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CHRONIQUE DU MALI DEBOUT : Le Mali, un grand malade dont les soigneurs sucent le sang août 17 2016

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Ibrahim Boubacar Kéita du Mali et François Hollande de la France

 

Que fait encore la France au Mali, voire au Sahel ? Quel intérêt l’Elysée et le Quai d’Orsay ont-ils à exposer la vie des soldats français à des attaques terrorises si loin des berges de la Seine ? La réponse est évidente pour beaucoup de Français, pour qui, la vie de leurs enfants et proches est sacrifiée pour la paix au Mali. Ils sont loin d’imaginer que cette présence de l’Hexagone est plutôt déstabilisatrice pour notre pays et bénéfique à une puissance dont la vitalité politique et économique est de plus en plus remise en question.

 

Le Mali est volontairement mis sous perfusion afin de mieux l’exploiter. «Chacun attaque l’autre et tout le monde se défend en désignant un autre coupable qui, lui aussi, va se défendre et ainsi de suite. Difficile dans cette pagaille de savoir qui a raison et quel comportement adopter qui consisterait à soutenir un parti ou une cause… Au final, c’est le chacun pour soi !», commente notre amie activiste française, Sonia Duchesse, à propos du désordre politique en France et de l’attitude «incompréhensive» de son pays dans ses anciennes colonies, comme le Mali.

«Dans ce contexte, pas étonnant que l’on ne sache pratiquement rien du Mali, puisque la France se garde bien de nous informer sur ces tractations avec l’Afrique. Seuls quelques connaisseurs savent la réalité. Mais il est bien difficile pour eux de se faire entendre dans ce brouhaha qui nourrit inéluctablement les rumeurs», ajoute-t-elle. «Si tu savais le nombre de conneries que j’ai entendues ces derniers temps sur le Mali, ton pays. C’est effarant de voir que le peuple puisse être aussi manipulable. La liste serait bien trop longue et tu sais aussi bien que moi à quoi je fais référence», nous avoue-t-elle, sans aucune ironie. Il suffirait pourtant d’expliquer les différences pour que l’on puisse admettre une autre réalité. À condition, bien sûr, que le «Français moyen accepte de reconnaître ses erreurs de jugement».

Depuis la multiplication de nos échanges ainsi que la lecture d’articles d’autres médias et de certains documents, notre amie se bat ardemment pour rétablir la vérité sur la crise qui secoue le Mali depuis des années. Et à cause de cet engagement, assure-t-elle, «je me fais bien plus d’ennemis que d’amis».

Et par rapport à notre pays, souligne Sonia, «je suis stupéfaite de me rendre compte que la mentalité française n’a pas du tout évoluée. L’image est encore bien plus désastreuse que ce que je pouvais imaginer. Il est vrai que certaines de vos pratiques sont complètement à l’opposé de nos critères et qu’il est donc difficile de les accepter, mais ce n’est pas une raison pour condamner».

Elle poursuit : «Vos mesures sont en adéquation avec les contraintes de votre pays et nous oublions bien trop souvent cet aspect. On s’adapte en fonction de la situation, des conditions de notre pays. Il est donc normal qu’il y ait des différences. Je ne suis pas là pour porter un jugement sur ces divergences qui nous opposent : c’est uniquement un constat».

 Une réalité encore plus triste et très révoltante

Selon son témoignage, certains de ses interlocuteurs voient notre pays comme une ancienne colonie française qui ne possède pas de capitaux propres… Sans capitaux, le Mali ne peut donc prétendre à devenir un pays capitaliste. Dans ce cas, le «seul changement possible serait le communisme». Mais, pour S. Duchesse, «au final, peu importe le communisme, le capitalisme, puisque notre dépendance ne dépend plus de notre Etat, mais d’une économie mondiale. Toutes ces dénominations auxquelles nous attachons énormément d’importance ne sont que des façades bancales qui sont là pour consolider notre grande naïveté par rapport à ce qui se passe en réalité». Hélas !

Elle ne se trompe pas, notre amie activiste. Les ex-colonies demeurent les vaches laitières de l’Occident, notamment de la France. Pourquoi celle-ci est par exemple opposée à la révision de l’arrimage du Fcfa (Franc des colonies françaises d’Afrique) à l’Euro ? Sans doute parce qu’elle est consciente que cela entraînerait l’effondrement du Trésor français. Sans les réserves africaines, l’économie française va s’effondrer. Récemment, lors d’une interview à BFMTV, l’ancien président Nicolas Sarkozy avait expliqué que le meilleur moyen de préserver la bonne santé de l’économie française, c’était de maintenir le Fcfa comme la seule monnaie utilisable dans les anciennes colonies en Afrique.

«La France ne peut pas permettre que ces anciennes colonies créent leur propre monnaie pour avoir le contrôle total sur leur Banque centrale. Si cela se produit, ça sera une catastrophe pour le Trésor public qui pourra entraîner la France au rang de 20ème puissance économique mondiale. Pas question de laisser les colonies françaises d’Afrique avoir leur propre monnaie», avait martelé ce néo-colonialiste qui n’a que dédain pour le Mali et l’Afrique.

En effet, c’est lui qui a créé le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) pour faire d’une pierre deux coups : priver Kadhafi d’une composante essentielle de son armée pour l’éliminer et déstabiliser le Mali dont le président ne s’est jamais soumis à son diktat. À notre avis, la plus grande erreur du président Amadou Toumani Touré, c’est d’avoir cru convaincre les mercenaires touaregs à renoncer à leur projet d’indépendance, alors que ceux-ci avaient la promesse ferme de la France pour réaliser leur rêve. Mais, au moins, ce nain politique et vassal du Qatar a le mérite de dire tout haut ce que tous les dirigeants français murmurent entre eux depuis l’indépendance de nos Etats.

Et pourtant, ce n’est un secret pour personne que «le Fcfa freine le développement de l’Afrique». «La monnaie doit être au service de la croissance et du développement. Pour cela, il faut des crédits. Or, le ratio crédit à l’économie sur PIB dans les pays de la zone franc est de 23%, quand il est de plus de 100% dans la zone euro. Si bien qu’il est quasiment impossible pour nos pays de rattraper les économies émergentes, si le Fcfa reste arrimé à l’Euro.

Ne faut-il pas envisager des régimes de change alternatifs un peu plus flexibles pour financer l’émergence ?» s’est interrogé l’économiste Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la Prospective, qui était l’invité des 15 Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (France, du 3 au 5 juillet 2016). L’opinion française se trompe donc quand elle pense que leurs autorités envoient des soldats mourir pour défendre des populations minables et, de toutes les façons, condamnées à mourir de faim ou de maladies ou en s’entre-tuant.

 

 La France est au Sahel pour ses intérêts

La France est au Mali et au Sahel pour ses intérêts militaires et économiques. Elle est au Sahel pour assurer la mainmise d’AREVA sur l’uranium du Niger, le pétrole du Sahara qui est en train de faire renaître Total dans les pays francophones… Elle a défendu le Mali contre une horde d’illuminés pour mieux occuper sa position géostratégique à Tessalit, où elle avait été chassée en 1961 par le président Modibo Kéïta  (Paix à son âme). En récession économique, la France est intervenue au Mali et au Sahel pour sauver son industrie des armes. Et aujourd’hui, celle-ci est l’une des plus florissantes d’Europe, voire de l’Occident…

L’Hexagone sert les intérêts des pays du Proche et du Moyen Orient qui sont ses acheteurs et qui, curieusement, sont aussi les principaux soutiens des réseaux terroristes qui déstabilisent les pays de la zone sahélo-saharienne.

Depuis son intervention au Mali, voire au Sahel, la France ne cesse de conforter son statut de 3ème exportateur mondial d’armements. Au niveau mondial, la France remonte sur le podium des grands pays exportateurs d’armes.

Pour 2015, elle disputait la seconde place (derrière les Etats-Unis) avec la Russie en affichant des résultats similaires autour de 16 milliards d’Euros. «L’année 2015 est historique ! La France a enregistré un montant d’exportation jamais atteint : 16 milliards d’Euros, révèle l’entourage du ministre de la Défense. Soit quasiment deux fois plus que l’année dernière (8,4 milliards d’euros), qui avait déjà battu des records», indiquait Air&Cosmos (premier site francophone d’actualité aéronautique et spatiale), dans un article publié en janvier dernier. «Les ventes d’armes françaises à l’étranger se portent bien. Alors que les exportations s’élevaient en moyenne à 7 milliards d’Euros dans la décennie précédente, les exportations ont atteint 8,2 milliards d’Euros en 2014, puis, ont bondi à… 16 milliards d’Euros l’an dernier», rappelle The Economist en mai 2016.

Et ce n’est pas seulement les seules ventes des Rafales à l’Inde ou des 12 Sous-marins à l’Australie qui justifient cette montée vertigineuse. C’est le secteur de l’emploi (le talon d’Achille de la politique économique de François Hollande) qui bénéficie, en premier, de l’impact positif de bonne santé. En effet, analysent des experts, les armements vendus étant en moyenne produits à 90% en France et les emplois étant peu «délocalisables», la création de postes est évaluée à 40 000, selon le ministère français de la Défense.

Le nombre d’emplois dans l’industrie de défense française va ainsi passer progressivement de 165 000 à plus de 200 000 d’ici 2018. Que les Français, qui le croient, se rassurent. Le Mali n’est pas et n’a jamais été un pays communiste. Cette étiquette avait été collée à nos pères de l’Indépendance pour décrédibiliser leur combat et pour justifier leur élimination, car, en fonction des attentes et des réalités africaines, ils avaient osé élaborer des politiques et programmes pour totalement s’affranchir des puissances occidentales et trouver leurs propres voies pour le développement. Ce qui commençait à leur réussir.

 

Le patriotisme noyé dans l’arène politique

Depuis les Programmes d’ajustements structurels (PAS) du FMI et de la Banque mondiale des années 80-90, notre système économique est supposé être un modèle libéral. Un libéralisme de façade permettant à des clans et des multinationales de mieux monopoliser les circuits économiques, donc d’étouffer la majorité de la population. Avec la privatisation, la France s’est positionnée dans tous les secteurs rentables du Mali. Sauf, certainement dans celui de la surexploitation de l’or, où elle n’a pas une expertise mondiale avérée. La preuve est que, depuis quelques années, elle cherche à éjecter l’État malien pour mieux contrôler la BNDA, aujourd’hui la Banque la plus rentable du Mali.

Voilà la France au Mali et en Afrique. Oui Sonia, «le Mali est un grand malade qui reçoit en permanence des injections afin qu’il ne meure pas. Et cela, uniquement pour le laisser survivre afin de continuer à l’exploiter en toute légalité grâce aux coopérants et experts militaires, aux multinationales, Ong…» !

Si ces organisations se disent indépendantes et autonomes, comme le rappelle notre activiste, elles ont quand même besoin de capitaux pour exister et œuvrer. Ainsi, les dons des particuliers (entre 20% et 30%) serviraient uniquement à leur maintien en vie. Les autres 70% seraient donc des dons privés provenant de grosses sociétés, donc des lobbies qui ont des intérêts dans les pays choisis par ces Ong.

«Qui dit rentrée d’argent, signifie contrôle de l’utilité de cet argent. Les Organisations non gouvernementales dépendent quand même de ces donateurs qui, d’une manière ou d’une autre, contrôlent leurs agissements», souligne Sonia.

Merci à tous ces amis qui osent élever la voix pour sincèrement apporter leur soutien indéfectible à ce Mali meurtri par les convoitises, les traîtrises et les trahisons. Et cela, au moment où, au lieu de contribuer à l’éveil de la conscience citoyenne du peuple, nos politiciens se battent comme des chiffonniers pour la conquête et la conservation du pouvoir. Et ils sont prêts à s’allier à tous les diables néo-colonialistes pour atteindre ce but ! Pauvre du Mali !

 Moussa BOLLY


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