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PROCESSUS DE STABILISATION DU MALI : La France bloque le verrou de la paix pour légitimer sa présence au nord juillet 31 2016

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PROCESSUS DE STABILISATION DU MALI : La France bloque le verrou de la paix pour légitimer sa présence au nord

De sources concordantes et crédibles, les affrontements à Kidal (21 et 22 juillet 2016) avaient tourné en faveur de GATIA qui aurait totalement repris le contrôle de cette ville si des forces étrangères n’en avaient pas décidé autrement. En effet, privé de munitions et de renforts, ce mouvement affilié à la Plateforme des groupes armés du nord du Mali a été contraint de battre en retraite. Pourquoi la France et sa Minusma s’opposent-t-elles donc à une issue inexorable pour régler définitivement le cas de Kidal, c’est-à-dire la solution armée ?

 

C’est au moins la 3e fois que les forces françaises empêchent la Plateforme de régler pour de bon la question de Kidal. En 2014, Didier Dakouo et El Hadj AG Gamou s’étaient retrouvés à la porte de cette ville à la suite d’une opération éclaire. Mais, les forces armées maliennes avaient été sommées de ne pas poursuivre leurs missions de reconquête de la souveraineté territoriale du Mali.

Pis, Koulouba avait été sommé de rappeler les deux valeureux Officiers à Bamako pour les éloigner du théâtre des opérations. Il y a un an, la Plateforme républicaine avait pris position à Anéfis après avoir chassé la CMA de Ménaka et de cette localité. Et la prise de Kidal n’était qu’une question d’heure.

Sentant leurs alliés aux abois, la Minusma et la France ainsi que la présidence malienne ont exercé une pression énorme, allant jusqu’à menacer d’engager des actions militaires contre les éléments de la Plateforme, pour quitter cette position stratégique aussitôt occupée par les groupes de la CMA.

L’opération Serval a pris fin aux portes de Kidal car, pour l’Elysée et le Quai d’Orsay, elle visait à anéantir la menace terroriste alors que la situation de la capitale de l’Adrar des Ifoghas serait une cuisine interne.

Il s’en est suivie la pression politique et diplomatique pour que Bamako puisse engager les négociations avec les Mouvements armés sous l’égide de l’Algérie, chef de file de la supposée médiation internationale.

Cette fois, moins d’une journée de combat avait permis au Général Gamou et ses hommes de prendre tous les points stratégiques de Kidal au MNLA, au HCUA et surtout à Ançar Dine. Et une fois de plus, la France s’en est mêlée empêchant ce groupe de recevoir des renforts et des munitions le contraignant ainsi à se replier faute de munitions et de médicaments pour soigner les blessés.

 

Les ambigüités de la présence malienne au nord du Mali

«Grâce aux forces étrangères la CMA contrôle la ville de Kidal», confesse une source militaire occidentale à Bamako. Pourquoi la France, qui se veut neutre face à la situation à Kidal (comme une prostituée qui se dit vierge), prend-t-elle toujours position en faveur des Ifoghas aux dépens des Imghads ? Pourquoi s’oppose-t-elle chaque fois à la résolution définitive de la «question de Kidal» ?

Et cela nous amène encore à poser cette éternelle question : Que fait la France au nord du Mali ? Est-ce réellement pour lutter contre le terrorisme au Mali et au Sahel ? Il faut être aveugle comme IBK et son gouvernement pour croire en cela. Depuis le début du processus (paix et réconciliation) d’Alger, nous n’avons cessé de rappeler que Kidal est aujourd’hui le verrou qu’il faut sauter pour parvenir à la paix dans notre pays. C’est le fief du terrorisme qui demeure la principale menace à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix.

Et la clef, pour sauter ce verrou, c’est indéniablement le Général Gamou qui, en plus d’être un Officier des Forces Armées maliennes, a la légitimité de se battre pour sa présence dans cette région et sa capitale. Les experts qui sont objectifs dans leurs analyses savent pertinemment que sans la présence militaire malienne dans l’Adrar des Ifoghas, il est utopique  de vouloir contrôler les mouvements des réseaux terroristes et de les anéantir.

Il est également clair que la vraie motivation de la France à maintenir Kidal comme un no man’s land au sein de la République du Mali est contradictoire à sa volonté de combattre le terrorisme.  En tout cas, si cette volonté était sincère, elle n’allait pas tenter de livrer GATIA aux ennemis de la paix et de la République.

Iyad Ag Ghali, l’une des plus grandes menaces aujourd’hui aux intérêts de la France en Afrique subsaharienne, est en fait l’instigateur de ce conflit permanent entre Ifoghas et Imghads à cause de la haine viscérale à El Hadj Ag Gamou.

Mais, nous savons que l’une des raisons de cette haine est que Gamou est resté fidèle et loyal à la République du Mali. Et cela malgré les intimidations et les tentatives de récupération, notamment de la France et d’AQMI. Il est l’un des rares intégrés de sa génération (avec le Colonel-major Takini Ag Intikane) à ne s’être pas retourné contre sa patrie.

 

HCUA, le Cheval de Troie à la solde d’Iyad et Bilal Ag Chérif

Après près de trois ans de déni, la France reconnaissait enfin en juin dernier le «double jeu» du HCUA avec les jihadistes d’Ançar Dine. Et des sources proches du ministre français de la Défense soulignaient que si cela devait être «toléré trop longtemps, la recherche de solutions sera compliquée».

Et, curieusement, la même France s’oppose à un groupe dont le seul tort est de vouloir  s’opposer à ce double-jeu. Les jeudi et vendredi derniers (21 et 22 juillet 2016), GATIA était surtout face aux combattants de HCUA qui, en réalité, sont les mêmes que ceux d’Ançar Dine. Et les forces françaises sont intervenues en leur faveur.

Le HCUA a récusé l’accusation de la France qui était presque la seule à n’avoir pas  compris que ce groupe n’est qu’un visage trompeur, un Cheval de Troie, d’Ançar Dine. La majorité des combattants du HCUA sont issus de la supposée dissidence d’Ançar dine.

Le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) est un mouvement politique et militaire créé le 2 mai 2013 par Mohamed Ag Intalla sous le nom de Haut conseil de l’Azawad (HCA) avant d’être rebaptisé le 19 mai. Ce dernier va rapidement bénéficier du soutien de son père, l’Amenokal Intalla Ag Attaher, chef coutumier des touareg Ifoghas qui quitte le MNLA pour rejoindre le HCUA.

Son frère, Alghabass Ag Intalla annonce le 19 mai 2013 la dissolution du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) au profit du HCUA. C’était le jour où le Haut Conseil de l’Azawad s’était réuni à Kidal pour désigner l’Amenokal Intalla Ag Attaher à sa présidence. Son fils, Mohamed Ag Intalla, en est élu secrétaire-général. Le même jour, le HCA a changé de nom pour devenir le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA).

Le 2 juin 2013, ce mouvement et le MNLA ont signé un accord pour adopter une position commune lors des négociations qui ont abouti à l’Accord de Ouagadougou (Burkina) ayant permis l’organisation des élections présidentielles et législatives au Mali. Cela parce que la France avait besoin de légitimer sa présence dans le nord de notre pays. Il fallait sortir de la transition pour doter l’Etat un pouvoir légitime.

Le 2 juin 2013, ce mouvement et le MNLA ont signé un accord pour adopter une position commune lors des négociations qui ont abouti à l’Accord de Ouagadougou (Burkina) ayant permis l’organisation des élections présidentielles et législatives.

Et c’est par la suite qu’Alghabass Ag Intalla devient secrétaire-général du HCUA et prend la tête d’une délégation de 30 personnes du MNLA, MAA et HCUA lors des négociations d’Alger ayant abouti à l’Accord pour la paix et la réconciliation signé par les protagonistes le 20 mai et le 15 juin 2015 à Bamako. L’essentiel des forces du HCUA est constitué de «transfuges» d’Ançar Dine. C’est pourquoi il représente l’essentiel de la composante militaire de la CMA.

Supposée combattre le terrorisme, donc Iyad Ag Ghali et acolytes, la France préfère curieusement neutraliser le groupe qui doit être son allié le plus sûr pour atteindre ce but. Il apparaît donc clairement que l’éradication de la menace terroriste n’est pas la vraie motivation de la présence française dans le nord du Mali.

 

Carton Jaune à IBK, boycott économique de la France

Et là où le bât blesse davantage, c’est quand le régime d’Ibrahim Boubacar Kéita suit son « ami » Hollande dans son dessein d’éliminer le Général Gamou pour faire plaisir à ses adversaires Ifoghas.

Les révélations à la presse et sur les réseaux sociaux de Fahad Ag Almamoud, secrétaire général du GATIA (suite à la reprise des hostilités le 21 juillet 2016 entre son groupe et le HCUA), n’étaient qu’un secret de polichinelle depuis la visite de Bilal Ag Achérif (secrétaire général du MNLA)  à Bamako. C’était à l’occasion du premier anniversaire de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Pour la circonstance, Koulouba lui a étalé le tapis rouge et le président de la Commission Défense de l’Assemblée nationale (aussi le vrai ministre de la Défense) était fier de se montrer à ses côtés.

GATIA est devenu subitement trop gênant à Kidal depuis cette visite de Bilal Ag Achérif. «IBK a donné plusieurs garanties à Bilal quand il est venu à Bamako. Premièrement, la nomination de Mohamed Ag Erlaf comme Premier ministre en janvier 2017», explique les responsables politiques de GATIA.

C’est ainsi que la tête d’El hadj Ag Gamou est mise à prix. Et Ladji Bourama aurait promis à Bilal de confier la gestion de toute la zone de Kidal à la CMA et d’offrir des passeports diplomatiques à ses responsables.

En échange de quoi ? C’est la question que nous sommes tentés de nous poser. En tout cas, on se rappelle que lors des élections législatives maliennes de 2013, deux membres influents du HCUA ont été élus députés sous la bannière du Rassemblement pour le Mali (RPM) d’IBK. Il s’agit de Mohamed Ag Intalla (élu à Tin-Essako avec 100 % des voix) et Hamada Ag Bibi (élu à Abeïbara avec 96,69 % des voix), ancien porte-parole d’Ançar Dine ensuite rallié au MIA pour sauver sa tête. Ceci peut justifier cela !

Mais, dans tous les cas de figure, IBK et ses nouveaux alliés doivent comprendre que leur marge de manœuvre est très limitée car ce valeureux Officier n’est pas friand des honneurs et des faveurs.

C’est un homme de devoir prêt à se sacrifier pour sa communauté. Il est de ceux qui sont déterminés à sauver ce Mali blessé et meurtri, même au risque de leur vie.

Ne serait-ce que pour se réconforter de l’ingratitude des dirigeants actuels du pays. La nation doit se mobiliser pour soutenir le Général Gamou qui est sur la voie de la légalité, de la légitimité, du patriotisme, de la fidélité et de la loyauté à la République laïque du Mali.

Nous pensons qu’il est temps que le peuple malien exhibe un carton jaune au pouvoir et envoie à la France et à tous ses alliés pour la déstabilisation du Mali un message patriotique fort leur faisant comprendre qu’ils peuvent posséder ceux qui les dirigent, mais jamais les Maliens. Et aujourd’hui, pensons-nous, l’arme la plus efficace est celle du boycott économique

Dan FodioDes éléments de Barkhane

TOUR DE LASSA : s’inspirer du Rwanda pour que le navire ne sombre pas dans la tempête juillet 27 2016

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TOUR DE LASSA : s’inspirer du Rwanda pour que le navire ne sombre pas dans la tempête

 

Notre séjour au Rwanda (12-19 juillet 2016), le «Pays des Mille Collines et Mille Sourires», nous a donné la nostalgie de notre «Tour de Lassa». Le besoin de repos et de réflexion sur l’expérience vécue à Kigali nous y pousse plus tôt que prévu. La nature a horreur du vide, dit-on. La broussaille a profité de notre longue absence (Ramadan et voyage) pour occuper son territoire naturel. À peine installé, les idées se bousculent dans notre tête, comme si elles attendaient ce moment de retraite pour souvent nous retrouver en face de nous-mêmes. Ce jour, la question qui taraude surtout nos méninges est la suivante : le Mali n’a-t-il pas intérêt à s’inspirer du Rwanda qui s’est brillamment remis sur pied (économiquement), vingt-deux ans après le génocide qui a failli le faire disparaître de la carte du monde ?

 

Le Rwanda est un roseau des Milles Collines qui a plié sans se briser face à cette douloureuse expérience ! Un phœnix qui a su renaître des centres de cette tragédie pour panser ses blessures, dans le doute, la méfiance, puis la confiance et l’unité. Comme le Mali aujourd’hui, le Rwanda était un pays en proie à la division et à la méfiance, après cette tragédie savamment orchestrée de l’extérieur.

Un pays dans la tourmente et l’incertitude totale comme le Mali de nos jours. Mais, 22 ans après, le Rwanda est une vitrine africaine en matière de progrès socio-économiques. Dans ce pays, la paix et la réconciliation nationale furent avant tout une question d’orgueil, d’honneur et de sursaut national. De nos jours, le sentiment d’identité nationale est plus fort et plus marqué que les considérations ethniques. Assurer la sécurité des civils et promouvoir la réconciliation nationale ont été des priorités absolues pour le pouvoir post-génocide.

 

S’affranchir de la tutelle absolue de la communauté internationale

 

Pour s’affranchir de la tutelle de la communauté internationale, l’inefficace et la très pesante Mission des Nations-Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR, août 1993-mars 1996) a été renvoyée pour prouver que les Rwandais n’avaient pas besoin d’intermédiaire pour se parler, pour dialoguer et se comprendre sur ce qui les unit : l’appartenance à un prestigieux passé précolonial commun !

En Afrique, voire dans le «Tiers monde», les Organisations non gouvernementales (ONG) internationales sont des pyromanes qui entretiennent les clivages sociaux, ethniques, religieux et alimentent les crises et les conflits pour justifier leur présence et bénéficier des mannes financières des lobbies qui se cachent derrière leur fausse solidarité. Le Rwanda en a pris conscience très tôt.

C’est ainsi que, en décembre 1995, le régime en place a pris une mesure courageuse et audacieuse obligeant la majorité d’entre elles à plier bagage ou à se conformer strictement aux besoins essentiels des populations sans aucune ingérence dans la gouvernance nationale. De nos jours, les rares ONG sur place sont pilotées par des Rwandais. Et contrairement à ce qu’elles pensaient, le pays ne s’est pas effondré. Au contraire, il leur a démontré qu’il n’avait pas besoin de leur soutien pour se reconstruire psychologiquement, moralement, socialement et économiquement.

 

Compter sur ses propres forces pour se réconcilier et se reconstruire

 

Après le génocide de 1994, l’Opération Turquoise (France) et le vaste déploiement des forces des Nations-Unies, le pays des Mille Collines a compris qu’il devait compter sur ses propres forces pour mieux se réconcilier et se reconstruite. En renvoyant la Force de maintien de paix et les ONG, les autorités ont appris aux Rwandais à se donner la main pour faire de la synergie nationale un atout de développement pour tourner la page du génocide.

Un vrai défi pour le Front patriotique Rwandais (FPR), alors dirigé par Pasteur Bizimungu, qui a pris les commandes du pays le 19 juillet 1994, avant d’être contraint à la démission le 23 mars 2000. La politique d’unité et de réconciliation nationale a constitué l’axe central de la stratégie de reconstruction mise en place après le génocide de 1994. Elle est aussi le fondement du pouvoir d’Etat dans le Rwanda post-génocide, car elle structure les échanges des Rwandais entre eux et avec l’État. L’idée de justice a été centrale dans le processus de réconciliation nationale.

 

Dès le départ, il a été clair qu’il n’y aurait pas d’impunité pour les planificateurs et les auteurs, car l’impunité a été considérée comme l’une des causes du génocide de 1994. Et la pierre angulaire de ce système reposait sur les juridictions populaires, appelées Gacaca, et traditionnellement dévolues au contentieux de droit civil. Un système original privilégié par les autorités afin de désengorger les prisons.

Mis en place dès 2001, il a permis de juger la majeure partie des exécutants du génocide, ainsi que des cas de pillage. Ce système, basé sur la recherche de la vérité et du pardon, a été rendu possible par l’instauration de libérations conditionnées au passage aux aveux, ayant abouti à 50 000 libérations en 2003 et 2005. Après leur libération, les prisonniers se trouvaient pris en charge au sein des camps Ingando, des camps de solidarité destinés à favoriser leur réintégration dans le «nouveau Rwanda». Une forme de camp civique.

 

L’autorité de l’Etat sacrifiée par manque de vision politique

 

C’est un ensemble de mécanismes qui «visent à promouvoir l’unité entre Tutsis et Hutus, en créant un Rwanda pour tous les Rwandais» qui aurait dû inspirer Ibrahim Boubacar Kéïta après son plébiscite. Surtout que, comme le Rwanda, le Mali est aussi un pays enclavé dont de nombreux voisins n’ont aucun intérêt dans sa stabilité.

La comparaison s’arrête sans doute à ce niveau parce qu’il faut une vraie et courageuse autorité de l’Etat pour réaliser les prouesses réussies par les Rwandais en 22 ans. Fragilisée par la non-maîtrise des principes démocratiques de gouvernance, l’autorité de l’Etat ne cesse de s’effriter depuis la crise qui maintient notre pays au bord du chaos depuis janvier 2012.

Conscients qu’il fallait un homme à poigne pour redresser le navire et traverser cette tempête qui fait toujours dangereusement tanguer leur pays, les Maliens ont voté massivement pour Ibrahim Boubacar Kéïta. Sans doute en souvenir de la fermeté et de la poigne affichée pendant ses années passées à la Primature (4 février 1994-février 2000).

Hélas, à Koulouba, l’homme s’est révélé un colosse aux pieds d’argile, un «lion» encagé par la France de François Hollande pour garantir ses intérêts au Mali et dans le Sahel. Aujourd’hui, sa fermeté n’est que de façade, puisqu’elle ne se traduit jamais par des actes concrets allant dans le sens de l’espérance de ses compatriotes.

Ce qui fait que notre pays est devenu maintenant l’otage de la communauté internationale et des criminels qui sont à la base de sa déstabilisation, notamment la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma).

 Notre président se comporte en vraie marionnette entre les mains de la France et des irrédentistes touaregs et arabes. La situation actuelle à Kidal en est l’une des nombreuses conséquences qui font de la paix, de la réconciliation nationale et de la reconstruction, un mirage dans un Sahara rebelle.

La faiblesse d’IBK le pousse à toujours se ruer dans les bras de la France et des criminels de la Cma, comme un enfant en mal de réconfort. Ce qui l’amène le plus souvent à trahir ses plus fidèles serviteurs, comme le Général El Hadj Ag Gamou, l’un des rares intégrés de sa génération à être resté fidèle et viscéralement attaché à la République.

 

La France opposée au règlement du cas Kidal

 

Ainsi, plusieurs fois, les Généraux Didier Dakouo (Chef d’état-major général des forces armées depuis quelques semaines) et Gamou, sur injonction de la France, ont été empêchés de donner l’assaut final à Kidal à la suite de l’Opération Serval lancée en 2013 contre les islamistes. N’empêche que Gamou y est entré sous le drapeau du Gatia pour ne pas mouiller l’Etat malien.

Et aujourd’hui, les responsables de la Cma mettent la pression sur le président de la République pour non seulement avoir la Primature, mais aussi et surtout éloigner du pays tous nos Officiers valeureux dont la présence est une menace constante à leurs ambitions autonomistes.

 Les révélations de Fahad Ag Almamoud, secrétaire général du Gatia, suite à la reprise des hostilités (le 21 juillet 2016) entre son groupe et le Hcua (une composante de la Cma), étaient un secret de polichinelle depuis la visite de Bilal Ag Achérif (Secrétaire général du Mnla). Ce criminel était à Bamako à l’occasion du premier anniversaire de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Mais, au lieu de la chaise électrique méritée pour ses crimes, Koulouba lui a déroulé le tapis rouge. «Depuis la visite de Bilal Ag Achérif à Bamako, le comportement de la Cma a subitement changé vis-à-vis du Gatia à Kidal… Elle est devenue arrogante et n’hésite pas à dire à qui veut l’entendre qu’IBK lui a donné suffisamment de moyens financiers et qu’elle n’a plus peur de qui que ce soit… Elle ne veut plus respecter aucun accord avec nous», a déploré le responsable du groupe membre de la Plateforme.

 

Des garanties qui sacrifient Gamou et la stabilité du Mali

 

«IBK a donné plusieurs garanties à Bilal quand il est venu à Bamako. Premièrement, la nomination de Mohamed Ag Erlaf comme Premier ministre en janvier 2017… Il a promis à Bilal de confier la gestion de toute la zone de Kidal à la Cma et d’offrir des passeports diplomatiques aux responsables de la Cma», ajoute Almamoud. Selon cette déclaration à la presse, le chef de l’Etat aurait également promis à ce bandit de grand chemin de faire partir Gamou de la ville de Kidal en le nommant quelque part comme Ambassadeur. Sans oublier un pactole évalué entre 500 à 700 millions de Fcfa, selon des sources diplomatiques. C’est ainsi que la tête d’El Hadj Ag Gamou est mise à prix.

 Malheureusement pour IBK et ses nouveaux alliés, ce valeureux Officier n’est pas friand des honneurs et des délices du pouvoir. C’est un homme de devoir prêt à se sacrifier pour la Nation, mais aussi pour sa communauté. Ne serait-ce que pour se réconforter de l’ingratitude des dirigeants actuels du pays. À ce rythme, la paix et la stabilité du Mali sont plus que jamais hypothéquées par la faiblesse du régime face aux ennemis de la République. Dans un pays qui est à vau-l’eau comme le nôtre, personne n’a le droit de se murer dans l’indifférence pour attendre le chaos. Agissons maintenant, avant qu’il ne soit trop tard !

Hamady TAMBA

 LES PRESIDENTS KEITA ET KAGAME

INTIME CONVICTION : «Fêter la démocratie» dans une galère innommable juillet 27 2016

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Monument des Martyrs

 

Le talon d’Achille du président Ibrahim Boubacar Kéïta est que, dans la turbulence des scandales auxquels son régime semble s’accommoder et s’abonner désormais, il n’est pas solidement et efficacement soutenu ni par son parti (Rassemblement pour le Mali-RPM), ni par la Mouvance présidentielle. Une donne que le Bureau politique national (BPN) du RPM veut changer en profitant de l’erreur judiciaire du Biprem. Et ils n’ont trouvé mieux que de sillonner les communes de Bamako pour tirer sur «le corbillard», pardon, charger cette pauvre association en promettant d’organiser une «Fête de la démocratie» le 26 mars 2016 en l’honneur de leur Champion dans l’arène politique.

 

«Nous sommes au pouvoir et nous l’assumons» ! La déclaration est de Nancouma Kéïta, secrétaire politique du RPM sur les ondes de la Radio nationale du Mali dans le journal de la matinée du 14 mars 2016. Des propos recueillis par les confrères lors de la tournée d’information du Bureau politique national du parti des «Tisserands» pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte à la première institution de la République : le président de la République !

Pour la première fois au Mali, le président en exercice a été visé par une plainte déposée le mardi 1er mars par le Bloc d’intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali (Biprem) auprès de la Haute cour de justice (Hci) du Mali. Cette association accuse le chef de l’Etat du Mali de «haute trahison et gestion scandaleuse de l’argent public». Une plainte d’ailleurs jugée irrecevable par cette institution judiciaire pour plusieurs raisons, dont la qualité du requérant.

N’empêche que le parti présidentiel est déterminé à abattre le Biprem pour, sans doute, dissuader d’autres «aigris» de s’attaquer à l’image de son champion dans l’arène politique. C’est ainsi que le bureau politique a sillonné la semaine dernière des communes de Bamako pour dénoncer cette plainte, défendre l’image et l’honneur du chef de l’Etat en lui assurant surtout qu’il peut (enfin) désormais compter sur sa famille politique, pour ne plus être impunément traîné dans la boue.

Si la démarche est normale, nous ne pensons pas que les idées prônées soient toujours comprises des Maliens. Comme celle d’organiser une «Fête de la démocratie» en l’honneur d’Ibrahim Boubacar Keïta. Une reconnaissance à l’égard d’un président qui incarnerait les valeurs pour lesquelles les Maliens ont accepté le sacrifice suprême pendant les années de l’implacable dictature. Un combat qui a connu son couronnement politique le 26 mars 1991 avec la chute du général Moussa Traoré et l’avènement de la démocratie.

Evitons de banaliser le sacrifice des martyrs de la démocratie

Le 26 mars est un héritage voire un patrimoine commun aux Maliens. Chacun est libre de célébrer cette date, comme il l’entend. Mais, dans le respect strict de l’esprit du combat héroïque du peuple et du sacrifice de nos martyrs. Mais, vu la situation actuelle du Mali qui n’est pas totalement à l’abri du chaos frôlé en 2012, est-il bien réfléchi de vouloir organiser une «Fête de la démocratie» pour célébrer quoi ou qui que ce soit ?

En tout cas, notre intime conviction est que «fêter» est l’un des mots que les Maliens doivent bannir aujourd’hui de leur vocabulaire. Et cela, parce que le Malien lambda vit dans une galère et dans une misère qui ont aujourd’hui dépassé les limites de l’imaginable.

Ce n’est donc pas le moment de réjouissance, surtout que c’est un secret de polichinelle, que ce sont les deniers publics qui servent toujours à financer de telles actions. Tout comme cette initiative n’arrange pas l’image d’un président qui a déjà du mal à se départir de celle de «bourgeois» ou d’un «bon vivant» que lui reproche une grande partie de ses compatriotes.

Pour l’image du pays, nous ne pouvons pas tolérer que notre président vive comme un mendiant. Mais ce n’est pas pour autant que le peuple doit fermer les yeux sur son goût effréné pour le luxe et l’opulence. C’est dire que cette idée de «Fêter la démocratie» ne rend nullement service au président de la République, qui semble montrer les limites de sa capacité à gérer ce pays, comme l’espéraient les 77,6 % des Maliens qui avaient misé sur lui en 2013. Nous faisons malheureusement partie du lot.

C’est d’une autre forme de soutien dont il a besoin de nos jours pour soigner son image, en corrigeant ses erreurs. Et ce n’est que dans la réflexion et la consultation que cela est possible. Le 26 mars est une date symbolique qui aurait dû être mise à profit, par exemple par le RPM et ses alliés politiques, pour organiser une large concertation nationale permettant d’ouvrir le débat sur la gouvernance actuelle du Mali.

Qu’est-ce qui a été fait ? Qu’est-ce qui n’a pas été fait et qu’est-ce qui était programmé ? Qu’est-ce qui a marché ? Que faut-il poser aujourd’hui comme actes et réaliser comme actions pour qu’IBK puisse boucler son mandat en apothéose ? Autant de questions auxquelles cette concertation aurait pu apporter des réponses appropriées.

On n’abandonne pas son champion dans la difficulté. Mais on ne lui rend pas service non plus en le soutenant dans ses erreurs. Organiser une «Fête de la démocratie» en l’honneur d’un chef de l’Etat en lui attribuant des valeurs qu’il a cessé d’incarner depuis longtemps aux yeux de l’opinion nationale, c’est faire fi de la réalité et banaliser le sacrifice de nos martyrs.

A part ses familles sociale et politique, très peu de gens sont aujourd’hui satisfaits de l’exercice du pouvoir par le locataire actuel de Koulouba, ou disons, de Sébénincoro.

Décadence des valeurs de la démocratie

Le mécontentement est tel que les valeurs que lui reconnaissent ses partisans peuvent paraître comme de la pure démagogie aux yeux de l’opinion.

La décadence des valeurs démocratiques

Il est vrai que les valeurs (démocratie, justice, égalité de chance, probité morale et rigueur dans la gestion des affaires publiques, culte du travail bien fait et de l’excellente…) pour lesquelles nos martyrs ont sacrifié leur vie, n’ont cessé de s’effriter avec les différents régimes «démocratiques» que nous avons connus de 1992 à nos jours. Mais leur décadence semble atteindre aujourd’hui le paroxysme depuis deux ans.

Ce n’est pas l’ignorance du Biprem en matière de l’organisation institutionnelle du pays qui blanchit le président de la République. Les motifs évoqués dans la plainte de cette organisation sont malheureusement réels.

«Je ne suis pas associé à cette plainte ni à sa conception, mais je pense que les citoyens s’interrogent aujourd’hui sur la problématique de gestion du pays. Exiger la transparence et la rigueur des autorités élues, c’est une démarche qu’il faut soutenir», avait défendu Dr. Oumar Mariko du parti Sadi sur une radio internationale.

Ce qui est le comble de désillusion pour ceux qui l’ont plébiscité en se fiant à sa détermination à bâtir un nouveau Mali, plus vertueux, plus prospère, plus uni. «Je ne crois pas avoir échoué», s’était défendu le président de la République dans un entretien publié dans un magazine panafricain en décembre 2015.

Mais il n’a pas non plus réussi (pas encore) à redonner aux Maliens cette confiance et cet espoir perdus depuis des décennies. Pis, ceux-ci semblent de plus en plus désespérés de le voir s’embourber chaque jour davantage dans des considérations partisanes et politiciennes. Toute chose à l’abri de laquelle ses compatriotes l’avaient placé en votant massivement en sa faveur, sans distinction de chapelles politiques.

En bientôt trois de mandat, difficile de retenir de sa Présidence autre chose que les scandales liés à l’affaire de l’achat de matériels militaires, à l’affaire de l’avion présidentiel, à l’affaire Tomi, à l’affaire des mille tracteurs, au feuilleton des engrais frelatés…

En agissant pas concrètement, le président prête le flanc aux critiques de son opposition et de l’opinion.

Il est vrai qu’il avait décrété 2014 l’année de lutte contre la corruption et que plus de 200 dossiers ont été déposés devant les tribunaux. Mais, pour quel résultat ? Dans le contexte actuel vouloir gaspiller des fonds publics pour plaisir au Président de la République peut paraître comme une tentative de narguer le peuple, de détourner le combat du Mouvement démocratique de ses vrais objectifs…

Le RPM ne rend pas donc service IBK, mais l’expose davantage aux feux nourris de la critique. A moins que ce ne soit à dessein pour lui ôter toute ambition de penser à briguer un second mandat !

Kader TOE

INTIME CONVICTION : Quand le mythe s’effondre à l’épreuve de l’exercice du pouvoir au haut niveau ! juillet 20 2016

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Le Président Ibrahim Boubacar KéitaLe 14 juillet 2016, dans le Journal télévisé de 20h, le président Ibrahim Boubacar Kéita s’est adressé à la nation malienne suite aux manifestations des populations de Gao, particulièrement des jeunes. Un mouvement de protestation réprimé dans le sang le 12 juillet 2016 avec un bilan provisoire de 3 (selon le gouvernement) à 4 morts (sources indépendantes) et 35 blessés.

Dans cette adresse qualifiée de  «laconique» par certains compatriotes, IBK a tenté de minimiser les manifestations de Gao en déclarant que «la mise en place des autorités intérimaires a été victime d’interprétations erronées» ! À son analyse, la révolte de la jeunesse de Gao est «une illustration manifeste d’une méconnaissance des aspects féconds du contenu de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Ils nous commandent d’œuvrer encore davantage pour sa meilleure compréhension et son appropriation par l’ensemble des couches de notre peuple».

Il est vrai que la récupération politicienne a fait déborder la protestation de son contexte politique. Mais, force est aussi de reconnaître que si le président de la République est convaincu de ce qu’il dit, il est passé à côté d’une opportunité historique de faire taire la polémique sur les Autorités intermédiaires qui divisent tant. Ce message à la nation, visiblement improvisé, lui donnait l’occasion d’expliquer clairement aux Maliens cette disposition de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Mais, en notre forintérieur, nous savons que Ladji Bourama n’est pas lui-même convaincu du message qu’il voulait porter. Notre intime conviction est que le pouvoir est en train d’être rattrapé par les concessions faites aux groupes rebelles dont les controversés leaders lui ont imposé leur volonté avec le soutien de la communauté dite internationale.

À notre avis, le problème ne se situe pas au niveau de la compréhension de l’Accord de paix, mais du rejet de certaines dispositions insensées comme les autorités intérimaires. Le gouverneur de région, le Directeur régional de la police et le Commandant de la gendarmerie ne sont que des boucs émissaires dans cette crise. Celui qui devait réellement démissionner, c’est le ministre de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, Mohamed Ag Erlaf. Celui-ci s’est battu bec et ongle pour faire passer cette loi au conseil des ministres et au Parlement. Il a presque balayé d’un revers de la main les nombreuses craintes exprimées par la classe politique, notamment les élus du septentrion, la société civile et les médias. Tout comme l’Assemblée nationale doit être dissoute, car ayant voté cette loi malgré les mises en garde de toutes parts. Même si c’est une disposition de l’Accord, le processus a été précipité. Alors que, comme le dit si bien un compatriote sur les réseaux sociaux, il aurait dû être «assez participatif» avec implication de toutes les populations du pays, de toutes les régions du pays. Et cela d’autant plus que cet accord implique toute une nation éprouvée, et non seulement les régions du nord du Mali.

L’idéal était que chaque Malien, de Kayes à Tessalit, se retrouve dans cet accord. À part Kidal, Tessalit et Ménaka, les autres régions du Mali ont l’impression d’avoir été sacrifiées sur l’autel de cette paix. Et la réalité de tous les jours est en train de leur donner raison. «Je pense qu’il sera très difficile d’assurer une acceptation et voire même une appropriation d’un texte parachuté d’Alger», déplore un bloggeur. On a mis la charrue avant les bœufs alors que l’adage nous enseigne que plus pressé que la musique, on danse mal. Le vin est tiré, il faut le boire. Boire le calice jusqu’à la lie !

Que reste du Mali ?

La révolte de Gao nous renvoie à une question que nous n’avons jamais cessé de nous poser devant la démission du pouvoir face aux rebelles et leurs alliés de la Communauté internationale : Que reste du Mali après la crise de 2012 ? Chacun a sans doute sa réponse en fonction de sa vision et de ses convictions ou de ses intérêts politiques et socio-économiques. Nous, notre conviction est que du Mali, il ne reste que sa population qui doit amèrement regretter d’avoir fait massivement confiance à un président qui, visiblement, est dépassé par la tournure des événements, par l’immensité des défis à relever. Sa «légendaire» rigueur et sa fermeté se sont finalement révélées comme des mythes qui se sont vite écroulés face à la réalité de l’exercice du pouvoir au haut sommet. C’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon compétent !

Le gouvernement nous semble inexistant et sa marge de manœuvre, par rapport à l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, est très très étroite. L’exécutif est aujourd’hui coincé entre les dispositions impopulaires (comme les Autorités intérimaires) de l’Accord et les attentes réelles des populations maliennes dans leur écrasante majorité. Est-ce qu’un président, même bon, aurait la possibilité de changer quoi que ce soit dans la situation dont IBK a hérité ? La question nous est souvent posée par le cercle de plus en plus restreint des partisans de Ladji Bourama.

Un bon président pouvait redresser le navire qui tangue dangereusement depuis janvier 2012. Un bon président dans le sens d’un vrai leader qui est convaincu qu’il doit son élection à la volonté de changement de son peuple et non à la mainmise d’une quelconque puissance coloniale ou néocolonialiste. Curieusement, depuis son élection, IBK se comporte comme si c’est la communauté internationale qui l’avait élu et non son peuple à une large majorité (77,66 %) en 2013.

Si en France, ce sont «les marchés financiers qui font la pluie et le beau temps, les alliances plus ou moins douteuses», ce sont pourtant les dirigeants de cette même France et le lobby des multinationales françaises qui décident souvent du choix des dirigeants dans les anciennes colonies. Toutefois, ni le RPM ni la France ne peuvent revendiquer le plébiscite dont Ibrahim Boubacar Kéita a bénéficié en 2013. C’est incontestablement le choix du peuple !

Pris en étau entre les «boucliers» contre le terrorisme et la communauté supposée internationale

Mais, aujourd’hui, le Mali et son président ont les mains liées par ceux qui dirigent et en même temps exploitent nos ressources, déguisés en boucliers contre le terrorisme dans le Sahel ou en «communauté internationale». Celle-là même qui a imposé au peuple malien les négociations d’Alger ayant abouti à la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le 15 mai et le 20 juin 2015. Présentement, le gouvernement (bon ou mauvais) n’est plus en mesure de sortir ce Mali qui est complètement étouffé par les acteurs de l’ombre qui continuent à se délecter de notre infortune. Bien sûr que le Mali seul ne pouvait pas et ne peut pas faire face à la menace terroriste qui est transfrontalière voire internationale. L’ex-président Amadou Toumani Touré a toujours défendu cette réalité. Mais, ces adversaires internes et les pays voisins ne l’ont jamais pris au sérieux. Malgré la présence de la Minusma et de la force française Barkhane, la plus grave menace à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, en dehors de son caractère impopulaire, est la pression des réseaux terroristes face auxquels la communauté internationale est en train de démontrer toute son impuissance. Elle est la seule à comprendre de nos jours que la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA n’a jamais voulu la paix. La preuve est que dans tous ces déclarations et communiqués de presse, il est question que des «dirigeants de l’Azawad», le «peuple de l’Azawad»… Mais, comme c’est cette même communauté internationale qui nous a imposé l’accord, elle ne sera jamais de bonne foi quoi qu’il arrive. Autant alors passer à autre chose en assumant nos responsabilités et en prenant notre destin en main ! C’est en cela que la révolte de Gao est importante à décrypter comme un appel aux Maliens à s’assumer enfin pour éviter que le navire ne chavire, parce que le capitaine ne le maîtrise plus. Les Maliens doivent pousser IBK à ouvrir les yeux et à comprendre que le meilleur allié d’un dirigeant politique est la confiance et l’estime de son peuple.

À Gao, Tombouctou, Bamako, et dans bien d’autres villes du Mali, les jeunes ont réussi leur démonstration de force. Mais le chemin de la résurrection de notre jeunesse voire de notre peuple risque d’être long et parsemé d’embuches. En effet, le pouvoir ne cesse de démontrer qu’il va utiliser les moyens qu’il faut pour que ceux qui font les critiques les plus virulentes à son égard aient leur part du gâteau et se taisent. Certaines présences dans le 5e gouvernement d’IBK et le 3e de Modibo Kéita attestent qu’il n’y a aucune conviction dans l’engagement de certains de nos camarades de lutte. N’empêche que nous devons nous battre avec plus de courage et d’ardeur pour notre patrie qui est aussi notre «destin».

Comme l’a écrit le doyen Sogoba, il revient à notre génération «de faire la gloire de ce pays», de faire de notre patrie «la plus enviée du monde». Dans une lutte, les incertitudes ne manquent pas, car, dans les rangs, ils sont nombreux ceux qui se battent surtout pour eux-mêmes. Mais le plus grand échec sera, si chacun baissait les bras en se disant que sa lutte à lui seul ne servirait à rien. Si cela devient une conviction pour chaque Malien, individuellement pris, il est clair que le contrôle de notre patrie, donc de notre destin, va nous échapper. La paix exige des sacrifices, mais pas tous les sacrifices. Surtout de façon unilatérale !

Moussa BOLLY



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