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POLITIQUE ET ELECTIONS : Les urnes révèlent la faillite de la classe politique malienne novembre 28 2016

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POLITIQUE ET ELECTIONS : Les urnes révèlent la faillite de la classe politique malienne

 

Les élections communales se sont déroulées aujourd’hui au Mali tant bien que mal. A Bamako, on ne déplore pas de problèmes majeurs par rapport à l’organisation du scrutin. Mais, dans les régions du Centre et du Nord, des échos nous sont parvenus que le scrutin n’a pas eu lieu dans beaucoup de communes à cause des intimidations et même des attaques. N’empêche que le gouvernement a relevé un pari : organiser un scrutin dans la crise sécuritaire et financière.

 

Enfin ! Oui, enfin elles se sont tenues ce dimanche 20 novembre 2016 après quatre reports souvent pour des raisons peu convaincantes. Les communales se sont tenues malgré un contexte sécuritaire difficile, malgré les menaces des organisations terroristes et mêmes des composantes de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Une attitude peu surprenante d’autant plus que ceux-ci ont tout à gagner dans les Autorités intérimaires et que dans une vraie consultation électorale pouvant mettre à nue leur impopularité dans les zones contrôles par bout de fusil.

Oui ! Il y a eu des couacs ! Oui, le scrutin n’a pas pu finalement se tenir dans plus d’une trentaine de communes et le gouvernement doit penser rapidement à réunir les conditions pour que les citoyens ainsi privés du droit de choisir leurs dirigeants à la base puisse rapidement l’exercer pour ne pas être lésés au niveau des Conseils de cercle.

Mais, aujourd’hui, le plus important est que le Mali ait réussi à prouver au monde entier que nous sommes encore en mesure de relever des défis pour ancrer davantage notre démocratie.

Au-delà des résultats, c’est ce qui doit le plus compter pour nous, les Maliens. Les élections constituent le baromètre pas seulement de la démocratie, mais pour chaque partie politique digne de ce nom.

Et comme l’a si bien dit le président IBK, après avoir accompli son devoir citoyen en compagnie de son épouse, le scrutin du 20 novembre 2016 montre que «notre démocratie continue sa marche inexorable».

Et organiser des élections de proximité dans le contexte actuel relevait de la gageure. Pas seulement sur le plan sécuritaire, mais surtout financier. Mobiliser 12 milliards F CFA pour organiser ce scrutin est une vraie prouesse du gouvernement après la défection de plusieurs Partenaires Techniques et Financiers (PTF) suite aux nombreux reports.

Malheureusement, beaucoup de gens vont volontairement se focaliser sur le fait que ces élections n’ont pas pu se tenir dans une trentaine de communes (sur 703) à cause de l’insécurité. Et que cela va contribuer à «fragiliser le tissu social qu’à donner une réelle chance à la paix». Ils ont peut-être raison.

 

Les menaces de l’opposition ont accentué la défection de l’électorat

Mais, à notre avis, si faillite il y a, elle n’implique pas le seul Etat, même s’il était de son devoir de prendre les mesures sécuritaires nécessaires. N’empêche que la sécurité n’est pas l’apanage du seul gouvernement, notamment en cette période de crise où une grande partie du centre et surtout du septentrion échappe à son contrôle à cause des conditions contraignantes de l’accord et aussi à cause de la duplicité de certains acteurs de la crise comme la France à Kidal.

S’il y a faillite, c’est en partie de la faute de la classe politique, surtout de l’opposition. Par ses sorties médiatiques démagogiques, celle-ci a beaucoup contribué à défection de l’électorat et en a rajouté à la psychose liée à l’insécurité.

Les opposants n’ont jamais manqué de griefs par rapport à ce scrutin comme s’ils craignaient qu’on ne découvre qu’en réalité ils sont des tonneaux vides.

«Si le gouvernement ne fait rien pour  recadrer son tir, l’opposition se réservera  le droit de ne pas reconnaître les élections communales de dimanche et par conséquent, se battra pour exiger leurs annulations», menaçaient-ils lors d’un point de presse animé le 17 novembre 2016.

Vaincus avant d’aller aux urnes, ils s’accrochaient déjà au prétexte d’un vote frauduleux pré-arrangé pour permettre à la majorité de contrôler les mairies au prix de tripatouillages.

Et curieusement, les mêmes partis étaient en alliance avec ceux de la majorité sur plusieurs listes et dans de nombreuses circonscriptions électorales. De qui se moque-t-on finalement en dénonçant une fraude alors qu’on est allié aux fraudeurs ?

«Je ne comprends pas l’attitude de nos hommes politiques qui, visiblement, n’ont aucun respect pour les citoyens. Sinon comment comprendre ces alliances contrenature entre les supposées majorité et opposition comme RPM-URD, Parena-RPM ? Et on nous demande de sortir pour voter pour ce genre d’alliances…», protestait un jeune professeur de français rencontré à la veille du scrutin. Dimanche dernier, beaucoup de personnes nous ont tenu le même langage pour justifier leur refus de se rendre aux urnes.

 

Savoir perdre et savoir gagner

Peut-on objectivement miser sur des élections transparentes et fiables au Mali alors que l’opposition s’abrite derrière la non-transparence et la non fiabilité pour justifier à l’avance son échec ? Peut-il en être aussi autrement alors que les «grands partis» veulent toujours sortir des urnes vainqueur et ne se croient même contraints de laisser la portion congrue aux petites chapelles ?

Peut-t-on réellement mobiliser l’électorat avec le discours défaitiste tenu par l’opposition ? Cette frange de la classe politique qui boude depuis un certain boude les cadres légaux d’expression et de résolutions des griefs formulés tout au long de ce processus électoral. Il s’agit notamment le cadre de concertation du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation avec la classe politique.

Le taux de participation était l’un des enjeux de cette élection car sensé donner plus de légitimité aux élus. Il va être faible parce que les citoyens pensent que «leur vote ne sert pas à installer les élus de leur choix». Il est logique que les reports et le dépit politique aient provoqué la défiance de l’électorat vis-à-vis des partis politiques.

D’une manière générale, les Maliens sont visiblement très déçus des hommes politiques, toutes tendances confondues. C’est ce qui explique fondamentalement qu’ils aient boudé les urnes.

Malheureusement, ce manque d’engouement a été accentué par les intimidations et les menaces d’une certaine opposition qui a rivalisé avec les groupes rebelles en la matière.

Quelle que soit la faillite de l’Etat, il est indéniable et urgent que la classe politique malienne se remette en cause pour se réconcilier avec l’électorat, donc avec les citoyens.

Et comme l’écrivait un membre du KenédougouForum, il est temps que les politiciens maliens comprennent que «la politique ce n’est une affaire d’une année mais c’est une œuvre sur toute la vie. On gagne, on perd, puis on gagne ! C’est la vie».

Moussa BollyLa UNE de l’hebdomadaire Le Matin du mercredi 23 novembre 2016

INTIME CONVICTION : Se mettre à la tâche au lieu d’attendre le passage du Père Noël pendant notre sommeil novembre 16 2016

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INTIME CONVICTION : Se mettre à la tâche au lieu d’attendre le passage du Père Noël pendant notre sommeil

 

Le 45e président des Etats-Unis d’Amérique est connu depuis le 8 novembre 2016. Il s’agit de Donald Trump qui va occuper la Maison Blanche après une campagne d’une violence rare, et qui a mis en évidence la profonde division de l’Amérique. À l’image du parti républicain, la chapelle politique du vainqueur où presque tout le monde l’avait lâché à cause de son discours volontairement provocateur.

 

Pour la première fois, les Etats-Unis devaient choisir à la présidentielle entre une femme et un novice en politique, tout en optant pour l’alternance. Et les Américains ont voté pour une rupture totale au lieu d’une simple alternance constitutionnelle. Et, pour paraphraser une amie et brillante avocate, «les Américains ont décidé d’user de leur droit de se tromper» ! En effet, le vainqueur était donné perdant par tous les sondages. Raciste, sexiste, xénophobe, narcissique…Aucun de ces défauts n’a empêché l’Amérique de voter pour un «politicien immature» aux dépens de l’establishment symbolisé par Hillary Clinton. Le plus important aux yeux des électeurs, c’est que leur choix incarne certainement mieux le rêve américain qu’il promet d’ailleurs de ressusciter !

Son successeur connu, Barack Obama prépare sans doute ses cartons pour quitter la Maison Blanche en janvier prochain. Ici et là, on s’en presse à faire un bilan de ses huit années passées à la présidence américaine. Et à écouter de nombreux Africains, Obama a déçu. Comme si les Américains élisaient leurs dirigeants pour s’occuper des questions africaines. L’élection d’un président noir, surtout d’origine africaine (son père était un Kenyan), avait visiblement suscité beaucoup d’espoir en Afrique. Un espoir qui s’est estompé au fil des années pour finir en déception, si l’on s’en tient aux analyses et déclarations de ces derniers jours dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Mais, pour juger Obama, 44e et aussi le premier président Black, sur sa politique africaine, il faut relire son discours historique au Parlement ghanéen à Accra, le 11 juillet 2011. En juillet 2011, le 44e président des USA s’était adressé au monde musulman au Caire (Egypte) et à l’Afrique subsaharienne à Accra (Ghana). Ce jour, Obama avait abandonné la langue de bois de la raison politique pour s’exprimer avec le cœur.

La bonne gouvernance pour déverrouiller les potentialités de l’Afrique

«Je ne considère donc pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part, je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté», avait-il déclaré dans la capitale Ghanéenne avec beaucoup de conviction. Et ce jour, Barack Obama avait balisé les priorités de sa politique africaine : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits ! À Accra, Obama n’avait pas manqué de rappeler aux Africains que le développement dépend de la bonne gouvernance. C’est l’ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps. C’est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de l’Afrique. Enfin, c’est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s’acquitter. Toutefois, avait-il poursuivi, «aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue».

Pour montrer la voie à suivre, Obama ne s’était pas contenté de discours, il avait aussi posé des actes. Comme initiatives visant à booster le développement de l’Afrique, le président d’origine kenyane a, à son actif, le premier sommet USA/Afrique à Washington (août 2014) à l’issue duquel il avait annoncé 33 milliards de dollars d’engagements américains en Afrique. Mais, à notre avis, le Plan «Power Africa» est, avec Yali, l’une de ses initiatives les plus ambitieuses en faveur du continent africain. Lancé en 2013 par le président Obama, et approuvé par le parlement américain en février 2016, le plan «Power Africa» est considéré comme l’un des plans les plus ambitieux et les plus structurés sur l’électrification de l’Afrique.

Ce vaste programme, qui se fixe pour objectif de doubler l’accès à l’électricité en Afrique en 2018, est doté de 7 milliards dollars par le gouvernement américain. Il est soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale (BM). Et le 21 septembre 2016, Obama avait annoncé une nouvelle enveloppe supplémentaire d’un milliard de dollars. Sans compter les 20 milliards de dollars glanés auprès d’une centaine de partenaires dans le secteur privé. L’initiative est d’autant salutaire que 600 millions d’Africains, sur 1,3 milliard, vivent sans électricité. Le plan Power Africa vise donc à réduire le déficit énergétique du continent en général et de l’Afrique subsaharienne en particulier, en investissant massivement, notamment dans les énergies renouvelables.

 

Préparer les futures générations à bâtir des institutions fortes

«L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes», avait rappelé Barack Obama lors de son historique discours d’Accra. Mais, il était sans doute aussi conscient que, à l’image des marguerites qui ne poussent pas dans le désert, les institutions fortes n’émergeront pas par miracle.

Il faut un éveil des consciences avec une élite engagée et responsable, capable de s’investir dans l’arène politique ou de former des lobbies puissants pour influencer les décisions politiques, économiques et sociales.

Cette prise de conscience est sans doute à la base du programme Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders (YALI, lancé en 2010). En hommage au regretté Nelson Mandela, il a été initié par Barack Obama pour stimuler l’engagement et l’autonomisation de la prochaine génération de leaders africains.

Le programme devait par exemple envoyer cette année aux États-Unis 1.000 leaders de l’Afrique sub-saharienne pour des formations de 6 à 8 semaines dans les domaines comme le business et l’entreprenariat, le management public et leadership civique. Ces jeunes seront placés dans des universités américaines… où ils auront aussi l’opportunité de partager de nombreux expériences, de connaître d’autres jeunes de leur génération afin d’enrichir leur carnet d’adresses…

Le président Obama a clairement indiqué dans sa politique envers l’Afrique sub-saharienne que «les jeunes sont un facteur clef dans notre implication auprès des populations de ce continent, que ce soit à travers la consolidation de la démocratie, le développement économique ou l’amélioration de la sécurité».

Au départ, il a consisté en une série de fora (forums) de haut niveau, dont le Forum du président Obama avec les jeunes leaders africains en août 2010, le Forum des jeunes Africaines pionnières en juin 2011, et le Sommet sur  l’Innovation et le partenariat de mentorat des jeunes leaders africains en juin 2012…

 

Les Africains doivent se réveiller pour concevoir et réaliser le rêve… africain

«Voici un Programme qui va vous aider à faire une réelle différence chez vous», avait espéré le président Barack Obama aux participants de Washington Mandela Fellows de 2015. Mais les Africains attendaient certainement plus du premier Black élu président de la première puissance économique et militaire du monde.

Et cela en ignorant superbement que ce n’est pas la politique africaine qui fait gagner une élection présidentielle aux Etats-Unis. La preuve est que les questions africaines étaient totalement absentes de la campagne des Donald Trump et Hillary Clinton.

Ainsi, quand nous entendons des Africains, des «experts» ou des chroniqueurs dire que son bilan est mitigé, nous nous demandons s’ils n’attendaient pas de lui plus qu’il ne pouvait. Il est d’ailleurs temps de sortir de ce paternalisme qui nous amène à attendre que les puissances occidentales viennent nous montrer la voie de notre propre développement. Il faut encore être d’une grande naïveté pour croire à cela, pour croire que le progrès de l’Afrique peut être réellement le souci de ces puissances.

À Accra, Obama avait eu la bonne foi de nous rappeler qu’il revient «aux Africains de décider de l’avenir de l’Afrique…». Ce n’est pas la pertinence de sa politique africaine qui offre à un candidat à la Maison Blanche les meilleures chances de se faire élire. Ceux qui se faisaient encore des illusions l’ont compris sans doute en constatant que l’Afrique était presque absente de la campagne qui a abouti à l’élection de Donald Trump.

L’Afrique n’a presque rien à gagner ou à perdre dans l’élection du Républicain dont l’Amérique est l’unique préoccupation. Sauf qu’il menace de revoir tous les engagements extérieurs de son pays.

Et surtout que ses proches conseillers croient que les fonds injectés en Afrique depuis 1960 représentent un gaspillage énorme des ressources de l’Amérique. Et la pire des illusions, c’est de penser que l’élection d’un président américain peut apporter un changement positif en Afrique.

Les locataires de la White House (Maison Blanche) sont avant tout élus pour s’occuper des préoccupations des Américains, donc représenter au mieux l’intérêt général des Etats-Unis.

Si un passage a retenu notre attention dans le premier discours de victoire de Trump (prononcé à son QG), c’est quand le 45e président des USA rappelle aux Américains que «rien que nous souhaitons pour l’avenir de notre pays n’est hors de portée et nous parions sur le meilleur uniquement. Nous avons entre nos mains l’avenir de notre pays. Un avenir audacieux, un avenir brillant. Nous devons rêver de grandes choses pour ce pays…». 

Ce passage doit nous ouvrir les yeux, nous amener à la réalité pour comprendre qu’un rêve ne se réalise pas en dormant, mais en agissant. Agir sur notre propre mentalité. Agir sur notre propre destin, pour peser sur celui de notre pays et de notre continent.

Soyons enfin le boulanger de notre avenir. Faisons donc nôtre, cette belle déclaration (la première après sa défaite) pleine d’humilité et riche en enseignements d’Hillary Clinton, «le plus beau, c’est de se battre pour ce en quoi l’on croit». La conviction et l’intégrité sont des valeurs qui nous manquent essentiellement en Afrique !

Le scrutin du 8 novembre 2016 nous rappelle la vivacité du rêve américain. Et l’un des mérites d’Obama, c’est d’avoir fait de la réalité le rêve de Martin Luther King. Au moins ça, toute l’humanité s’en souviendra !

Moussa BOLLY

 Barack Obama, le 44e président des Etats-Unis d’Amérique !

RECRUDESCENCE DES ATTAQUES CONTRE LES FAMA, LA MINUSMA ET BARKHANE : Mahmoud Dicko discrédité par les attaques revendiquées par d’Ançar Dine novembre 14 2016

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RECRUDESCENCE DES ATTAQUES CONTRE LES FAMA, LA MINUSMA ET BARKHANE : Mahmoud Dicko discrédité par les attaques revendiquées par d’Ançar Dine

 

A quelques jours des élections communales et de la mis en place des premières autorités intérimaires dans le septentrion, le Mali semble s’embraser à nouveau avec la multiplication des attaques essentiellement revendiquées par Ançar Dine. Le sanguinaire Iyad Ag Ghali ne pouvait mieux choisir le moment pour saboter la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale et surtout démentir officiellement en discréditant le président du Haut conseil Islamique. En effet, il y a quelques jours seulement, El Hadj Mahmoud Dicko qui se réjouissait d’avoir obtenu de lui un cessez-le-feu voir l’abandon de la lutte armée pour fonder un Etat islamique sur les cendres de la Républiques.

 

«Le calvaire et la psychose que vivent les populations de Bamako et alentours sont le lot quotidien des populations maliennes du nord et du centre. Ceux qui fréquentent les routes des régions de Tombouctou et de Mopti en savent quelque chose» ! C’est l’un des passages que nous avons retenus de la sortie médiatique du président du Parti pour la Renaissance nationale (PARENA/Opposition). C’était le jeudi 3 novembre 2016 à la Maison de la Presse où il a peint une situation apocalyptique du Mali d’aujourd’hui.

Un Etat dont la souveraineté tient depuis quelques années à peu de chose et qui ne cesse de sombrer dans une «insécurité galopante» qui n’épargne ni les régions ni la capitale. Et pour une fois, le «Petit Monsieur» (Tiébilé Dramé) a raison. Et, une fois n’est pas coutume, sa déclaration va réellement dans le sens de l’une des plus grandes préoccupations des Maliens : l’insécurité grandissante !

Et cela malgré les efforts consentis par le gouvernement (moyens logistiques, démantèlement des réseaux de gangsters, créations de nouvelles unités…), malgré l’assurance donnée par les plus hautes autorités du pays, la psychose se généralise.

Aujourd’hui, les bandits ou des assaillants sont en mesure de frapper un grand coup dans n’importe quelle localité malienne. A commencer par Bamako, la capitale, où les gangs ne cessent de défier forces de sécurité (police, gendarmerie et garde nationale) par des opérations spectaculaires comme le violent hold-up dont a récemment été victime un client d’une banque de la place.

C’est ainsi que la localité de Banamba, située à 180 km de Bamako (région de Koulikoro), a été attaquée lundi avant l’aube par des assaillants «lourdement armés».

Dans cette attaque éclaire, le véhicule de la brigade de gendarmerie et celui de la Garde Nationale ont été emportés par les assaillants qui ont aussi «défenestré la prison pour libérer les détenus».

Le ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Me Mamadou Ismaïla Konaté a profité de la cérémonie d’ouverture de première Conférence des Parquets (lundi 7 novembre 2016) pour confirmer l’attaque de la ville de Banamba par des hommes armés. Il a précisé qu’une vingtaine prisonniers sont dans la nature, dont certainement des bandits dangereux.

Et, sources concordantes, les assaillants étaient à la recherche de deux terroristes présumés emprisonnés à Banamba. Mais, ces deux hommes dangereux ont été déplacés vers une autre ville plus sécurisée juste quelques jours avant cette attaque.

L’agence de la Banque malienne du développement (BDM SA), pillée et brulée, n’a été qu’une victime collatérale. Les assaillants, visiblement, «cherchaient à s’approvisionner en carburants et en vivres» avant de prendre le  large vers une prochaine cible.

 

Un week-end tragique au nord et au centre

Le garde de l’agence BDM SA de Banamba et un surveillant de prison sont portés disparus. Certains témoins disent qu’ils ont été faits prisonniers par les assaillants qui se sont vite repliés. Mais, d’autres pensent qu’ils ont plutôt fuit pour «éviter de se faire tuer par les Jihadistes».

Des témoins disent avoir ont vu les assaillants partir vers le cercle de Niono dans la région de Ségou. Beaucoup d’observateurs de la crise malienne pensent que cette attaque a été perpétrée par une brigade d’Ançar Dine du Macina du prédicateur Ahmadou Kouffah.

Avant cette attaque,  le week-end avait été meurtrier, notamment dans le centre-nord du Mali. Ainsi, le vendredi 4 novembre, un convoi militaire de l’opération française Barkhane est tombée dans une embuscade aux environs de Kidal. Un véhicule blindé de passage a en fait sauté sur une mine. Grièvement blessé, le Maréchal des logis Fabien Jacques a succombé à ses blessures peu après. Sa mort porte à 18 le nombre de militaires français tués au Mali depuis janvier 2013. Le samedi 05 novembre, le groupe terroriste Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali a revendiqué l’attaque contre le convoi de Barkhane.

La même organisation a revendiqué l’attaque d’un convoi de la Minusma qui a fait trois morts et sept blessés dans le centre-nord du Mali, précisément entre Douentza et Tombouctou.

Un engin explosif improvisé ou une mine a explosé au passage du convoi suivi de tirs directs par les assaillants. Un Casque bleu togolais et deux civils maliens ont péri lors de l’attaque. Le Casque bleu a succombé à ses blessures. Sept casques bleus togolais ont été blessés, dont 3 grièvement.

Le même jour  (dimanche 6 novembre 2016), entre 2 et 3 heures, un camp des Forces armées maliennes (FAMA) a été attaqué la ville de Gourma Rharous (Tombouctou) sans faire de victimes.

Mais, cinq véhicules ont été emportés par les assaillants non identifiés, dont deux de l’unité de Rharous et trois de l’unité Fararou arrivés la veille en escortant une citerne. Quatre autres véhicules ont été brûlés par les assaillants qui ont réussi à prendre la fuite.

 

L’opposition confortée dans ses attaques contre le pouvoir en matière de sécurité

C’est dire qu’en matière d’insécurité, les concours de circonstances apportent chaque jour l’eau au moulin de l’opposition. Même si, contrairement à ce que veut faire comprendre à l’opinion, cette insécurité est également une préoccupation majeure des autorités maliennes.

Et la recrudescence des attaques n’est pas surprenant parce nous sommes à la veille de certains événement qui ne font pas les affaires d’Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali exclue du processus de paix d’Alger (Algérie). Comme d’ailleurs les autres organisations terroristes qui avaient occupé les régions du nord en 2013.

Il s’agit notamment de  l’organisation des communales du 20 novembre prochain et surtout la mise en place d’autorités intérimaires dans une large partie des régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudéni. Déterminé à bâtir sa République islamique sur les cendres de la République laïque, Iyad Ag Ghali est loin d’avoir dit son dernier mot dans sa volonté de saborder le processus de paix et de réconciliation nationale.

Et revendiquant les dernières attaques contre Barkhane, la Minusma et les forces armées maliennes (FAMA), son organisation veut démontrer que sa capacité de nuisance est intacte. Surtout que des groupuscules qui lui ont fait allégeance continu à piller les camps militaires et de pauvres citoyens pour renforcer ses moyens logistiques.

Et l’attaque de Banamba, lundi 7 novembre 2016, doit pousser nos forces de défense et de sécurité à la plus grande vigilance. Elle prouve les informations selon lesquelles les groupes chassés de la Forêt de Wagadou se sont dispersés dans le Sahel occidental.

Ne serait-ce que le temps de l’hivernage, période pendant laquelle leurs bases arrière dans le centre du pays et le Delta central (région de Ségou) sont inondées par le fleuve Niger et ses affluents. Les forces de défense et de sécurité doivent renforcer leurs dispositifs sur l’ensemble du territoire afin de réduire les dramatiques effets de surprise en cas d’attaques !

Moussa Bolly

 

 

IBK ordonne le renforcement des capacités tactiques sur l’ensemble du pays

Selon la un communiqué de la présidence de la République du Mali, un Conseil de défense s’est tenu hier soir à Koulouba de 19h à 22h pour faire le «point sur la situation sécuritaire du pays». C’était sous la présidence du Président Ibrahim Boubacar Kéita.

Apres avoir entendu les différents rapports, indique le communiqué, le président de la République a «donné des instructions» pour le «renforcement de nos capacités tactiques sur l’ensemble du pays».

Le chef de l’Etat malien a insisté sur «la nécessité d’une plus grande mobilité» des forces armées et de sécurité maliennes afin «d’anticiper les risques de déstabilisations» de son pays.

Le président de la République a par ailleurs, poursuit le communiqué, «réaffirmé sa confiance à nos forces armées et de sécurité» et a «réitéré son message de compassion aux victimes et à leurs familles».

Le président Ibrahim Boubacar Kéita a invité le peuple malien a «gardé confiance» à l’armée et a «resté solidaire» des soldats.

Le communiqué rappelle que ce Conseil de défense s’inscrit dans une série d’initiatives du président de la République pour accélérer la mise en ouvre de l’ensemble mesures prévues de l’accord de paix.

M.BLa UNE de l’hebdomadaire Le Matin du mercredi 9 novembre 2016



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