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CELEBRATION DE LA 56E FETE DE L’INDEPENDANCE : Reconquérir notre souveraineté dans l’unité par des actions concrètes septembre 26 2016

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Le Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita«Tous les Maliens doivent se lever pour l’unité du Mali d’abord, ensuite pour son indépendance» ! La déclaration est de Fahad Almahmoud, le Secrétaire général de Gatia, à propos notamment de la situation à Kidal.

Une déclaration qui interpelle chacun de nous, en tant que Malien, à la veille de la commémoration du 56e anniversaire de l’accession du Mali à l’indépendance le 22 septembre 1960.

La situation est toujours critique et notre indépendance est remise en cause depuis la célébration du Cinquantenaire car notre souveraineté ne s’exerce plus sur toute l’étendue de son territoire.

Au nord, la présence de l’Etat est toujours timide. A part Tombouctou et Gao, l’administration des autres régions du septentrion (Kidal, Taoudénit et Ménaka) est en exil dans la Cité des Askia et la Ville des 333 Saints.

La situation est surtout critique et révoltante à Kidal où depuis les tragiques événements de mai 2014 (consécutifs à la visite du Premier ministre Moussa Mara), aucun symbole de l’autorité de l’Etat n’est toléré.

Mais, déjà, en empêchant les forces armées maliennes d’entrer à Kidal pour parachever l’Opération Serval, la France a fait de la Cité de l’Adrar des Ifoghas «un véritable enjeu géopolitique et géostratégique».

La région demeure toujours un No man’s land où prospère le narcotrafic à la base du terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. La situation de Kidal justifie en partie le retour en force des réseaux terroristes comme Ançar Dine sabordant ainsi les efforts pour la paix et la réconciliation.

Et cela malgré la présence des forces françaises Barkhane et de la Minusma sous la bannière des Nations unies. L’objectif principal de la Minusma devait être son soutien à l’Etat malien pour le  rétablissement de  son intégrité territoriale. Hélas ! Sa présence continue à fragiliser le pays car elle est incapable même de peser sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale signée en 2015 (mai et juin).

Cela d’autant qu’elle est contrainte de fermer les yeux sur le double jeu de certains groupes armés signataires de cet Accord, notamment le HCUA qui flirte avec Iyad Ag Ghali au vu et au su de la satanée «Médiation Internationale» dont la pression ne s’exerce que sur le gouvernement malien.

La Coalition Patriotique Pour le Mali (CPM)  dans ses analyses et constats, «trouve inadmissible la gestion faite par la communauté internationale, la France en tête, de la question de KIDAL, du moment où elle est plus préoccupée par l’exploration et l’exploitation de nos ressources que par le soutien à notre Etat de recouvrer son intégrité».

Cette organisation prévoit ce matin (mercredi 21 septembre 2016) la Grande marche pacifique de soutien aux Forces armées maliennes et à la Plateforme pour le rétablissement immédiat de l’intégrité territoriale du Mali.

 

Le centre est en train d’échapper au pays déjà malade de son nord

Comme le déplorent les responsables de la CPM, «toutes les réflexions et  débats  objectifs sur la situation du nord de notre pays concluent à  une véritable impasse dans laquelle nous sommes».

Et pourtant l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale stipule clairement que l’intégrité territoriale du Mali soit établie 60 jours après sa signature.

Au contraire, les zones qui échappent au pouvoir central de Bamako se multiplient. En effet, depuis près d’un an, le pays n’est plus seulement malade de son nord, mais aussi du Centre où la violence s’est déplacée avec la multiplication des groupes d’auto-défense comme les Forces de Libération du Macina inféodées à Ançar Dine. Depuis quatre mois, il se passe rarement une semaine sans que nos forces armées et de sécurité ne soient attaquées entre Douentza et Gao.

Dans de nombreux cercles et communes de la région de Mopti, l’administration et les services sociaux de base ont déserté à cause de l’insécurité devenue du pain bénit par des politiciens qui en font un fonds de commerce et attisent le périlleux feu du communautarisme.

Ils ne se cachent même plus dans leur ambition de créer un front de dissidence et de déstabilisation au Centre du Mali exerçant ainsi un honteux chantage sur la nation pour atteindre leurs objectifs politiques.

Comme nous pouvons tous le constater, la souveraineté du Mali est soumise à de rudes épreuves depuis notre indépendance le 22 septembre 1960. Elle a toujours été menacée par le néocolonialisme qui a remporté une première victoire sur les patriotes maliens avec le coup d’Etat du 19 novembre 1968.

Et ce même néocolonialisme est à la base de l’instabilité à laquelle notre pays est soumis depuis janvier 2012. Aujourd’hui, ce n’est qu’un secret de Polichinelle que la situation catastrophique dans la bande sahélo-saharienne, dans le bassin du Lac Tchad voire en Afrique de l’Ouest est liée à l’assassinat de Mouammar Kadhafi par une alliance néocolonialiste commandée par la France et la Grande Bretagne.

 

Le patriotisme par les actes concrets

Le Guide de la Révolution libyenne était devenu une menace sérieuse pour les intérêts des puissances coloniales en Afrique par sa volonté d’intégrer davantage le continent autour notamment d’une politique monétaire unique et une exploitation judicieuse des richesses du continent.

Sauver voire reconquérir notre souveraineté n’est pas l’affaire d’un pouvoir, mais de tous les patriotes qui sont conscients des enjeux de la crise actuelle. C’est dans l’unité que nous avons accédé à l’indépendance sous la conduite du regretté Modibo Kéita et ses camarades.

A l’époque, le projet politique ne faisait pas sans doute l’unanimité de tous les acteurs de la classe politique et de la société civile en gestation. Mais, ils ont su s’élever au-dessus de leurs différends pour privilégier l’essentiel : se soustraire du joug colonial pour que le peuple malien puisse prendre son destin en main ! Et c’est cela le patriotisme !

Comme la Coalition patriotique pour le Mali, nous pensons que tous les Maliens doivent être aujourd’hui conscients que «la seule, unique  et efficace solution envisageable pour rétablir l’intégrité territoriale» de notre patrie reste  «la mobilisation des masses populaires Maliennes pour la prise en charge de sa propre destinée». Elles l’ont réussi en 1959 pour arracher l’indépendance du Soudan français baptisé Mali le 22 septembre 1960.

La démocratie est par essence la diversité des projets de sociétés, des visions politiques… Ce qui suppose des divergences sur la voie à suivre pour le redressement du pays. Mais, nos différends sociopolitiques doivent-ils nous empêcher de nous entendre sur l’essentiel ?

La réponse est claire : Non ! Bien sûr si nous nous battons tous réellement et sincèrement pour les intérêts de cette nation. Nous devons taire un moment nos divergences et traduire notre patriotisme par des actes concrets en tournant la page des discours démagogiques et incendiaires dans le seul but de décrédibiliser et déstabiliser un régime. Nous devons être plus que jamais positifs dans nos critiques de l’action politique du gouvernement afin de contribuer au redressement politique, économique et même moral du pays.

 

Le temps du dialogue politique et social

Au pouvoir aussi de comprendre qu’on ne peut pas efficacement gérer un pays et résoudre les préoccupations des populations en s’enfermant, en fermant la porte aux forces vives de la nation.

Face aux défis actuels, le dialogue social direct, sincère et loyal est un passage obligé pour sauver le navire qui ne cesse de tanguer dangereusement.

Visiblement, et heureusement, le président Ibrahim Boubacar Kéita semble l’avoir compris. Depuis le début de ce mois de septembre, il a pris l’initiative du dialogue social et politique avec une série d’audiences accordées à la classe politique (majorité et opposition), aux syndicats, à la société civile pour «parler du Mali», de la paix et de la réconciliation, des difficultés socio-économiques de la majorité du peuple… de la reconquête de notre territoire national.

On gagne toujours à écouter tout le monde car, à défaut d’être forcément sur la même longueur d’ondes, les échanges permettent à chacun d’exprimer ses préoccupations, de proposer ses solutions et aussi de comprendre les difficultés et les contres de celui qui est en face. Le dialogue est donc un principe majeur de la démocratie !

Moussa Bolly

LOI ELECTORALE : Chantage d’une militante des «droits des femmes» pour une candidature prochaine à la présidentielle ? septembre 22 2016

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Fatoumata Siré Diakité, présidente de l’APDFLe vendredi 9 septembre 2016, les députés ont adopté avec une large majorité la nouvelle loi électorale par 78 voix contre 28. Un vote qui intervient après des débats très houleux qui en disent long sur l’incapacité d’une classe politique à se remettre en cause pour consolider le processus démocratique au Mali. Contre toute attente, l’éternel présidente de l’APDF s’est mêlée au débat et a fait usage de chantage.

 

Un candidat incapable d’avoir le parrainage de 15 députés, de mobiliser 35 millions de F CFA mérite-t-il de briguer la magistrature suprême de notre pays ? Notre réponse est sans équivoque : non ! C’est pourquoi nous ne pouvons pas comprendre que la nouvelle loi électorale ait suscité autant de débats sur deux articles qui traitent de ces questions. Finalement, comme l’analysent des observateurs, «les députés ont plutôt coupé la poire en deux» pour surtout se donner bonne conscience.

Ainsi la loi adoptée maintient à 10 députés, comme dans la précédente, au lieu des 15 proposés dans le projet de loi. Quant à la caution pour chaque candidat à la présidentielle, elle passe de 10 à 25 millions de francs CFA. Le projet de loi avait raisonnablement proposé 35 millions de francs CFA avant son amendement et son adoption.

Aux yeux de l’opposition, ces deux points étaient plus importants que toutes les autres innovations comme une meilleure représentation des femmes sur les listes électorales en conformité avec la loi instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives.

Il s’agit d’élire les conseillers de cercle au suffrage universel direct comme pour les autres niveaux de collectivités territoriales ; de proposer toute mesure utile de nature à assurer plus de cohérence entre la loi électorale et les textes qui régissent la décentralisation…

La nouvelle loi intègre également quelques innovations comme notamment l’institution de la Commission électorale régionale parmi les démembrements de la CENI ; l’extension de la possibilité d’organiser les élections à des dates différentes à toutes les autres élections des collectivités territoriales et  le vote par anticipation des militaires.

Le nouveau texte prévoit également que le candidat aux futures élections présidentielles «doit être de nationalité malienne d’origine».

Ce projet de loi avait été adopté par le Conseil des ministres en sa séance du 15 juin 2016.  Selon le gouvernement, cette relecture de la loi électorale visait à prendre en compte les orientations politiques et institutionnelles de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Des échanges vifs sur le texte avaient conduit à la suspension des séances le jeudi 8 septembre 2016.

Heureusement que le ministre Abdoulaye Idrissa MAIGA et des élus de la nation n’ont pas cédé aux chantage politique de l’opposition et surtout de certains militants de la société civile comme la présidente de l’Association pour le progrès et la défense des droits des femmes (APDF) pour qui le vote de la nouvelle loi est la fin du Mali démocratique.

Elle pousse le chantage jusqu’à dire que son adoption prouve que «les députés ont oublié les Martyrs et l’esprit du 26 mars 1991», c’est-à-dire l’insurrection populaire qui avait conduit à  la chute du régime dictatorial du parti unique et à l’avènement de la démocratie.

«En tant que présidente d’une organisation de femmes et membre de la société civile, je pense que ce projet de code électoral va à l’encontre de notre processus démocratique. C’est comme si les gens qui ont initié cette loi n’ont pas participé au combat démocratique du 26 mars 1991», ose-t-elle critiquer.

Et d’ajouter, «je n’arrive pas jusqu’à présent à comprendre dans un pays pauvre comme le Mali qu’on demande d’élever  la caution à 35 millions de F CFA, cela pour être candidat dans une élection présidentielle et avoir aussi le parrainage de 15 députés ou des conseillers nationaux».

«Je pense que ce projet de  code électoral sera enfin de compte une loi d’exclusion sociale, dans la mesure où seuls les riches pourront se présenter aux élections présidentielles. Et pourtant ce sont les pauvres qui votent pour les riches. Cette loi, si jamais elle est adoptée par l’Assemblée nationale, sera une régression totale de notre démocratie» ! Voilà l’analyse volontairement erronée de la présidente de l’APDF dans une interview accordée à un journal de la place.

Pis, cette responsable d’une chapelle sans fidèles menace de mobiliser la société civile pour ne pas voter pour ces «riches» qui pourront payer la caution pour briguer la présidence de la République.

 

Boucliers contre les candidatures fantaisistes

«Si aussi on adopte ce projet de loi comme tel, nous, à travers la société civile, nous allons mener une campagne pour  que personne ne sorte pour aller voter pour ces riches car la mobilisation de ces 35 millions  F CFA sera un facteur de corruption. Pour la simple raison que les hommes d’affaires ou les réseaux mafieux  peuvent  se cacher derrière des candidats pour financer leur campagne en attendant le retour de l’ascenseur», poursuit-elle sans comprendre qu’elle est en train de perdre le peu de crédit qui lui reste par ce genre de déclarations démagogiques.

Depuis l’avènement de la démocratie au Mali, les campagnes électorales sont-elles financées autrement que par ce jeu de renvoi de l’ascenseur ? Les enveloppes, les pagnes, les tee-shirts, le thé où les Sotramas louées les jours de vote ne sont-ils pas déjà cette forme de corruption qu’elle tente de dénoncer maladroitement ?

Pour qui roule-t-elle, sommes-nous tentés de lui demander ? Avait-elle la prétention de briguer la magistrature suprême du pays en 2018 ? Si telle est son intention, pourquoi craint-elle la caution de 35 millions et le parrainage de 15 députés si elle est capable de mobiliser autant pour barrer la route à d’autres candidats ? Que du verbiage pour juste occuper le devant de la scène médiatique et ne pas sombrer dans l’oubli.

Cette nouvelle loi électorale contribue au renforcement de la démocratie ! C’est notre intime conviction ! Et Nous qui avons toujours souhaité une certaine moralisation de la vie politique du pays en évitant surtout des candidatures fantaisistes pour par exemple briguer la magistrature suprême du pays comme nous l’avions déploré en 2013.

La Cour constitutionnelle, chargée de valider les dossiers, avait reçu 36 candidatures. Cependant, huit candidatures ont été rejetées par la Cour constitutionnelle pour défaut de paiement de la caution de dix millions de francs CFA ou insuffisance de parrainages (dix députés ou cinq élus communaux dans chacune des régions et du district de Bamako. Qu’a fait notre «Nyeleni» pour empêcher l’invalidation de la candidature de Sidibé Aminata Diallo ?

Connait-on la source de la fortune de ceux qui ont pu réunir la caution de 10 millions de F CFA depuis 1992 ? Doit-on continuer à tolérer que des présumés leaders politiques se portent candidats aux présidentielle juste pour se positionner derrière le favori afin d’espérer un portefeuille ministériel ?

Ils sont combien les anciens candidats de 2013 à être au gouvernement aujourd’hui ou à avoir occupé un portefeuille ministériel depuis le 4 septembre 2013 ? Doit-on continuer à mobiliser des millions du contribuable pour financer des gens qui ne sont même pas capables d’avoir le suffrage de 1 % de l’électorat ? Ce n’est pourtant qu’une caution remboursable quand on enregistre un meilleur score, même si on n’est pas élu.

 

Nos Martyrs ne sont pas un fonds de commerce politique

Est-ce cela la démocratie souhaitée par tous ces Martyrs ? Pas du tout ! Les élections ont un coût que les seuls contribuables ne doivent pas continuer à assumer.

On n’enrichit pas un débat démocratique avec la passion et en restant figé derrière des intérêts personnels ou claniques inavoués. Mais avec le cœur et la raison. Nos élections sont de plus en plus en onéreuses contraignant le gouvernement à solliciter des Partenaires techniques et financier qui nous imposent leurs conditions sans tenir compte de nos réalités et surtout des vraies préoccupations.

Contrairement à ceux qui fustigent la nouvelle loi électorale, nous ne sommes plus fiers de cette démocratie financée de l’extérieur par des prétendus partenaires qui, par la suite, vont nous imposer même la taille de notre gouvernement. Si ce n’est pas imposer leurs marionnettes.

A notre avis, notre souveraineté commence par notre capacité et notre volonté de financer nous-mêmes nos élections. Peut-on objectivement continuer à solliciter les PTF pour financer nos élections et exiger d’eux qu’ils se tiennent loin du processus ?

Mais, nous savons tous qu’il est utopique de vouloir financer les élections sur nos propres ressources avec tant de candidatures fantaisistes. Quoi de plus normal que de mettre à contribution ceux qui souhaitent diriger notre pays.

Comment un candidat qui n’est pas capable de mobiliser honnêtement 35 millions de F CFA peut-il espérer les ressources indispensables à la concrétisation de son projet de société.

Après plus d’un quart de siècle de pratique, il est temps de  tourner le dos à ces hommes politiques sans ambitions mais qui ne pensent notre démocratie qu’à leur image. Des supposés leaders politiques pour qui la politique est un ascenseur socio-financier… Ils ne conquièrent le pouvoir que pour se servir et servir leurs clans au lieu de faire résolument face aux vraies préoccupations des peuples ainsi qu’aux vrais défis de développement socioéconomique de nos Etats.

Ce sont ces loups voire des crocodiles, aux crocs aussi aiguisés et qui ont des ambitions démesurées, déguisés en politiciens qui protestent contre le progrès démocratique que symbolise la nouvelle loi électorale.

Un projet bien défendu par le ministre de l’Administration territoriale par intérim, Abdoulaye Idrissa MAIGA. Nous osons espérer que le président Ibrahim Boubacar Kéita ne va pas regretter de l’avoir fait partir à la Défense au moment où notre pays a besoin de réformes aussi cruciales qu’audacieuses et se préparer à organiser des élections capitales. Face à une opposition dilettante et qui ne jure que par ses propres intérêts, il fallait un ministre courageux comme Abdoulaye Idrissa MAIGA qui, sans jamais fermer la porte au dialogue et qui est toujours disposés à prendre en charge les propositions pertinentes de ses interlocuteurs, défend les intérêts du pays et de la démocratie sans atermoiement !

Quand on a l’ambition de diriger son pays, on se donne les moyens d’y parvenir au lieu de perdre son temps dans le chantage sur la mémoire de nos Martyrs.

Hamady Tamba

AN III D’IBK : Des efforts sapés par la crise sécuritaire septembre 22 2016

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Le Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar KéitaComme le disait un baron du Rpm (Rassemblement pour le Mali), parti présidentiel et majoritaire au parlement, l’heure n’est pas encore à un bilan complet du premier mandat du président Ibrahim Boubacar Kéita. Mais, on peut se permettre un regard rétrospectif sur ses trois années de pouvoir en comparant les ambitions du départ et les acquis du moment. À cet exercice, force est de constater que le défi sécuritaire reste tout entier. Redresser le Mali  en ramenant la paix, la sécurité et la stabilité ! Telle était l’une des fortes attentes du peuple malien en faisant massivement confiance à El Hadj Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK investi le 4 septembre 2013.

S’il est prématuré de parler d’échec en la matière, il est évident que la situation est loin d’être satisfaisante. Décimés par l’Opération Serval de début 2013, les groupes terroristes reviennent en force comme une pieuvre aux multiples tentacules (cellules, satellites ou Katibas) hypothéquant le processus de paix et de réconciliation. Ce qui n’est pas surprenant d’autant plus que l’Accord signé en mai et juin 2015 ne donne pas toute la latitude aux Forces armées et de sécurité maliennes de quadriller l’ensemble du territoire national.

La situation de Kidal s’est totalement détériorée avec la visite, en mai 2014, du Premier ministre Moussa Mara, qui a remis en cause les maigres acquis de l’Accord de Ouagadougou (Burkina Faso) qui avait permis l’organisation de la présidentielle et des législatives sur tout le territoire national par une présence tolérable de l’Etat et de ses symboles dans la capitale de l’Adrar des Ifoghas. Kidal demeure le dernier bastion du terrorisme à cause de son occupation par des narcotrafiquants en connivence avec des groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation (Hcua et Mnla). Une connivence dénoncée cette année par la Minusma et la France, mais qui continuent pourtant à protéger ce jeu trouble qui, quelque part, arrange leur business dans le nord du Mali.

Une situation qui a récemment amené un confrère à rappeler que «la crise malienne persiste simplement parce que ceux qui disent vouloir nous aider ne sont pas sincères et nos autorités n’ont tellement pas le choix. Ce qui nous reste, c’est rester soudé, prier et attendre». Un constat, hélas, d’une pertinence inouïe. Ce qui est plus inquiétant, c’est que le Mali est en train de perdre le centre après Kidal. En effet, ces derniers jours, plusieurs postes de gendarmerie et militaires ont été attaqué à Boulekassi, Gawa, Wô, Bandiagara, Mopti, Sy, San et Ségou par des bandits et mercenaires à la solde des narcoterroristes…

À l’image du carnage de Nampala (Ségou), en juillet dernier, les Forces armées et de sécurité subissent chaque fois de lourdes pertes en vie humaines et des dégâts matériels importants. Depuis des mois, l’administration a déserté le cercle de Tenenkou où les services sociaux de base tournent au ralenti. C’est la conséquence des attaques du groupe terroriste Ançar Dine à travers ses Katibas du sud et du centre, affrontements communautaires.

 

Des politiciens pyromanes qu’il faut neutraliser

Ces dernières semaines, les ressortissants du cercle se sont démagogiquement mobilisés pour obtenir «un renforcement des effectifs sécuritaires, mais aussi des services sociaux de base». Et pourtant, ce sont les manœuvres dilatoires et politiciennes des leaders des mêmes ressortissants qui exposent les Forces armées et de sécurité dans cette zone, qui est en train de devenir un véritable bourbier pour elles.

Ils poussent la démagogie et la mégalomanie jusqu’à justifier et défendre la création des groupes d’autodéfense dont l’une a revendiqué la dernière embuscade qui a fait trois morts dans les rangs des FAMA. C’est dire que la crise sécuritaire du pays se nourrit aussi de la traîtrise de certains politiciens qui ont occupé ou occupent des hautes responsabilités institutionnelles comme président de l’Assemblée nationale ou celui de la Haute Cour  de justice. Comment peut-on tomber si bas juste pour des intérêts politiques égoïstes ?

Quelque part, IBK et son gouvernement sont comptables de cette situation par leur incapacité à rappeler ces crocodiles à l’ordre voire de les poursuivre pour trahison. Il est temps de pendre le taureau par les cornes en rappelant à l’ordre aussi bien nos supposés partenaires que ces Satans, pardon supposés leaders communautaires au frais à Bamako, tout en manipulant leurs populations par des fausses informations ou en accablant nos soldats et forces de sécurité. Les progrès face au défi de la sécurité vont réellement déterminer le niveau de satisfaction du bilan que le président IBK va présenter aux Maliens dans deux ans.

L’exécution de son projet de société est tributaire du niveau de sécurité. La détérioration du climat de sécurité a aujourd’hui un impact négatif sur tous les secteurs (agriculture, commerce, élevage, tourisme…) dans le nord et le centre du Mali.

Et, sur un plan général, c’est l’insécurité qui sape tous les efforts de développement entrepris jusqu’ici par IBK et ses différents gouvernements. Son rétablissement engloutissant des moyens colossaux, qui auraient pu être investis dans les services sociaux de base, il est temps d’œuvrer à maîtriser la situation pour qu’elle ne pourrisse pas davantage. Le pouvoir doit vite se donner les moyens de reprendre la situation à son compte pour éviter une contagion générale !

Dan Fodio


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