aller à la navigation

VACANCES CITOYENNES AU MALI : Une noble initiative pour mettre la jeunesse à l’abri de la manipulation politique août 27 2016

Infos : , ajouter un commentaire

Amadou Koïta, Ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne !

Tandis que des jeunes manipulés et insouciants de leur propre avenir, à plus forte raison celui du pays, saccageaient le tribunal de la Commune IV de Bamako, des centaines de leurs camarades venus de la toute la République sont à l’école de la citoyenneté. Au service donc de différentes communautés dont ils partagent le quotidien pour mieux connaître ce pays et ses habitants. Et cela à l’occasion de la 7e  édition des «Vacances citoyennes» officiellement lancée le 12 août 2016 à Bandiagara (Mopti). Une caravane de citoyenneté qui va aussi poser ses camps à Bla (Ségou) et Yanfolila (Sikasso) du 12 août au 05 septembre 2016. Cette initiative tire sa pertinence du fait que l’éveil des consciences est ce qui manque le plus aujourd’hui à notre jeunesse pour avoir sa propre vision des challenges de la République.

«Rôle de la jeunesse dans la construction citoyenne» ! Tel est le thème de la 7e édition des «Vacances citoyennes» (12 août-25 septembre).

Lancée officielle à l’occasion de la Journée internationale de la Jeunesse (JIJ) par le ministre Amadou Koïta à Bandiagara, cette édition rassemble 10.000 jeunes de toutes les régions du Mali. Les campeurs vont poser leurs tantes sur 3 sites que sont  le cercle de Bandiagara (Mopti), le cercle de Bla (Ségou) et le cercle de Yanfolila dans la région de Sikasso.

Cette initiative lancée par le ministre Hamane Niang, sous le régime du président Amadou Toumani Touré, vise à éveiller chez les jeunes le sens de la responsabilité, la culture de la citoyenneté et de l’excellence, l’esprit de la paix et de la cohésion sociale. Les activités programmées sont destinées à développer en eux le goût des travaux d’intérêt collectif.

Le patriotisme chez les jeunes, la célébration de la Journée internationale de la jeunesse, le rôle de la jeunesse dans la construction citoyenne  à travers le brassage interculturel sont aussi des objectifs assignés à ces vacances citoyennes.

Le ton des activités a été donné le 12 août 2016 à Bandiagara par l’exécution de l’hymne national. Ce camp ambulant donne l’occasion aux jeunes de fabriquer des briques en ciment (5.000) au profit du foyer des jeunes de Bandiagara, d’entreprendre une vaste campagne de reboisement et de sensibilisation sur le lavage des mains au savon.

Des travaux d’assainissement, des conférences débats sur la lutte contre la maladie hémorragique à virus Ebola, le VIH/Sida… figurent parmi les activités prévues sur les 3 sites durant la période des vacances citoyennes dont les participants séjournent présentement à Bla, une ville carrefour dans la région de Ségou.

Les activités porteront aussi sur l’information et la sensibilisation des jeunes sur la construction Citoyenne,  l’accord pour la paix et la réconciliation, la lutte contre la corruption et la délinquance financière, l’éducation, la culture, l’enseignement de l’esprit patriotique chez les jeunes, la citoyenneté, la circulation et la formation sur le code de la route, la santé de la reproduction et le sport.

«Nous allons parcourir le Mali durant ces vacances citoyennes pour aller aux contacts de nos concitoyens de toutes les confessions religieuses et obédiences politiques et idéologiques. Chaque vacancier doit noter ce qu’il aura vu et entendu, car sur chaque parcelle de notre vaste pays se trouvent des enseignements à tirer des hommes, des camarades, de la faune et de la flore», a conseillé le président du Conseil national de la jeunesse du Mali (CNJ/Mali), Mohamed Salia Touré.

«Soyons conscients de tout ce qu’il nous reste encore à découvrir des riches cultures et vieilles traditions de notre pays. Partageons avec les autres des moments intenses dans le respect de leurs règles et modes de vie. Vivons et donnons aux autres l’espoir et l’envie de vivre», a-t-il ajouté.

Renouveau citoyen pour sortir de l’impasse

Pour le ministre Amadou Koïta, «Bandiagara est le condensé de l’équilibre, de la symbiose et du vivre ensemble dont le socle est la tolérance, surtout religieuse et d’opinion». Et d’après lui, «c’est  de cela que le Mali a besoin pour mettre fin définitivement à la crise pour une paix durable», dit-il.

Pour le ministre Koïta, «le renouveau du pays passera par la construction citoyenne».

Et cela est indéniable en cette période où le Mali traverse une phase critique de son histoire. Il est indispensable de préparer les jeunes à être des citoyens soucieux du bien public et conscients qu’ils doivent s’imposer une nouvelle mentalité avant d’attendre un quelconque changement des décideurs.

L’éveil des consciences est ce qui manque le plus aujourd’hui à notre jeunesse pour avoir sa propre perception des défis de la République et de leurs enjeux pour elle et l’ensemble des Maliens.

Les jeunes du Mali, comme ceux de la diaspora, doivent apprendre à voir, à analyser… donc à penser par eux-mêmes au lieu de se laisser téléguider sur le terrain de la destruction par des discours politiques démagogiques ou des tribunes animées par des camarades qui sont tout sauf indépendants d’esprit. Des objecteurs de conscience manipulés dans l’ombre.

En cette période critique de l’histoire de notre pays, aucune colère, aucun sentiment d’injustice ou de révolte ne doit nous pousser à la violence gratuite, à détruire le peu que les autorités parviennent à réaliser à la sueur du pauvre contribuable toujours sollicité et exploité.

N’oublions pas surtout que c’est l’attribution des marchés d’équipement, de réalisations de divers ouvrages… qui alimentent la corruption, la délinquance financière. Agir comme les jeunes l’ont aveuglement fait le 17 août dernier, c’est donner l’occasion au pouvoir de justifier ses carences, son incapacité à combler nos attentes.

Refusons de jouer le jeu des politiciens dont la seule aspiration est de conquérir le pouvoir pour l’utiliser à des fins inavouables. Et projetons-nous vers l’avenir en nous appropriant cette citation de Zanele Mbeki (Epouse de l’ancien président Thabo Mbeki d’Afrique du Sud, une militante anti-apartheid, féministe et femme d’affaires prospère) qui nous rappelle que «tous les matins en Afrique une antilope se lève. Elle sait qu’elle devra courir plus vite que le plus rapide des lions. Autrement, elle se fera tuer. Tous les jours en Afrique un lion se lève. Il sait qu’il devra courir plus vite que le plus lent des lions. Autrement il mourra de faim. Peu importe que vous soyez antilope ou lion Quand le soleil se lève vous feriez mieux de courir» !

Courrons donc en nous préoccupant d’abord de sortir notre pays de cette impasse politico-sécuritaire. En 2018, nous aurons toutes les cartes en main pour sanctionner ou adouber !

Moussa Bolly

CHRONIQUE DU MALI DEBOUT : Le Mali, un grand malade dont les soigneurs sucent le sang août 17 2016

Infos : , ajouter un commentaire

Ibrahim Boubacar Kéita du Mali et François Hollande de la France

 

Que fait encore la France au Mali, voire au Sahel ? Quel intérêt l’Elysée et le Quai d’Orsay ont-ils à exposer la vie des soldats français à des attaques terrorises si loin des berges de la Seine ? La réponse est évidente pour beaucoup de Français, pour qui, la vie de leurs enfants et proches est sacrifiée pour la paix au Mali. Ils sont loin d’imaginer que cette présence de l’Hexagone est plutôt déstabilisatrice pour notre pays et bénéfique à une puissance dont la vitalité politique et économique est de plus en plus remise en question.

 

Le Mali est volontairement mis sous perfusion afin de mieux l’exploiter. «Chacun attaque l’autre et tout le monde se défend en désignant un autre coupable qui, lui aussi, va se défendre et ainsi de suite. Difficile dans cette pagaille de savoir qui a raison et quel comportement adopter qui consisterait à soutenir un parti ou une cause… Au final, c’est le chacun pour soi !», commente notre amie activiste française, Sonia Duchesse, à propos du désordre politique en France et de l’attitude «incompréhensive» de son pays dans ses anciennes colonies, comme le Mali.

«Dans ce contexte, pas étonnant que l’on ne sache pratiquement rien du Mali, puisque la France se garde bien de nous informer sur ces tractations avec l’Afrique. Seuls quelques connaisseurs savent la réalité. Mais il est bien difficile pour eux de se faire entendre dans ce brouhaha qui nourrit inéluctablement les rumeurs», ajoute-t-elle. «Si tu savais le nombre de conneries que j’ai entendues ces derniers temps sur le Mali, ton pays. C’est effarant de voir que le peuple puisse être aussi manipulable. La liste serait bien trop longue et tu sais aussi bien que moi à quoi je fais référence», nous avoue-t-elle, sans aucune ironie. Il suffirait pourtant d’expliquer les différences pour que l’on puisse admettre une autre réalité. À condition, bien sûr, que le «Français moyen accepte de reconnaître ses erreurs de jugement».

Depuis la multiplication de nos échanges ainsi que la lecture d’articles d’autres médias et de certains documents, notre amie se bat ardemment pour rétablir la vérité sur la crise qui secoue le Mali depuis des années. Et à cause de cet engagement, assure-t-elle, «je me fais bien plus d’ennemis que d’amis».

Et par rapport à notre pays, souligne Sonia, «je suis stupéfaite de me rendre compte que la mentalité française n’a pas du tout évoluée. L’image est encore bien plus désastreuse que ce que je pouvais imaginer. Il est vrai que certaines de vos pratiques sont complètement à l’opposé de nos critères et qu’il est donc difficile de les accepter, mais ce n’est pas une raison pour condamner».

Elle poursuit : «Vos mesures sont en adéquation avec les contraintes de votre pays et nous oublions bien trop souvent cet aspect. On s’adapte en fonction de la situation, des conditions de notre pays. Il est donc normal qu’il y ait des différences. Je ne suis pas là pour porter un jugement sur ces divergences qui nous opposent : c’est uniquement un constat».

 Une réalité encore plus triste et très révoltante

Selon son témoignage, certains de ses interlocuteurs voient notre pays comme une ancienne colonie française qui ne possède pas de capitaux propres… Sans capitaux, le Mali ne peut donc prétendre à devenir un pays capitaliste. Dans ce cas, le «seul changement possible serait le communisme». Mais, pour S. Duchesse, «au final, peu importe le communisme, le capitalisme, puisque notre dépendance ne dépend plus de notre Etat, mais d’une économie mondiale. Toutes ces dénominations auxquelles nous attachons énormément d’importance ne sont que des façades bancales qui sont là pour consolider notre grande naïveté par rapport à ce qui se passe en réalité». Hélas !

Elle ne se trompe pas, notre amie activiste. Les ex-colonies demeurent les vaches laitières de l’Occident, notamment de la France. Pourquoi celle-ci est par exemple opposée à la révision de l’arrimage du Fcfa (Franc des colonies françaises d’Afrique) à l’Euro ? Sans doute parce qu’elle est consciente que cela entraînerait l’effondrement du Trésor français. Sans les réserves africaines, l’économie française va s’effondrer. Récemment, lors d’une interview à BFMTV, l’ancien président Nicolas Sarkozy avait expliqué que le meilleur moyen de préserver la bonne santé de l’économie française, c’était de maintenir le Fcfa comme la seule monnaie utilisable dans les anciennes colonies en Afrique.

«La France ne peut pas permettre que ces anciennes colonies créent leur propre monnaie pour avoir le contrôle total sur leur Banque centrale. Si cela se produit, ça sera une catastrophe pour le Trésor public qui pourra entraîner la France au rang de 20ème puissance économique mondiale. Pas question de laisser les colonies françaises d’Afrique avoir leur propre monnaie», avait martelé ce néo-colonialiste qui n’a que dédain pour le Mali et l’Afrique.

En effet, c’est lui qui a créé le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) pour faire d’une pierre deux coups : priver Kadhafi d’une composante essentielle de son armée pour l’éliminer et déstabiliser le Mali dont le président ne s’est jamais soumis à son diktat. À notre avis, la plus grande erreur du président Amadou Toumani Touré, c’est d’avoir cru convaincre les mercenaires touaregs à renoncer à leur projet d’indépendance, alors que ceux-ci avaient la promesse ferme de la France pour réaliser leur rêve. Mais, au moins, ce nain politique et vassal du Qatar a le mérite de dire tout haut ce que tous les dirigeants français murmurent entre eux depuis l’indépendance de nos Etats.

Et pourtant, ce n’est un secret pour personne que «le Fcfa freine le développement de l’Afrique». «La monnaie doit être au service de la croissance et du développement. Pour cela, il faut des crédits. Or, le ratio crédit à l’économie sur PIB dans les pays de la zone franc est de 23%, quand il est de plus de 100% dans la zone euro. Si bien qu’il est quasiment impossible pour nos pays de rattraper les économies émergentes, si le Fcfa reste arrimé à l’Euro.

Ne faut-il pas envisager des régimes de change alternatifs un peu plus flexibles pour financer l’émergence ?» s’est interrogé l’économiste Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la Prospective, qui était l’invité des 15 Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (France, du 3 au 5 juillet 2016). L’opinion française se trompe donc quand elle pense que leurs autorités envoient des soldats mourir pour défendre des populations minables et, de toutes les façons, condamnées à mourir de faim ou de maladies ou en s’entre-tuant.

 

 La France est au Sahel pour ses intérêts

La France est au Mali et au Sahel pour ses intérêts militaires et économiques. Elle est au Sahel pour assurer la mainmise d’AREVA sur l’uranium du Niger, le pétrole du Sahara qui est en train de faire renaître Total dans les pays francophones… Elle a défendu le Mali contre une horde d’illuminés pour mieux occuper sa position géostratégique à Tessalit, où elle avait été chassée en 1961 par le président Modibo Kéïta  (Paix à son âme). En récession économique, la France est intervenue au Mali et au Sahel pour sauver son industrie des armes. Et aujourd’hui, celle-ci est l’une des plus florissantes d’Europe, voire de l’Occident…

L’Hexagone sert les intérêts des pays du Proche et du Moyen Orient qui sont ses acheteurs et qui, curieusement, sont aussi les principaux soutiens des réseaux terroristes qui déstabilisent les pays de la zone sahélo-saharienne.

Depuis son intervention au Mali, voire au Sahel, la France ne cesse de conforter son statut de 3ème exportateur mondial d’armements. Au niveau mondial, la France remonte sur le podium des grands pays exportateurs d’armes.

Pour 2015, elle disputait la seconde place (derrière les Etats-Unis) avec la Russie en affichant des résultats similaires autour de 16 milliards d’Euros. «L’année 2015 est historique ! La France a enregistré un montant d’exportation jamais atteint : 16 milliards d’Euros, révèle l’entourage du ministre de la Défense. Soit quasiment deux fois plus que l’année dernière (8,4 milliards d’euros), qui avait déjà battu des records», indiquait Air&Cosmos (premier site francophone d’actualité aéronautique et spatiale), dans un article publié en janvier dernier. «Les ventes d’armes françaises à l’étranger se portent bien. Alors que les exportations s’élevaient en moyenne à 7 milliards d’Euros dans la décennie précédente, les exportations ont atteint 8,2 milliards d’Euros en 2014, puis, ont bondi à… 16 milliards d’Euros l’an dernier», rappelle The Economist en mai 2016.

Et ce n’est pas seulement les seules ventes des Rafales à l’Inde ou des 12 Sous-marins à l’Australie qui justifient cette montée vertigineuse. C’est le secteur de l’emploi (le talon d’Achille de la politique économique de François Hollande) qui bénéficie, en premier, de l’impact positif de bonne santé. En effet, analysent des experts, les armements vendus étant en moyenne produits à 90% en France et les emplois étant peu «délocalisables», la création de postes est évaluée à 40 000, selon le ministère français de la Défense.

Le nombre d’emplois dans l’industrie de défense française va ainsi passer progressivement de 165 000 à plus de 200 000 d’ici 2018. Que les Français, qui le croient, se rassurent. Le Mali n’est pas et n’a jamais été un pays communiste. Cette étiquette avait été collée à nos pères de l’Indépendance pour décrédibiliser leur combat et pour justifier leur élimination, car, en fonction des attentes et des réalités africaines, ils avaient osé élaborer des politiques et programmes pour totalement s’affranchir des puissances occidentales et trouver leurs propres voies pour le développement. Ce qui commençait à leur réussir.

 

Le patriotisme noyé dans l’arène politique

Depuis les Programmes d’ajustements structurels (PAS) du FMI et de la Banque mondiale des années 80-90, notre système économique est supposé être un modèle libéral. Un libéralisme de façade permettant à des clans et des multinationales de mieux monopoliser les circuits économiques, donc d’étouffer la majorité de la population. Avec la privatisation, la France s’est positionnée dans tous les secteurs rentables du Mali. Sauf, certainement dans celui de la surexploitation de l’or, où elle n’a pas une expertise mondiale avérée. La preuve est que, depuis quelques années, elle cherche à éjecter l’État malien pour mieux contrôler la BNDA, aujourd’hui la Banque la plus rentable du Mali.

Voilà la France au Mali et en Afrique. Oui Sonia, «le Mali est un grand malade qui reçoit en permanence des injections afin qu’il ne meure pas. Et cela, uniquement pour le laisser survivre afin de continuer à l’exploiter en toute légalité grâce aux coopérants et experts militaires, aux multinationales, Ong…» !

Si ces organisations se disent indépendantes et autonomes, comme le rappelle notre activiste, elles ont quand même besoin de capitaux pour exister et œuvrer. Ainsi, les dons des particuliers (entre 20% et 30%) serviraient uniquement à leur maintien en vie. Les autres 70% seraient donc des dons privés provenant de grosses sociétés, donc des lobbies qui ont des intérêts dans les pays choisis par ces Ong.

«Qui dit rentrée d’argent, signifie contrôle de l’utilité de cet argent. Les Organisations non gouvernementales dépendent quand même de ces donateurs qui, d’une manière ou d’une autre, contrôlent leurs agissements», souligne Sonia.

Merci à tous ces amis qui osent élever la voix pour sincèrement apporter leur soutien indéfectible à ce Mali meurtri par les convoitises, les traîtrises et les trahisons. Et cela, au moment où, au lieu de contribuer à l’éveil de la conscience citoyenne du peuple, nos politiciens se battent comme des chiffonniers pour la conquête et la conservation du pouvoir. Et ils sont prêts à s’allier à tous les diables néo-colonialistes pour atteindre ce but ! Pauvre du Mali !

 Moussa BOLLY

TOUR DE LASSA : La vérité en panne de références août 17 2016

Infos : , ajouter un commentaire

Mme Sacko Aminata Kane

L’habitude est une seconde nature ! Ainsi, malgré une fine pluie et l’humidité ambiante, nous n’avons pas pu nous empêcher de grimper sur les hauteurs de Lassa pour prendre possession de notre Tour de réflexion aussi convoitée par une végétation luxuriante.

Nous y sommes restés longtemps débout pour admirer la Cité des Trois Caïmans (Bamako) sous la brume hivernale avec des nuages qui se chevauchaient et semblaient se pourchasser sous diverses formes. Force doit rester à la nature. Elle doit aussi rester à la loi car, de là- haut, difficile de ne pas voir des artères principales de la capitale, notamment l’Avenue Cheick Zayed  et celles de l’ACI 2000, redevenues subitement larges.

Il nous semblait ce jour que même si l’horizon est sombre pour beaucoup, il y a moins de fumée sur Bamako, donc moins de pollution parce que moins d’embouteillages sur les voies de la circulation urbaine libérées de leurs occupants encombrants.

La pilule est amère, donc difficile à avaler pour des gens qui voient leurs sources de revenus menacées. Mais, pour la bonne cause, c’est-à-dire la salubrité d’une ville où tout le monde est commerçant dans l’informel, c’est un sacrifice à consentir. Un mal nécessaire face à un statut flou (informel) qui permet de «grandir dans l’ombre», surtout d’échapper au fisc en soudoyant les agents de la mairie et des impôts. Comment d’ailleurs imposer quelqu’un qui n’a pas une comptabilité ?

Perdu dans nos idées pour pouvoir mieux aider la brave et courageuse gouverneur Sacko Aminata Kane dite «Commissaire Ami Kane» (la Tata est aujourd’hui Contrôleur Général de Police) ou la terreur des délinquants sexuels et d’autres prédateurs dont les enfants constituent le fonds de commerce, nous ne pouvons nous empêcher de ruminer le discours de combat prononcé par la Première Dame. C’était le 1er août 2016 à l’occasion de la célébration de la Panafricaine des Femmes.

«Nous devons nous adapter aux règles de la ville et cesser que nos villes ne soient des villes-villages», avait martelé la Tata Kéita Aminata Maïga. Décidément, les «Aminata» sont déterminées à  offrir à Bamako un lifting total.

Au moins, les mauvaises langues ne pourront pas reprocher à «Tanti Ami» Maïga d’avoir attendu la prochaine arrivée du plus Hollandais des Français (François Hollande) pour se lancer dans l’assainissement et la protection de l’environnement. C’est la raison d’être de son ONG Agir depuis plus de deux décennies.

«Nous en avons la capacité, une capacité qui ne demande pas de financement», a assené Mme Kéita Aminata Maïga pour davantage interpeler les citadins que nous voulons être sans nous départir de nos comportements de Villageois qui crachent ou jettent les peaux de banane ou des épis de maïs voire les sachets d’eau ou les bidons de boisson par les «fenêtres» des Sotrama dans la circulation. Hé sikéyi ! Et pourtant, nous voulons tous que Bamako puisse se moderniser pour ne plus être ce «Gros Village» où nous aimons plus recevoir nos hôtes.

«C’est notre comportement quotidien, des petits gestes pour éviter de produire beaucoup de déchets, des petits gestes pour jeter mieux les déchets qui rendront notre environnement sain. C’est une question de volonté. C’est vrai que les habitudes sont têtues mais quand on veut on peut», nous rappelle Aminata Maïga Kéita.

Au lieu de s’en offusquer et de la condamner ou pousser les victimes à la révolte, nous devons encourager cette prise de conscience des autorités qui veulent enfin agir pour permettre au Mali de trouver un nouveau souffle. Et Bamako, la capitale du Mali, doit être le symbole de cette belle image que nous voulons donner de ce «Mali nouveau».

Même si certains objecteurs de conscience s’offusquent qu’on ait attendu le sommet Afrique-France de 2017 pour faire le ménage au niveau de la vitrine du pays, il faut aussi souvent des prétextes pour ouvrir des grands chantiers.

Ce sommet nous offre une occasion à ne pas manquer car synonyme de nouvelles structures qui ne peuvent qu’améliorer la vie des Bamakois, donc des Maliens. L’organisation de grands événements est partout une opportunité de lancer des grands chantiers de modernisation urbaine, de développement national. Ce fut par exemple le cas de la CAN «Mali 2002». Et cela n’est pas propre au Mali seulement, mais à toutes les nations du monde. Le développement, la modernisation est une question de prétexte, d’opportunité.

Surtout que ce n’est même pas vrai ces allégations mensongères car cette opération de déguerpissement a été décidée à plusieurs reprises et pendant des années, avant d’être chaque fois reportée sous la pression des commerçants.

 

La mauvaise foi noie les bonnes initiatives

Aujourd’hui, la résolution de la crise que nous traversons, l’assainissement de nos cadres de vie et de travail… nécessitent, comme l’a dit la Première Dame, «une sensibilisation communautaire opérée par des personnes qui sont des exemples dans leurs comportements quotidiens».

Le vrai défi est aussi à ce niveau : Trouver des références pour sensibiliser et guider les communautés vers l’adoption des comportements nouveaux !

Hypocrisie, égoïsme et mauvaise foi caractérisent le Malien d’aujourd’hui ! La vérité n’est plus une valeur sociétale car sacrifiée par tous ceux qui devaient en faire une pierre angulaire de leur leadership.

Le leader religieux a peur de dire la vérité aux fidèles de crainte de se retrouver isolé dans sa chapelle, donc privé de la manne financière des ceux qui croient naïvement qu’il a la clef du paradis !

Les dirigeants politiques sont connus pour leur  démagogie et leur discours cousu de mensonges pour se faire passer pour des anges aux yeux de la nation. Les dirigeants mentent pour se maintenir au pouvoir.

Même dans nos familles, les chefs n’osent pas tenir le même langage de vérité à tous leurs enfants pour ne pas frustrer ceux qui font bouillir la marmite. Le mensonge, la démagogie et l’hypocrisie sont devenus des abris confortables pour ceux qui sont supposés être nos leaders d’opinion, nos guides moraux et spirituels.

«Au Mali, la mauvaise foi est une tasse de thé que nous sirotons volontiers», rappelaient tristement un brillant confrère connu pour son franc-parler. Les déguerpis affirment qu’ils n’ont jamais été avertis.

«Incroyable ! Cela me rappelle le cas de l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire). Tous les acteurs avaient été impliqués (syndicats, partenaires sociaux…). Au moment de l’application, les gens se sont débinés… Même les députés qui ont voté la loi, n’étaient pas au courant, d’autant qu’ils ont demandé à une équipe de la CANAM d’aller les former sur l’AMO…», se rappelle-t-il.

Et notre confrère de conclure, «si les commerçants disent qu’ils n’ont pas été informés, moi je n’en crois pas un mot. Bamako doit être propre. L’anarchie qui y règne doit prendre fin. Et immédiatement» !

«Les hommes certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité…», peut-on lire dans la sourate Al-Asr ou «Le temps» (103e Sourate révélée avant l’Hégire. Il y a 3 versets dans ce chapitre) du Saint Coran.

Ces charlatans, faux Dévots enrubannés qui incitent depuis quelques jours les citoyens à s’opposer à l’ordre public et poussent les forces de sécurité à désobéir à leur hiérarchie savent pertinemment ce qui est écrit dans ce Livre Sacré par rapport au respect de l’autorité hiérarchique voire à l’importance de la salubrité dans la religion.

Tout comme ces politiciens en quête de pouvoir, mais en manque de popularité qui poussent la foule dans la rue pour pousser le régime à réprimer et en récolter les dividendes en termes de mécontentement.

Des hypocrites convaincus de la pertinence de cette mesure appliquée par Mme Sacko Aminata Kane, mais qui s’y opposent pour paraître plus proches des préoccupations du peuple.

La déflation, les ajustements structurels, les privatisations… ont mis plus de gens en chômage que le déguerpissement des occupants de nos artères et trottoirs. Et qui a piloté l’essentiel de ces programmes ? A-t-il démissionné pour protester contre cette politique qui a ruiné des vies entières, brisé des foyers, perverti notre système éducatif et déshumanisé notre politique sanitaire ?

Curieusement, c’est le même qui s’érige aujourd’hui en donneur de leçons parce que tout simplement il a misé sur l’échec d’un rival politique et est disposé à lui glisser des peaux de banane pour précipiter sa chute.

Nous l’avons dit et nous le redisons, personne ne peut aimer le Mali et souhaiter aujourd’hui que le régime actuel échoue sur toute la ligne car les conséquences de cet échec sont périlleuses pour la nation, pour notre patrie.

Les signes sont déjà visibles parce que la sécurité est loin d’être maîtrisée, la défense est en balbutiement et l’économie continue toujours à ne profiter qu’à des clans qui détiennent les monopoles.

Si nous aimons réellement notre pays, acceptons de bon gré les sacrifices indispensables au changement !

Moussa Bolly

LIBERATION DES VOIES PUBLIQUES : Une opération douloureuse, mais nécessaire août 10 2016

Infos : , ajouter un commentaire

LIBERATION DES VOIES PUBLIQUES : Une opération douloureuse, mais nécessaire

 

C’était trop beau pour être vrai ! L’opération de libération des voies publiques lancée par le gouvernorat du District de Bamako il y a quelques jours, s’était déroulée sans heurts jusqu’à ce samedi 30 juillet 2016. Certains commerçants (???) ont tenté de violemment s’opposer à la démolition de leurs kiosques installés sur la servitude des artères et flirtant souvent avec la chaussée, donc exposant les piétons à des risques d’accidents car privés de trottoirs. Mais, quelle que soit la pression et les réactions politiciennes démagogiques, les autorités ne doivent pas reculer !

 

Cette opération d’utilité publique avait suscité colère et grincements de dents ici et là. Mais, la récupération politique du mécontentement aidant, la situation à dégénéré le week-end dernier quand le très sensible Dibidani a été touché. Un marché où règne pourtant un désordre total avec des étals à même la chaussée.

Ce marché ne saurait donc être un éternel no man’s land au cœur de notre capitale dont nous nous plaignons tous de l’insalubrité en indexant les municipalités et le gouvernement. Et ces commerçants ne sont pas plus Maliens que les autres victimes de cette opération.

Renoncer à cette action de salubrité serait un très mauvais signal en ce moment où l’autorité de l’Etat doit s’assumer dans toute sa rigueur et en toute responsabilité. Il est temps donc de restaurer cette autorité dans la légalité, la légitimité, l’égalité et la justice. Force doit maintenant rester à la loi en République du Mali si nous voulons réellement tirer les leçons de la crise que le pays traverse depuis des années. Tout changement a un prix à payer. Et ce n’est pas forcément les autres qui assument la note, mais tout le monde. On ne va pas au paradis sans mourir.

Il faut que ce pays avance maintenant. Et cela n’est possible que par des mesures courageuses, donc impopulaires. Aujourd’hui, tous les leaders d’opinions doivent soutenir la brave Aminata Kane Sacko qui a enfin osé agir après des mois de négociation et de médiation stérile.

Le gouvernement doit lui laisser les coudées franches en ne cédant plus au populisme et à la démagogie politicienne dont les animateurs ont déjà pris les médias d’assaut pour s’insurger en défenseurs des citoyens alors qu’ils sont conscients de l’utilité publique de la mesure.

Toutefois, à notre avis, l’opération aurait dû être menée de façon progressive d’autant plus qu’il n’y a plus d’espaces dans nos quartiers à plus forte raison d’équipements marchands pour accueillir les déguerpis, donc de minimiser l’impact socio-économique d’une telle mesure.

Et les magasins disponibles coûtaient déjà chers sans la surenchère des besoins nouveaux créés par cette opération.

Victimes de leur entêtement à braver l’autorité ou naïfs, ces acteurs de l’informel ne peuvent pas être abandonnés à leur sort sous peine de créer de nouveaux chômeurs, priver des familles de revenus vitaux, donc plonger des familles dans la misère et des jeunes dans la délinquance voire le banditisme. Le plus urgent était de désengorger le centre ville et libérer les servitudes directes des principales artères dans les différentes communes.

Il s’agit notamment des installations directement implantées sur les trottoirs ou à cheval sur les trottoirs et les caniveaux empêchant tous les travaux de curage. Ceux qui sont séparés des artères par les caniveaux ou des collecteurs pouvaient être momentanément tolérés. Ne serait-ce que le temps de trouver des solutions de recasement des premiers déguerpis.

Des solutions que le gouvernement devait contraindre les mairies à trouver urgemment car ce sont les maires les vrais coupables de cette situation.

En effet, rares sont ces commerçants qui ont occupé ces places sans une autorisation, même temporaire, des maires. Leurs taxes municipales représentent des bouffées d’oxygène pour ces municipalités incapables de créer des ressources propres en dehors de la spéculation foncière et de ce genre de taxes dont le montant est le plus souvent fixé à la tête du commerçant. Les autres payant souvent pour leurs maîtresses ou leurs familles.

Dans leur cupidité, des maires ont tout vendu, des espaces verts aux cimetières en passant par les places réservées aux marchés, au culte, aux loisirs… Dans beaucoup de quartiers, les jeunes ont dû se battre pour protéger des terrains de sports. Où sont ces maires aujourd’hui ? Qu’envisagent-ils aujourd’hui pour soulager ces citoyens privés de leurs sources de revenus ?

Et dans tout cela, espérons qu’il y ait une vraie politique d’urbanisme derrière cette opération de salubrité publique ?

Le comble serait de chasser les gens de leurs commerces pour que ces espaces deviennent des dépotoirs d’ordures ou des nids de vagabonds dans un univers déjà troublé par l’insécurité.

La nature à horreur du vide ! Nous espérons que les autorités du District et le gouvernement le savent !

Moussa Bolly

 

CHRONIQUE DU MALI DEBOUT : Libérer les mentalités du complexe colonial pour émerger août 10 2016

Infos : , ajouter un commentaire

Modibo Kéita, le premier Président du Mali IndépendantCHRONIQUE DU MALI DEBOUT : Libérer les mentalités du complexe colonial pour émerger

À l’étranger, nos interlocuteurs sont toujours surpris et fascinés quand nous leur exposons les potentialités du Mali. Ils ne peuvent alors s’empêcher de nous poser des questions comme : Comment un pays qui a tant d’atouts hydro-agricoles peut être encore dépendant de l’extérieur pour se nourrir ? Comment un pays peut accuser un si important gap dans son développement avec toutes ces potentialités ? C’est pourtant facile à expliquer : le pays manque de dirigeants débarrassés de l’aliénation mentale et qui ont une réelle vision de développement du pays.

«Avec tant d’atouts, je suis simplement effarée par la lenteur de la mise en place d’un renouveau socio-économique et politique au Mali» ! Le constat est d’une amie activiste française, Sonia Duchesse.

«J’ai un peu étudié la carte du Mali et tellement de ressources naturelles non exploitées, que je n’arrive pas à comprendre ce manque d’initiative qui contribuerait à la richesse du Mali… Le Nord du Mali (la partie désertique proche du Centre) est pratiquement inhabité et sert de refuge aux rebelles, alors qu’il pourrait être exploité comme de nouvelles terres agricoles grâce au fleuve Niger et ses confluents ou affluents… Le Mali peut être le grenier du Sahel», ajoute-t-elle en progressant dans son analyse de situation.

«Vous êtes l’un des premiers producteurs de coton et vous produisez également une importante quantité de céréales. Mais, curieusement, vous n’arrivez pas à en vivre… Vous savez produire de la nourriture en grande quantité et vous n’arrivez pas à en tirer des bénéfices : pourquoi ? Il va falloir m’expliquer, mon cher Moussa», nous interpelle-telle.

Comme le note si bien Sonia, il y a un besoin urgent d’infrastructures de base dans le domaine de l’énergie, de l’industrie, de l’eau, des transports… Mais  ce ne sont ni les gens compétents, ni les potentialités qui manquent pour faire avancer le pays. Encore, faudrait-il qu’ils aient l’opportunité de se mettre réellement en évidence sur les chantiers de développement du pays.

En réalité, le Mali a tout pour réussir, pour émerger sur la voie du développement. Mais, depuis le coup d’État du 19 novembre 1968, le pays est en crise de «visionnaires». On vient au pouvoir ou on occupe des postes de responsabilité pour manger et s’enrichir. Peu importe si le pays, le service ou l’entreprise est ruiné après.

D’indéniables atouts d’une émergence socio-économique

Notre pays a longtemps été le grenier de l’Afrique occidentale. Avant que les sécheresses des années 70 et 80 ne viennent anéantir une production tributaire des aléas climatiques. Malheureusement, la sécheresse ne fut pas seulement climatique. Elle a aussi affecté les mentalités, entraînant une aliénation mentale et un complexe culturel et politique des élites dirigeantes incapables de se soustraire du diktat des néo-colonialistes.

Depuis la rupture du 19 novembre 1968, nos dirigeants jouent aux sapeurs-pompiers pour conquérir et se maintenir au pouvoir, au lieu de mettre en œuvre des politiques structurelles cumulant infrastructures, énergie,… industrie. Même s’il est difficile de juger de leur bonne foi dans les ambitions politiques déclarées, force est de reconnaître que nos dirigeants manquent de vision claire pour les concrétiser.

Comme le rappelait récemment un document de Mediapart, il fut un temps où l’Etat malien, bien que pauvre en cadres et en ressources, «fonctionnait avec efficacité et se montrait capable de décisions témoignant d’une parfaite indépendance par rapport à l’ancienne puissance coloniale».

Ainsi, dès l’indépendance en 1960, le Mali s’était doté d’un plan de développement économique, avec l’ambition d’une rapide «décolonisation économique». Une volonté qui s’était traduite par des politiques agraires, industrielles, éducatives, sanitaires… pertinentes et  réalistes.

Depuis la fin de la 1ère République, nos dirigeants ne réfléchissent plus par eux-mêmes. Ce sont les Bailleurs de fonds appelés aujourd’hui Partenaires techniques et financiers (PTF) qui nous imposent des modèles macro-économiques, élaborent nos schémas de développement, nos systèmes éducatifs et sanitaires.

Et naturellement, dans le sens de leurs intérêts et jamais, dans celui des intérêts du peuple malien. Et ce n’est pas avec la classe politique actuelle qu’il faut rêver de la fin de ce complexe, voire de cette aliénation mentale. Montrez-nous aujourd’hui un seul leader politique malien qui n’est pas convaincu que son destin politique est par exemple lié à la volonté de la France ?

Pour revenir aux légitimes et pertinentes interrogations de notre amie Sonia Duchesse, il est clair que l’absence d’un système de commercialisation crédible rend la production moins compétitive, car contrôlée par des monopoles qui ont plus d’intérêts dans les importations que les produits du pays.

Supprimer les intermédiaires pour assurer la sécurité alimentaire

Nous ne cesserons de rappeler aux dirigeants de ce pays que la sécurité et la souveraineté alimentaires ne seront une réalité au Mali tant que la production agricole ne profitera qu’aux opérateurs économiques, aux dépens des producteurs et des consommateurs. Il faut un système, comme les coopératives pour supprimer les intermédiaires entre paysans et consommateurs.

En effet, la production et la consommation sont essentielles pour la performance d’une «machine économique». Ce qui est produit, confirme Sonia Duchesse, devrait rapporter des ressources aux travailleurs en leur offrant ainsi les moyens non seulement de consommer eux-mêmes, mais également de réinvestir pour développer leur travail, leur commerce et l’agriculture.

«Plus l’on va consommer, plus on va produire pour répondre à la demande, donc avoir une activité économique qui, en même temps, offre des emplois», rappelle l’activiste française. Ainsi, reconnaissent des économistes, «tous les acteurs qui se placent entre le producteur et le consommateur ne servent à rien. Sauf bien sûr, à se servir, au passage, une belle rémunération… Un fonds perdu puisqu’il ne permet pas la création ou l’amélioration d’une petite exploitation».

D’autre part, il faudrait investir dans des réserves (silos, de vraies banques de céréales) afin d’entreposer les céréales pour pouvoir les stocker et donc, ne plus dépendre des intervenants extérieurs, comme les voraces opérateurs économiques quand le manque se fait sentir.

«Si vous nourrissez à chaque passage les loups pour pouvoir vendre votre travail et, en plus, tenir compte des pertes dues aux changements climatiques… il est évident que cet échange est voué à l’échec puisqu’il ne permet aucune croissance du développement», ironise Sonia.

Pour que nos énormes potentialités et atouts soient réellement le moteur de l’émergence socio-économique de notre pays, il faudra innover pour propulser cette économie confisquée par des monopoles. Une innovation qui passe également par le changement de comportements.

Pour émerger, il est grand temps que le Mali bouge, que les mentalités se libèrent du complexe colonial, et que les comportements changent pour traduire le patriotisme en attitudes positives de développement. Il faut donc un sursaut, une prise de conscience individuelle et collective !

 Moussa BOLLY


Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 76 articles | blog Gratuit | Abus?