfaction des populations.

Comme le dit la bloggeuse Tetou Gologo, «chercher des solutions, c’est avoir la volonté d’en trouver. Mais, nous ne cherchons pas des solutions, surtout en milieu dit intellectuel et politique, mais plutôt des coupables, des boucs-émissaires, des gens à abattre… » ! Peut-il en être autrement lorsque pour la majorité des membres de nos gouvernements occuper un fauteuil ministériel est une fin en soi ?

Décidément, le régime d’IBK ne cesse de nous prouver qu’il est un geai paré des plumes du paon ! A qui la faute ? Les Maliens ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes ! Chacun, comme la vielle dame croisée tôt ce mercredi 5 avril 2017, est résigné en priant qu’Allah vienne nous débarrasser des dirigeants que nous avons nous-mêmes élus ! L’actuel régime a été plébiscité par plus de 77 % des Maliens.

Certes, en bon croyant, nous ne pouvons pas dire que Dieu n’était pas dans les isoloirs avec les électeurs parce qu’il est partout. Mais, le Très Miséricordieux et l’Omniscient n’a empêché personne de voter en âme et conscience.

Comme le dit une fable de la Fontaine, celui qui sème le vent récolte la tempête ! Il ne faut pas rêver remporter la course quand on mise sur le mauvais cheval.

Les Maliens se sont fait avoir par un discours qui était dans le mensonge et la démagogie depuis la campagne électorale. Ils en payent le prix aujourd’hui ! Malheureusement, le calice est encore loin de la lie !

Kader Toé


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