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LE REFLECTEUR : Des Martyrs sacrifiés sur l’autel de la lâcheté mars 23 2017

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LE REFLECTEUR : Des Martyrs sacrifiés sur l’autel de la lâcheté 

 

17 mars 1980-17 mars 2017 : cela fait 37 ans qu’Abdoul Karim Camara dit Cabral, secrétaire général de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM), a été arraché à sa famille, ses camarades de lutte, aux démocrates maliens. Trente-sept que nous le pleurons sans jamais avoir le droit humain de faire notre deuil.

 

La révolution est souvent comme un arbre bien enraciné dans un terreau fertile. Quand on arrache un bourgeon, un autre repousse. Ainsi, les cadets de Cabral ont repris le flambeau de la lutte pour l’émancipation du peuple onze ans après au sein de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Et cette fois, le dictateur est terrassé. Même s’il a chuté dans le sang des manifestants, giclant souvent entre des corps calcinés, des membres en lambeaux. Des vies ont été sacrifiées pour qu’une ère démocratique s’ouvre au Mali, pour que souffle le vent de la liberté et que les Maliens ne souffrent plus du déséquilibre de la balance de la justice.

Ce fut le prix à payer pour instaurer un système qui accepte que l’on vive en démocratie, que chaque Malien soit l’égal de l’autre, que nous soyons tous égaux devant la loi. La justice, l’égalité, l’intégrité, la probité devaient être des valeurs de la morale politique, son socle. Hélas ! L’espoir a duré à peine dix ans. La révolution a-t-elle échoué ? A-t-elle été détournée de ses objectifs parce qu’elle a mangé elle-même ses enfants ?

Toujours est-il que le sacrifice de Cabral et des martyrs du 26-Mars 1991 a été aussi sacrifié sur l’autel de la conquête du pouvoir dont l’appétit a ouvert des brèches dans les rangs du Mouvement démocratique. Les opportunistes s’y sont engouffrés pour perpétuer les travers que notre révolution voulait combattre. La justice et l’égalité sont devenues des leurres dans un pays où le nombre de “milliardaires de la démocratie” ne cesse d’exploser dans un océan de misère tentaculaire.

Occupés à puiser dans les caisses de l’Etat, à spolier les terres des plus pauvres, à voler l’orphelin et à violer les veuves avant de leur rendre sauces, ces pseudo-démocrates ont sacrifié toutes les valeurs socioculturelles pouvant permettre à un peuple de demeurer optimiste sur son avenir. Le Mali des valeurs se meure à petit feu !

La compétence ou le mérite ne suffit plus pour prétendre à une promotion, y compris au sein des Forces armées et de sécurité. Le droit de cuissage s’est substitué aux diplômes si on n’a pas de quoi payer pour passer à la fonction publique ou intégrer l’armée, la police, la gendarmerie…

A la douane c’est pire avec des places vendues entre 3,5 et 5 millions de F CFA. Certains vont emprunter de l’argent parce qu’assurés qu’une fois intégrés, ils peuvent rembourser en moins de six mois en s’arrangeant avec les importateurs sur le dos de l’Etat. Tant pis pour les recettes douanières pourtant vitales pour le Trésor public !

La République a vendu son âme aux rebelles, aux trafiquants d’armes et de drogues. Le pouvoir a alors vacillé semant la panique dans ses allées et dans les rangs des Forces armées et de sécurité. Dans la débandade, des aventuriers ont pris le pouvoir pour se saouler, se venger, s’enrichir et accélérer la décadence du pouvoir et mettant le pays du coup, sous la tutelle.

Et depuis, que d’humiliations pour ce pays pour lequel tant de martyrs se sont sacrifiés ! Loin de tirer les enseignements de cette descente aux enfers, le pouvoir s’enferme à Koulouba et se voile le visage en traversant la ville entre Sébénikoro et le palais afin de ne pas voir cette misère perceptible partout comme signe de son échec à restituer aux Maliens leur dignité.

Comme le dit un confrère, “le président tient encore debout, mais tout va mal”. Loin de sortir de l’impasse de la crise de 2012, le pays avance dangereusement vers le précipice. Des milliards sont régulièrement injectés dans une paix factice pour entretenir des bandits armés et des terroristes qui ont pris plaisir à faire chanter un pouvoir lâche. Un régime chancelant qui pense ainsi s’acheter une stabilité comme une prostituée s’achèterait une virginité pour effacer son passé.

Rien ne va plus  pour le Malien lambda ! “Certains citoyens arrivent à se plaindre alors que les autres restent à l’écoute des leaders religieux. Sur le plan social, ça veut exploser, trop de corruption. Peu d’autorité de l’Etat” ! Ce diagnostic, loin d’être exhaustif, est du même confrère !

Et pourtant, tout baigne pour le pouvoir et ses serviteurs zélés. Mais, il ne faut pas surtout le dénoncer au risque de prolonger les “débats de caniveaux”, d’être traités de “drogué” si vous n’êtes pas étiquetés “aigris”. Comment ne pas être aigris quand on vous prend tout, jusqu’à votre honneur et votre dignité ?

Jusque-là épargné, même si “La Maîtresse du président” l’a un moment ébranlé, la liberté d’expression n’est tolérée que du bout des lèvres. Les journalistes sont menacés avant de s’évaporer dans la nature. Ainsi, Birama Touré est porté disparu depuis le 29 janvier 2016. Il s’est volatilisé. Personne ne s’en émeut à Koulouba ou à la Cité administrative !

Que fait le peuple ? Résigné ! Comme toujours ! On se défoule sur les réseaux sociaux. Mais, quand il s’agit d’agir, chacun est très occupé pour venir protester. On a plutôt peur pour sa place. On crie dans les “grin”, mais quand le bourreau se pointe, on avale sa langue ou on range sa queue entre les jambes.

Finalement ceux qui ne sont pas intimidés, se taisent dès qu’ils ont leur part du gâteau. Difficile de leur en vouloir, car qui n’aimerait pas être arraché à cette misère, à cette galère ? Il faut vraiment avoir de solides convictions pour résister à ces propositions alléchantes et ranger sa plume ou avaler sa langue et rester aphone, sourd-muet et aveugle.

Les martyrs se sont sacrifiés pour survivre à travers les valeurs pour lesquelles ils se sont battus ! Mais, nous les avons enterrés en sacrifiant les mêmes valeurs sur l’autel de la mégalomanie, de la cupidité ou de la lâcheté ! Nous sommes si lâches que nous n’osons même plus lutter et braver ceux qui amènent notre pays vers le chaos pour espérer les ramener à la raison ou les vaincre en les mettant à la tâche. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise…

Moussa BollyMonument des Martyrs !

ART ET DANSE : Eduquer et divertir sans pervertir mars 10 2017

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Danse traditionnelle bwa au Festival sur le Niger à Ségou

C’est une lapalissade de dire que nous avons abandonné l’éducation de nos enfants à la rue, aux médias traditionnels (TV notamment) et aux réseaux sociaux. Même l’école malienne a abandonné la mission d’éducation qui lui est, entre autres, attribuée. Le langage et les comportements des adolescents et des jeunes symbolisent cet abandon. Et ce n’est pas forcément parce que nous (parents) sommes absents. Mais, nous n’avons même plus conscience de l’impact négatif de certains programmes dits de divertissement que nous regardons avec notre progéniture.

 

Une nuit, ne parvenant pas à trouver le sommeil malgré la lecture et les prières, nous avons passé une grande partie de longues heures à regarder Trace (notamment Trace/Afrique). Et cela après avoir regardé un bon film sur la mafia sur une autre chaîne. En tant que journaliste culturel, cela est souvent utile pour être en phase avec l’actualité musicale (sorties d’album, l’actu des stars, les hits).

Dans les clips des artistes africains et africains-américains, c’est le désagréable constat, la danse a beaucoup évolué, passant de la subjectivité à la perversité. C’est loin de l’art qu’elle est supposée être. Et pourtant, nos terroirs sont si riches en danses magnifiques que nous n’avons pas besoin d’envier des pas venus d’ailleurs.

Dans ces clips, ça va dans tous les sens et ça remue de partout : jambes, hanches, fesses, poitrines… On se demande souvent si certaines danseuses ont encore des os dans le corps et si leur colonne vertébrale n’est pas remplacée par un muscle plus élastique que d’ordinaire.

Au-delà des objectifs commerciaux, nous nous demandons quels peuvent être les effets collatéraux de ces danses qui franchissent allègrement les limites de l’obscénité ? Quel est leur impact sur l’activité sexuelle de ses filles et jeunes hommes, sur leur santé de la reproduction ?

Quelle moralité jouissent-ils ? Ces danseuses sont-elles, en dehors de la scène, des bombes sexuelles comme elles le suggèrent si bien dans leurs chorégraphies ?  Dans ce cas, il faut vraiment plaindre leurs copains, voire leurs époux parce qu’il faudra être un bel étalon pour les satisfaire et les garder chastes.

 

Zapper, c’est tourner le dos au fléau

Certains diront que nous n’étions ou que nous ne sommes pas obligés de regarder ces chaînes ou ces clips. Mais, à notre avis, zapper correspond à la politique de l’autruche. Ne pas voir un fléau, ne signifie pas qu’il n’existe pas. Ce n’est pas la meilleure approche. Heureusement que nous n’avons pas regardé cette chaîne en téléspectateur anodin, mais en journaliste/critique.

Mais, combien de parents peuvent-ils être amenés à regarder ces obscénités avec leurs enfants sans être conscients de leurs effets sur leurs comportements futurs ?

Pour la passion de la musique, combien de parents regardent aujourd’hui ces clips frisant souvent la pornographie avec leurs enfants sans se rendre à l’évidence de cet impact négatif ? Notre devoir c’est donc d’attirer l’attention des uns et des autres sur ce genre de déviation qui a un impact très négatif sur l’éducation de nos enfants.

Comme réagissait notre amie Sonia Duchesse, en réaction à notre post sur le sujet, “malheureusement on ne se rend pas bien compte des effets collatéraux qui sont loin d’être anodins. En acceptant, on admet et en admettant on banalise et en banalisant on autorise, on encourage, on ouvre la porte à d’autres dérives bien plus obscènes et dangereuses comme le viol, la pédophilie… En glorifiant l’étalage impudique en public (l’exhibition) on fait l’apologie du crime sexuel”.

Le hic est que ces jeunes et adolescents oublient souvent que ces clips sont des produits commerciaux, comme les emballages magnifiques destinés à attirer la clientèle avec le risque que le contenu ne soit pas à hauteur de souhait. Ils, surtout les filles avec les tenues vestimentaires et les maquillages à outrance, reproduisent les mêmes looks et les mêmes attitudes parce que pour eux cela équivaut à être branchés.

Ils ont malheureusement tendance à ne voir que les côtés négatifs de la mode. Demander aux jeunes et adolescents quels sont les côtés positifs des médias sociaux, des nouvelles technologies (Tics). Sur un échantillon de 100, estimez-vous heureux si dix en trouvent plus d’un aspect positif.

Sinon pour les autres, les téléphones et les tablettes servent surtout à mater les clips évoqués plus haut, à visionner le porno, à draguer les filles, à se régler les comptes sentimentaux dans un langage trash. Donc pas à réviser, à avoir de nouvelles connaissances sur les disciplines enseignées à l’école, à communiquer et enrichir sa culture générale par l’information, la lecture…

Les fonctions ludiques l’emportent donc largement sur le reste. Amusez-vous souvent à renvoyer les enfants aux moteurs de recherches pour trouver des réponses aux questions qu’ils vous posent souvent.

 

L’utile sacrifié pour le futile

Les bambaras disent, tulon tè sèbèsa ! Autrement dit, il faut savoir lier l’utile à l’agréable. Mais, notre génération virtuelle a sacrifié l’utile au profit de l’agréable, voire du futile.

Comme le dit l’ancienne présidente du Parlement nationale des Enfants, Mme Bernadette Mah Ippet (sur les réseaux sociaux), il ne faut pas en vouloir aux ados et jeunes de nos jours, car “de 0 à 10 ans, ils  occupent leur esprit avec des jeux qui les empêchent de développer toute base de bon sens à l’âge adulte. Aucune promotion de l’excellence. De 10 à 18 ans, ils sont impliqués uniquement dans les activités récréatives au lieu d’activités civiques et éducatives leur permettant d’avoir un esprit critique et du leadership”

Et comble de malheur, poursuit-elle, “de 18 à 30 ans, ils les utilisent comme des marionnettes pour leurs besoins d’élections et de campagnes en leur donnant des miettes qu’ils prennent en disant merci sans savoir qu’ils vendent leurs âmes au diable et aussi leur intégrité”.

Finalement, souligne Mlle Ippet, “de 30 à 45, ils les font intégrer le système, leur donnent des postes juteux pour qu’ils se taisent et les laissent bouffer tranquillement… Le système les a avalés, ils ont été contaminés et perpétuent les pratiques des aînés et détruisent le pays”.

Au Mali, si l’art trouve une place dans le cœur des enfants un jour, les artistes maliens pourront vivre de leur art”, déclaré Lassina Koné, directeur artistique de Don Sen Folo (Premier pas de danse) de Kalabancoro Kouloubiléni. Danseur, chorégraphe et chercheur. Il est aussi l’initiateur du Centr’Art Don Sen Folo (Voir Le Reflet n°573 du jeudi 16 février 2016).

Il revient à chacun de nous que l’art trouve sa place dans le cœur de nos enfants, qu’ils prennent la danse comme un tremplin de promotion culturelle, un outil d’éveil citoyen permettant de lier l’utile à l’agréable. La danse est aussi une expression, corporelle et sociopolitique, permettant de s’émanciper et d’exister. Elle doit pouvoir divertir sans pervertir.

Moussa Bolly

PAIX ET STABILITE : Rétablir la justice pour parvenir à la paix mars 3 2017

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A l’ouverture du dialogue politique de haut niveau sur la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent au Sahel (21-22 février 2017 à Bamako), le Premier ministre Modibo Kéita a effleuré un sujet important car expliquant en partie la descente aux enfers que notre pays vit depuis cinq ans : le respect de la loi et de la légalité, un principe sacré dont la violation soulève la question de l’équité face à la justice et de l’impunité, devenue le cancer de notre démocratie.

 

Existe-il une justice au Mali ? Amusez-vous à poser cette question aux Maliens toutes couches confondues ! Nous n’avons pas été en tout cas surpris puisque huit sur dix personnes interrogées répondent par la négative. “Il n’y pas de justice pour les pauvres…”, “c’est une justice à deux vitesses”, “devant nos juges, les pauvres n’ont jamais raison. Et entre pauvres, celui qui a des relations est aussi roi”… nous répondent plusieurs interlocuteurs.

Et certains vont même à lier leur boycott des urnes à cette absence de justice au Mali. “A quoi sert-il de voter pour tel ou tel puisqu’ils sont tous pareils, maires, députés, ministres, présidents des institutions… Ils sont tous corrompus et n’auront jamais à répondre de leurs crimes ou de leurs exactions”, nous indique Halima, une élégante dame, la soixantaine portée avec charme.

“Vous vous êtes une fois posé la question sur les vraies sources du chaos que le Mali traverse maintenant ?”, nous interroge-t-elle, en inversant les rôles avec malice. “Parce que la veuve est dépouillée sans vergogne. L’orphelin est déshérité sans aucun recours possible pour lui ; parce que les dirigeants confondent le bien public à leur propre patrimoine sans se soucier des conséquences économiques et sociales sur la majorité de la population condamnée à la misère…”, répond-t-elle face à notre silence.

Une analyse pertinente qui rejoint aussi de nombreux prêches. Mais, qu’on soit croyant ou non, la soif de justice est incontestablement l’un des besoins communs des Maliens de toutes les régions, du Nord au sud, d’Est en ouest.

Contrairement aux premières informations véhiculées par exemple sur les émeutes contres les débits de boissons de Tombouctou samedi dernier (25 février 2017), ce “vandalisme” n’a rien à avoir avec une montée de l’extrémisme religieux. C’est juste la conséquence de l’inaction, voire l’indifférence des autorités administratives face à la violation d’une loi : la réglementation de la vente d’alcool.

En effet, selon des notabilités et des sources sécuritaires, les jeunes ont protesté contre la vente d’“alcools forts” dans des sachets et à des prix dérisoires. Et dans ce cas, les clients ciblés sont des enfants et adolescents. Ayant alerté les autorités compétentes en vain, la jeunesse a décidé “d’assainir” la ville.  Voilà Monsieur le Premier ministre où conduit la violation de la loi cautionnée par les autorités censées la faire respecter.

 

L’absence de justice ravive les conflits fonciers et communautaires

La vindicte populaire appliquée aux voleurs, les conflits communautaires et fonciers, l’extrémisme violent, voire en partie la rébellion au nord du pays ont souvent une origine commune : l’injustice, la frustration, le déni de justice.

L’impunité est aujourd’hui une plaie de notre nation, un cancer de notre démocratie depuis l’avènement de laquelle la balance de notre justice semble en panne. Au même titre que la corruption qu’elle a accentuée. La balance, symbole de la justice, ne penche que d’un seul côté : le pouvoir et son clan, les riches, les bras longs dans l’administration, les forces armées et de sécurité et surtout dans l’appareil judiciaire du pays.

Une défection dont l’Etat même récolte les pots cassés à cause de la complicité entre magistrats et avocats. Combien de procès l’Etat malien a gagné ces deux dernières décennies contre les délinquants financiers, les spéculateurs fonciers… ? Bien au contraire, c’est toujours lui qui est condamné à payer ironiquement des dommages et intérêts que les juges et les avocats (des deux parties) se partagent le plus souvent.

La crise malienne est avant tout une révolte contre l’injustice. Le centre est en train de s’embraser parce que personne n’a plus confiance en la justice pour trancher les litiges. Comme ces éleveurs qui ont longtemps croupi en prison.

“Nous avions interpellé un voleur avec nos bœufs. Nous l’avons remis à la gendarmerie et porté plainte pour vol de bétail. Quelques mois après, nous avons surpris la même personne en train de voler nos bœufs pour aller les vendre. Sérieusement bastonné, il a porté plainte contre nous”, nous a confié récemment un interlocuteur dans la région de Ségou.

Et d’ajouter : “Nous avons été arrêtés et nous avons passé près d’un an en prison sans jugement. Il a fallu que nos familles viennent payer une importante somme d’argent pour que nous puissions sortir. Et c’est ce voleur qui nous menace régulièrement de nous en envoyer en prison si nous osons l’interpeller sur le vol de bétail dans la zone. Mais nous savons désormais ce que nous devons le faire la prochaine fois que nous allons le prendre la main dans le sac”.

Sans justice, peut-on rétablir l’Etat de droit ? Sans justice, peut-on espérer mettre fin à la corruption qui enrouille d’ailleurs l’appareil judiciaire du pays ? Si l’on accorde l’impunité à ceux qui sont impliqués dans les détournements, les crimes d’hier, qu’est-ce qui les empêcherait de commettre d’autres actes de violence non seulement politiques, mais aussi économiques (extorsion et détournement de fonds) qui minent la stabilité et le développement économique de  notre pays ?

 

Le déni de justice entraîne la résignation ou la révolte

Face au constat de ne jamais obtenir justice ici bas, quelle peut être l’attitude de cette majorité brimée et frustrée ? La résignation ou la révolte pour se faire justice.

“Dans toutes les sociétés où règne l’impunité, on cherche par tous les moyens à provoquer l’amnésie collective. Il est important, par conséquent, de comprendre pourquoi impunité et musellement de la mémoire vont de pair et quelles conséquences cela implique-il pour la société”, souligne Jean-Marie Fardeau, directeur France de Human Rights Watch. C’était dans une chronique dans la presse française intitulée, “les conséquences de l’impunité sur la société : Le point de vue d’un Uruguayen ordinaire”.

Pour lui, “le véritable jugement est toujours moral et inscrit au patrimoine des peuples et de l’Histoire. Mais il suppose que les mécanismes de l’impunité aient été démontés et que le désastre social et économique ait été évalué…”

Et aussi, écrit-il, “une société incapable de prouver que l’impunité n’a pas de droit de cité en son sein est prête à accomplir une sorte de suicide social. Les tortionnaires qui déambulent librement dans la rue sont confortés dans leur conviction que l’acte terroriste, accompli dans le cadre de l’Etat, est plus efficace que n’importe quel autre”.

Ce que nos autorités ne comprennent pas souvent, c’est qu’en perpétuant l’impunité, l’Etat empêche également une véritable réconciliation nationale. Il prive la société de tous les moyens de renforcer l’état de droit, c’est-à-dire les institutions démocratiques.

La réconciliation repose sur le pardon. Comment pardonner à quelqu’un qui n’a pas été jugé ? Pardonner à quelqu’un si on ne connaît pas son identité et encore moins à la place d’un autre ou au nom d’un tiers ?

“Celui qui pardonne s’efforce de rompre le cycle sinistre dans lequel s’abîme toute communication humaine : il tente d’établir une nouvelle relation, en se basant sur la conviction que son bourreau peut se transformer véritablement. Cet acte ne peut donc être abstrait”, défendait un sociologue.

 

Rupture avec l’article 6 de la Convention des droits de l’homme et du citoyen

Comme dans un article récemment lu sur le site de Mediapart, “un gouvernement démocratique qui abdique face à l’impunité lègue à ses citoyens un avenir de corruption et de profonde immoralité, vidant de tout son sens les notions même de démocratie et de paix”.

Malheureusement, il y a longtemps que le Mali a rompu avec l’article 6 de la Convention des droits de l’Homme et du citoyen qui stipule, “la loi doit être la même pour tous”. Une réalité qui a plongé la République dans un coma artificiel enflammant les conséquences de la rébellion de janvier 2012.

Rares sont les responsables et les cadres des secteurs névralgiques du pays (politique, justice, administrations, organismes et professionnels de santé publique, caisses de recouvrement, grandes entreprises) qui ne profitent pas de ce “désespoir généralisé” pour s’enrichir au détriment des populations aux abois.

Ce désespoir accroit la pauvreté et le désœuvrement faisant des adolescents et des jeunes des proies faciles pour les recruteurs des organisations criminelles comme les réseaux mafieux (migration clandestine, terrorisme, drogues, armes…)

Quand on n’attend plus rien de la vie et des dirigeants de son pays, comment ne pas être sensibles à un discours (même mensonger) qui vous procure une triple satisfaction : une rémunération financière conséquente, une rémunération spirituelle (paradis) et surtout se venger de ce qui vous avait relégué au ban de la société.

Comme on peut le constater le Premier ministre Modibo Kéita a effleuré une question d’importance capitale pour la résolution de la crise que le Mali traverse. Elle est d’autant importante qu’elle doit nous amener à comprendre que l’Accord signé en mai et juin accouchera difficilement d’une réconciliation définitive pour une paix durable parce qu’il est axé sur le déni de justice, accentuant les frustrations.

Comme le rappelait tristement Fatoumata Harber (professeur à l’IFM Hégire de Tombouctou, activiste et secrétaire générale de la communauté des blogueurs du Mali) dans une récente interview dans l’hebdomadaire “Le Reporter” : “Comment pourrions-nous accepter que ceux qui ont détruit nos vies prennent le pouvoir ? Nous n’accepterons jamais cela… Je considère que c’est un hold-up démocratique que je refuse. Ces gens sans compétence ont pris les armes pour obtenir le pouvoir”.

Un état d’âme qui est celui de la majorité des populations du septentrion où on est en train d’imposer des autorités supposées intérimaires sous la direction de gens aux mains rouges du sang des innocents comme Hassan Fagaga à Kidal.

 

Justice et équité pour une paix pérenne

Monsieur le Premier ministre, ce que les Maliens attendent le plus de vous aujourd’hui, c’est l’application du principe d’équité : que la justice soit respectée, que la loi soit appliquée et qu’elle reste la même pour tous.

C’est la condition sine qua non de la juste répartition des richesses du pays, pour que cesse la corruption, un fléau qui est essentiellement responsable du chaos dans lequel se trouve notre République saignée par des supposés “pays amis”. Un pays qui dispose pourtant de tous les atouts pour se relever dignement de cette période sombre dont nos “amis” ne souhaitent que la prolongation pour mieux le piller.

Rétablissez la justice et il vous sera facile de réconcilier les Maliens, et donc de parvenir à la paix et à la stabilité !

Moussa BollyLe Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux

LE POINT : Pour que triomphe la justice mars 3 2017

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Il y a 9 ans, une jeune scolaire est enlevée en plein cours à Ségou. Un mois durant, elle a été violée avant d’être jetée dans un puits. Les assassins sont connus, mais le dossier est plombé à la justice de Ségou depuis. Pour quelle raison ? Vous devinez certainement ! Depuis 2008, la pauvre famille attend que justice soit faite pour enfin faire le deuil de sa fille.

 

Justice à Awa Baba Traoré dite Gafouré ne serait-ce que pour permettre à ses parents, à ses frères et sœurs, ses camarades d’école et ses amis de faire leur deuil ! Justice pour que plus jamais cela ne se reproduise plus à Ségou, au Mali et nulle part ailleurs dans le monde !

Justice ? Certains diront que c’est un rêve utopique après neuf ans de silence de la justice et d’indifférence des autorités compétentes. Mais, nous, notre silence et notre indifférence ne seront que de la complicité, une caution à l’impunité. Comme le dit le très regretté Nelson Mandela, “cela semble toujours impossible jusqu’à ce que l’on le fasse”.

Aucun combat pour l’égalité et la justice n’est utopique. Aucune bataille n’est de trop contre l’impunité.

Ce combat pour faire justice à Awa Gafouré et à sa famille et à toutes les victimes inconnues des crimes sexuels est avant tout un engagement individuel. Chacun doit s’engager conscient qu’“en faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant” (Nelson Mandela).

Mais, elle est aussi collective cette lutte, car “aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès” (Nelson Mandela). Nous espérons surtout sur une mobilisation générale, des juristes, des médias et de la société civile pour que justice soit faite à Awa Gafouré avant le dixième anniversaire de son assassinat odieux.

Justice à Awa Baba Traoré” est un Mouvement, une chaîne de valeur et de solidarité humaine. Le train de la justice est en marche. N’hésiter pas à y prendre votre place si vous voulez que sonne le glas de l’impunité un jour dans ce pays. N’oublions pas que, comme le dit Axel Oxenstiern, «l’espérance a la vertu d’encourager ceux qui au milieu des adversités manquent de force» !

Engageons-nous pour faire bouger les lignes avec le sentiment du devoir accompli. Nous assurons déjà notre ami et grand frère ainsi que confrère Moustaph Maïga de notre soutien personnel et celui de votre hebdomadaire Le Reflet dans ce noble combat pour la justice.

Moussa BollyAwa Baba Traoré

Ô MALI, SI TU SAVAIS ! février 2 2017

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La Tour de l’Afrique à Bamako

 

Un jour, la nuit s’est abattue sur l’horizon

Depuis  mon Afrique cherche l’espoir à tâtons

Tandis que dans les rues, au-dessus des  maisons

Rôdent les vautours de la colonisation

 

Avec, pour complice, le vassal insatiable

Nourri par la convoitise incommensurable

D’une bouillie intellectuelle exécrable

Mélange d’oppression et corruption  minable

 

Promis de s’occuper des écuries d’Augias

Ils confondent servir et se servir, hélas !

Et  le pauvre con-tribuable payera

Les fromages d’une République mollasse

 

Hélas ! C’était compter sans cette cruauté

De l’impitoyable cannibale enragé

Profitant des états rapaces  égarés

Et  aveuglés par leur égotisme sacré

 

Sur l’autel de la suprématie aliénée

Des innocents sacrifiés, des espoirs brisés

Des valeurs volées, des familles mutilées

Sous nos yeux torturés : un monde démembré

 

Quand leurs armes violent l’innocente candeur

Mutilent nos heures, nos marchands de couleur

Nous signons à l’encre de la vie, de la peur

Avant de sombrer sous les tirs de la terreur

 

Mais, quelle que soit la durée du noir soupir

Sur ce grand cahot, bientôt, l’aube pointera

Sur la Tour de l’Afrique, le jour se lèvera

Et de ses rayons vifs, brûlera les vampires

 

Pour un paysage neuf, misons sur l’espoir

Que nos vraies valeurs s’enracinent à jamais

N’offrons pas aux mécréants notre désespoir

Car c’est ensemble que nous sauverons la paix

 

Sur ce chemin tortueux et abandonné

Oublions notre p’tit confort égocentrique

Nos comportements médiocres, la peur du risque

De cet élan dépend la luminosité

 

Rares sont les lanternes du bonheur passant

Pourtant tout geste du cœur est un acte noble

Aucun présent n’est petit ou insignifiant

Pour nos enfants osons un avenir durable

 

EPICTOU & BOLMOUSS

REFLET DE SOCIETE : La République en panne de leadership janvier 5 2017

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REFLET DE SOCIETE : La République en panne de leadership

 

Depuis 2010, deux ans avant la crise qui a failli être fatale à la République, tous les signaux étaient en alerte. Des cols blancs déguisés en grands patriotes avaient réussi à isoler le président de la République en éloignant de lui ceux qui avaient réellement l’envie et l’ambition de l’aider à boucler son second mandat en toute beauté. Hélas ! Couper des réalités du pays, il n’a pas vu le chaos venir de loin. Aujourd’hui, le Mali cherche toujours le bout du tunnel qui ne cesse de se transformer en mirage. Et cela parce que ceux qui dirigent ce pays manquent de quelque chose d’essentiel : le leadership !

 

“Nous demandons à nos partenaires aussi de respecter ce pays, de respecter ce peuple. Nous nous engageons avec eux sur des bases de respect mutuel et de coopération, mais nous n’acceptons pas tout” !

C’est ce qu’a récemment martelé le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine (MAECIIA), Abdoulaye Diop. C’était au cours d’une interview avec la chaîne TV5-Monde par rapport à la polémique suscitée par la signature ou non avec l’Union européenne d’un accord autorisant le retour forcé de Maliens en situation d’irrégularité dans cet espace.

Ce débat a mis en évidence la rupture entre gouvernants et gouvernés en République du Mali. Il a surtout conforté le sentiment du peuple que le mensonge est érigé en stratégie de gouvernance, de communication depuis quelques années.

Ce qui explique cette polémique que le chef de l’Etat et ses communicants ont du mal à éteindre, car ils ont de plus en plus du mal à convaincre les Maliens à croire en eux. Ce qui n’est pas surprenant d’autant plus que les experts jugent cette “communication approximative”, car axée sur “la dénégation systématique”, très contre-productive en la matière.

Sans aucune volonté de prolonger ce que le gouvernement taxe de “débats de caniveaux” pour mieux noyer le poisson, nous pensons que cet accord signé ou non, les ministres qui ont eu la fameuse séance de travail avec Bert Koenders (ministre hollandais des Affaires étrangères en mission au nom de l’Union européenne) n’ont pas fait preuve de responsabilité. Ils ont manqué de leadership face à un interlocuteur qui n’est pas pourtant un inconnu dans ce pays.

En effet, quand Bert Koenders dirigeait la Minusma, il s’était toujours comporté en terrain conquis en n’avait aucun égard pour les autorités et aucune considération pour le peuple malien. Ce qui avait d’ailleurs souvent poussé le président IBK à le remettre à sa place.

Alors comment des ministres de cette même République peuvent s’asseoir à la table avec ce même homme pour discuter d’un sujet aussi sensible que la migration en tombant naïvement dans son piège du “communiqué conjoint” ? Une rencontre qui a donné l’impression de signature d’un vrai accord à cause du dispositif protocolaire sans doute imposé par le visiteur ?

 

L’UE menacée dans son existence

La gestion de la migration est aujourd’hui la plus grave menace pour l’avenir de l’UE d’autant plus que les flux migratoires favorisent la montée en puissance des conservateurs de l’extrême-droite comme le Front national en France qui ne souhaitent qu’à la démanteler.

Cet enjeu crucial a échappé aux ministres concernés qui n’ont pas agi en vrais leaders diplomatiques chargés de défendre les intérêts des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur !

Aujourd’hui, à notre humble avis, le leadership est la chose fondamentale qui manque au Mali dans presque tous les domaines. C’est l’une des conséquences dramatiques de la médiocratie politique qui favorise l’émergence des moins méritants (habillés du manteau politique) et l’éclipse de ceux qui ont réellement une vraie compétence, une expertise réelle et qui sont à cheval sur les principes et valeurs.

En politique, le leader c’est celui qui a une vision et qui sait s’entourer d’hommes et de femmes capables de traduire cette vision en politiques dans tous les domaines (économique, social, sportif, culturel) pour développer le pays et rehausser son image.

C’est comme la Can “Mali-2002″ que le président Alpha Oumar Konaré a voulu à tout prix parce que conscient de son impact sur l’essor du pays en dehors du football.

Cette même “Can-2002″ nous amène aussi à parler d’un autre cadre qui a fait preuve d’un incroyable leadership pour permettre à notre pays de tenir ses engagements dans les délais requis : Ousmane Issoufi Maïga ! Jeune journaliste-reporter à l’époque, nous avons eu le privilège d’être presque de toutes les missions de supervision des chantiers ouverts.

Et nous avons été témoin de ce que “Pinochet” a obtenu de nos partenaires, notamment de nos amis chinois, comme concession et amélioration des infrastructures sans que cela ait une incidence sur les engagements financiers du pays à leur égard.

Et ceux qui ont connu le général Bréhima Siré Traoré, arraché à l’affection de la nation le 28 décembre 2016, témoigneront surtout sur son sens du leadership.

“Je l’ai connu sous la première transition quand il a été chargé en tant que ministre de l’Administration d’organiser les premières élections pluralistes et démocratiques de notre pays. Seul lui pouvait tenir tête aux politiciens. Il était imperturbable. Il était patient. Il pouvait tenir une réunion jusqu’à épuisement des sujets et de ses interlocuteurs”, s’est rappelé le doyen Tiégoum Boubèye Maïga (TBM) à l’annonce de son décès.

Nommé Commissaire au nord, “ses talents de négociateurs lui ont permis de déminer un terrain hostile”. Et TBM se rappelle des tournées dans le Nord avec lui, les députés, les membres du gouvernement à “la recherche des interlocuteurs, dormant à la belle étoile, sous les balles traçantes, avec pour tout vivre du lait en poudre, de la viande séchée et quelques dattes. Les souvenirs sont nombreux et ils sont tous élogieux”.

C’est un vrai leader de cette trempe qui a manqué au Mali dans le Processus d’Alger ayant abouti l’accord signé en mai-juin 2015. Cet accord est décrié aujourd’hui parce qu’il ne prend pas en compte les préoccupations réelles du peuple malien (Nord et Sud), mais plutôt celles de la minorité d’aventuriers qui ont pris les armes contre la République.

“Pendant les négociations, on se demandait si la majorité des délégués du Mali lisaient réellement les documents qui leur étaient soumis avant les rounds. Les groupes rebelles, surtout ceux de la CMA, avaient toujours une longueur d’avance sur eux par rapport à la maîtrise des questions à débattre. C’est pourquoi ils ont toujours réussi à imposer ce qu’ils voulaient. Curieusement, dans votre délégation, on se demandait si beaucoup savait pourquoi ils étaient en Algérie”, nous a récemment confié un diplomate étranger “surpris” de voir que nous en voulions tant à son pays par rapport à la gestion de la crise au nord du Mali.

“Nous savons que l’Algérie a tout fait pour favoriser la République du Mali dans ses négociations. Mais, ce n’est pas évident soutenir quelqu’un qui ne maîtrise pas les dossiers… En dehors de cette crise, je pense que ce manque de leadership est le problème fondamental du Mali”, ajoutera-t-il.

 

Des traitres dans les rangs des négociateurs

Et de conclure : “Même quand on a réellement envie d’aider ce pays, mais on ne sait pas à qui s’adresser, car ceux que nous avons souvent en face comme interlocuteurs, sont rarement à la hauteur. Ils ne savent pas négocier et se contentent souvent de peu… Vous devez vous en prendre d’abord à vos autorités qui défendent mal les intérêts de vos pays. Il n’y a pas de cadeaux dans les relations internationales basées sur les intérêts des parties”.

Sans compter que, par rapport au Processus d’Alger, le double-jeu de certains de nos représentants qui, en réalité, travaillaient comme de vrais espions renseignant l’autre partie sur la position et les dossiers du pays.

A peine les projecteurs éteints, ils étaient déjà dans les coulisses pour apporter mains fortes à leurs “frères” aux dépens de l’intérêt national.

C’est le même coup qu’ils ont fait au général ATT quand ce dernier les a dépêchés pour aller à la rencontre des aventuriers venus de la Libye pour déstabiliser notre pays. Les vrais entretiens se déroulaient toujours dans le dos des ministres et élus supposés représenter le Sud. Ils poussaient les insurgés à demander plus d’argent afin de préparer leur attaque contre la République. Hélas !

Aujourd’hui, nous sommes toujours dans l’impasse par rapport à cette crise parce nos autorités acceptent tout de la supposée communauté internationale qui se comportent en vraie avocate des groupes armés. Ils sont incapables de défendre une position claire et nette, quelle que soit sa pertinence !

La crise persiste parce que les bandits de la CMA sont convaincus qu’ils n’ont que des épouvantails en face et non de vrais leaders.

Nous ne vous apprenons sans doute rien en vous rappelant que le leadership a un rôle crucial dans la gestion de crise.

Et cela d’autant plus que, comme le définit si bien Kanokwan Towton, être un leader, c’est avoir “la capacité d’influencer et de fédérer un groupe pour atteindre un but commun dans une relation de confiance habituelle et pour une durée limitée”.

Face à une situation de crise, un leader doit avoir des réflexes incontournables pour élaborer les plans d’urgence solides ; tester des plans via des exercices minutieux et formés ; savoir s’entourer d’experts pour pouvoir répondre à la crise…

Et cela d’autant plus que gérer une crise comme celle que traverse le Mali depuis cinq ans (janvier 2012) nécessite des décisions importantes et stratégiques aux moments cruciaux ! Des décisions audacieuses, loin des calculs populistes qui poussent à vouloir faire des omelettes sans casser des œufs, à vouloir contenter tout le monde ! En la matière, hélas, les dirigeants actuels du Mali n’ont guère brillé.

Et pour revenir à la déclaration faite plus haut par le ministre Abdoulaye Diop, nous disons que pour que les autres vous respectent, il faut le mériter en se respectant d’abord. Et pour respecter et se faire respecter nous devons, comme le dit la bloggeuse Tetou Gologo, “apprendre notre histoire pour nous connaître et être fiers de nous-mêmes” !

Moussa BollyLa photo de famille du gouvernement formé en juillet 2016 par le Premier Ministre Modibo Kéita

REVISION CONSTITUTIONNELLE : La démocratie n’a pas besoin d’institutions budgétivores pour sa consolidation janvier 5 2017

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REVISION CONSTITUTIONNELLE : La démocratie n’a pas besoin d’institutions budgétivores pour sa consolidation

 

Dans son discours de Nouvel an, le président Ibrahim Boubacar Kéita a annoncé une conférence d’entente nationale et un référendum constitutionnel. Cette dernière reforme doit aboutir à la création d’un Sénat pour, dit-il, le renforcement de l’Etat et de la souveraineté de la Nation. Mais, nous ne pensons pas que le Mali ait aujourd’hui besoin d’un Parlement bicaméral pour mieux renforcer sa démocratie.

 

Dans son message du Nouvel an, le président Ibrahim Boubacar Kéita a souligné que les leçons tirées de la crise sécuritaire et institutionnelle, qui secoue notre pays depuis 2012, ont mis en évidence «les lacunes et insuffisances» de notre constitution. Ce qui nécessite une reforme constitutionnelle.

Une nécessité imposée également par la prise en compte des réformes prévues dans l’Accord pour la paix et la Réconciliation. Ainsi, IBK promet que, dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire, un projet de loi portant révision de la Constitution sera déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale.

Les propositions faites dans ce projet de loi, a assuré le président de la République, visent le renforcement de l’Etat et de la souveraineté de la Nation. «Elles se donnent ensuite comme finalité de fortifier les Institutions de la République en assurant leur permanence et leur continuité, en clarifiant leurs rapports ainsi qu’une organisation rationnelle et efficiente des pouvoirs publics», a annoncé Ibrahim Boubacar Kéita. 

Et d’ajouter que «le projet de loi garantira l’indépendance du pouvoir judiciaire, sa séparation du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif, lequel sera renforcé par la création d’une deuxième chambre».

Ainsi, si la révision aboutit, le Parlement malien sera désormais bicaméral, c’est-à-dire composé de l’Assemblée nationale et du Sénat. Et cela pour «le plus grand confort de notre démocratie, une meilleure représentation de nos populations», a justifié le président Kéita. 

«Si la révision de la Constitution vise à renforcer l’Etat et la souveraineté, à conforter notre démocratie par le renforcement des Institutions, elle n’en assure pas moins la garantie et le respect des droits et libertés fondamentales reconnus aux citoyens», a poursuivi le Chef de l’Etat malien.

«Le peuple sera l’arbitre ultime du bien-fondé de l’initiative puisqu’après son adoption par la représentation nationale, la Loi fondamentale révisée sera soumise à l’approbation de nos concitoyens par référendum», a promis le président Kéita.

Si les autres arguments évoqués par le Chef de l’Etat pour justifier cette reforme constitutionnelle sont pertinents, nous ne pensons pas que le Mali ait aujourd’hui besoin d’un Parlement national à deux chambres, donc d’une Assemblée nationale et d’un Sénat. Cela ne répond qu’à un mimétisme institutionnel dont l’utilité ne sera qu’une caisse de résonnance de plus pour renvoyer l’ascenseur à certains soutiens politiques encombrants. 

 

Une chambre pour caser la «clientèle politique»

Le Sénat est une institution de la Ve République française (qui inspire l’essentiel des constitutions en Afrique francophone) et forme, avec l’Assemblée nationale, le Parlement français. A ce titre, il vote la loi, contrôle l’action du gouvernement et évalue les politiques publiques. Ses pouvoirs sont fixés par la constitution.

Le Sénat vise surtout, dans le contexte français, à assurer une meilleure représentation des Français et des territoires. Il constitue la Chambre haute du Parlement. En vertu de l’article 24 de la Constitution de la Ve République, il assure la représentation des collectivités territoriales et, avec l’Assemblée nationale, celle des Français établis hors de France.

Organe collégial, le Parlement assure la représentation du peuple et se voit confier deux fonctions : le vote de la loi et le contrôle de l’action gouvernementale qui revient au Sénat. En effet, ce contrôle est sa seconde grande mission. Il s’exerce par des questions, des débats ou des investigations menées par les sénateurs.

Mais, à l’exception du vote d’une motion de censure, les sénateurs ont des pouvoirs identiques à ceux des députés en matière de contrôle du gouvernement. Depuis le 1er mars 2009, une semaine de séance sur quatre est réservée en priorité à ce contrôle, ainsi qu’à l’évaluation des politiques publiques.

Mais, généralement dans les pays africains qui ont un Parlement à deux chambres, les observateurs constatent que le Sénat sert surtout à caser une «clientèle politique». C’est pourquoi, ils (observateurs neutres) ont salué la décision du président Macky Sall du Sénégal de renoncer à sa promesse de ressusciter le Sénat dans son pays.

Une décision motivée par les inondations qui ne cessent de frapper les populations sénégalaises, dakaroises notamment, en hivernage. Ainsi, les 8 milliards de F Cfa qui devaient servir à entretenir les Sénateurs seront injectés dans la réalisation des infrastructures de prévention des inondations.

«La patrie passe avant le parti», s’est-il justifié face à son gouvernement et ses partisans politiques. Comme en France, le Sénat était la  Chambre haute du Parlement sénégalais. Créé en 1999, il a été supprimé en 2001, rétabli en 2007 et à nouveau été supprimé en 2012.

 

Une vraie reforme sans céder au mimétisme

Arrêtons de singer les modèles politiques de l’Occident parce nous n’avons pas les mêmes préoccupations sociopolitiques et économiques. «Une représentation nationale qui s’avère incapable de répondre correctement aux aspirations et aux interrogations légitimes de ses mandants est une représentation nationale en voie de décadence, de laquelle on ne peut rien tirer, ni le gouvernement qu’elle prétend défendre, encore moins le peuple», avait récemment déploré l’honorable Yaya Sangaré (Adema-PASJ, majorité) dans l’une de ses nombreuses tribunes sur les réseaux sociaux.

«…Quand des élus du peuple souverain ferment les yeux sur les problèmes les plus cruciaux qui se posent à leur pays (insécurité, mal gouvernance, pilotage à vue), nous nous trouvons inéluctablement face à des élus atteints de cécité intellectuelle et morale et à des gens malheureusement moribonds», avait-il ajouté.

Malheureusement, l’Assemblée nationale du Mali s’est installée dans «une posture de refus systématique d’apporter sa déterminante contribution à la résolution des problèmes des Maliennes et Maliens».

Cela pose plutôt la question de la moralité et de l’intégrité de nos élus. Et ce n’est pas une reforme constitutionnelle qui va changer cela d’autant plus que rien ne garantie que les Sénateurs seront plus responsables que les députés.

A quoi alors bon accroître les charges du budget national avec des institutions qui ne seront que l’ombre d’elles-mêmes en privant le pays de ressources vitales pouvant servir à réaliser des infrastructures sociales de base ?

Au Sénégal par exemple, avec 8 milliards, on peut moderniser les moyens de production d’un village et le mettre sur la voix de l’auto-développement ! Et cela en plus d’endiguer les raisons des fréquentes inondations. 

Ce n’est pas le mimétisme institutionnel qui permettra à la démocratie malienne d’atteindre la maturité pour le bien être des citoyens. Si la révision constitutionnelle est aujourd’hui une impérieuse nécessité, la création de nouvelles institutions ne l’est pas.

Et si reforme il y a, elle ne doit pas porter sur de nouvelles institutions, mais plutôt viser à renforcer et à optimiser celles existantes comme le Haut Conseil des Collectivités territoriales (HCCT).

Tant que ceux qui ont entre les mains la gestion de ce pays ne prennent pas conscience de leur responsabilité et de leurs missions pour les exercer avec rigueur et intégrité, la multiplication des institutions ne pourra jamais être une garantie pour la mise en œuvre d’une «gouvernance vertueuse, sobre, transparente et de rupture» !

Moussa BollyLe président Ibrahim Boubacar Kéita lors de son adresse à la nation le 31 décembre 2016Le président Ibrahim Boubacar Kéita lors de son adresse à la nation le 31 décembre 2016

LA VIE HEROÏQUE DE FIDEL CASTRO : Une source d’inspiration pour affranchir l’Afrique du néocolonialisme décembre 1 2016

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Fidel Castro, le Père de la Révolution cubaine

 

Le leader Maximo et ancien président cubain, Fidel Castro Ruiz, s’est éteint la nuit du 25 novembre 2016 à 90 ans. Il avait été forcé par la maladie à se retirer de la vie publique en 2006, puis à céder officiellement la place à son frère cadet Raul deux ans plus tard. Avec cette disparition, c’est sans doute le dernier dinosaure du socialisme qui s’efface. Et du coup, c’est  une page du 20e siècle qui se tourne aussi au moment où Cuba et son puissant voisin, les Etats-Unis d’Amérique, entrent dans une nouvelle ère marquée par la coopération après 50 ans de confrontation idéologique.

 

«Une grande perte pour l’humanité» ! Nous pensons que c’est notre ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, M. Abdoulaye Diop, qui a trouvé l’une des formules les plus justes pour rendre hommage à Fidel Castro à travers son héritage politique. Un hommage rendu à l’ancien guerillero sur Tweeter au nom du président Ibrahim Boubacar Kéita et du peuple malien.

La mort de Fidel Castro, le 25 novembre 2016 à 90 ans, a été durement ressentie en Afrique où des pays comme l’Algérie ont décrété au moins une semaine de deuil national. Sans compter l’hommage unanime des dirigeants et des intellectuels du continent dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Les Révolutionnaires cubains ont vigoureusement et publiquement soutenu la lutte d’indépendance dans de nombreux pays africains. Mieux, ils ont ouvert Cuba aux jeunes pays indépendants comme le Mali pour former de nombreux cadres dans presque tous les domaines clefs du développement (éducation, santé, agriculture, art et culture, sport…).

Il faut aussi rappeler que l’une des premières mesures prises par Fidel Castro et son frère Raul a été de mettre fin au racisme à Cuba. Avant la victoire de la Révolution, les Noirs y subissaient les pires discriminations comme aux Etats-Unis à l’époque.

Mais, depuis 1959 avec la prise du pouvoir par Castro, c’est un pays où Blancs et Noirs sont à égalité et vivent dans la plus grande harmonie.

A Cuba les populations ne paient pas de loyer, pas de factures d’électricité ou de gaz, pas d’impôt… L’école et la santé y sont gratuites. C’est le seul pays au monde où il n’y a aucun analphabète. Une source d’inspiration pour beaucoup de pays africains à l’indépendance.

Et aussi dans les années 80 Castro a inspiré la Révolution en Haute Volta (rebaptisé Burkina Faso pour définitivement tourner la page du colonialisme et du néocolonialisme). Une Révolution burkinabè dont la portée politique et socioéconomique n’a pas malheureusement été comprise par le peuple que plus de deux décennies après l’assassinat du Capitaine Révolutionnaire Thomas Isidore Sankara.

Le combat, la résistance, la ténacité d’El Commandante doivent servir la nouvelle génération en Afrique si elle veut réellement rompre avec le paternalisme de l’occident, s’affranchir du néocolonialisme et trouver les vraies voies du développement de nos Etats et de l’épanouissement socioéconomique, politique et culturel de nos peuples.

Comme l’indique son prénom, le leader Maximo est resté fidèle á son idéologie et à ses convictions socio-économiques et politiques : le communisme ! Castro n’était nullement préoccupé de ce que ses ennemis et ses détracteurs pensaient de lui, de sa vision politique et de sa pensée idéologique. Le plus important, pour ce leader charismatique, c’était ce que l’humanité allait retenir de lui.  Des millions de tiers mondistes et d’occidentaux pensent hier comme aujourd’hui que l’homme a changé le monde ou l’a marqué par ses convictions, il a été l’un des dirigeants politiques et idéologues qui ont réellement marqué le 20e siècle comme Nelson Mandela ?

D’autres diront qu’il était «une conscience planétaire dans le combat pour l’émancipation humaine, un phare incandescent et un soutien ferme pour les peuples en lutte pour leur indépendance».

 

La bête noire des Américains et leurs alliés

Cuba de Castro n’a jamais cédé aux menaces et aux attaques des Occidentaux, notamment des Américains dont le débarquement sur la Baie des cochons à lamentablement échoué. En 50 ans de règne, dont 17 ans comme Premier ministre, il a été visé par 638 tentatives de déstabilisation de la CIA (USA).

«Avec quelle légitimité les Etats-Unis peuvent-ils parler de droits de l’Homme dans un pays où il y a des millionnaires et des mendiants, où les Noirs subissent des discriminations, où les femmes sont prostituées, où un grand nombre de Chicanos, de Portoricains et de latino-américains sont rabaissés, exploités et humiliés», s’est interrogé Fidel. Castro lors d’un de ses nombreux discours, de vrais cours pour des étudiants en science politique.

Fidel était célèbre pour ses discours qui pouvaient durer plusieurs heures et il a marqué l’histoire par certaines formules fortes. Son speech à l’Assemblée générale des Nations Unies en 1960 est encore considéré comme le plus long (4h29) de cette organisation.

«C’est ici que nous avons la possibilité de dire la vérité, et nous ne perdrons pas cette possibilité», avait-il justifié. Il n’a pas manqué de dénoncer son isolement sur l’île de Manhattan, les tentatives de limiter les contacts avec d’autres délégations… et tous les efforts de l’administration du président Eisenhower pour lui pourrir la vie pendant ce premier séjour.

«Socialismo o muerte, patria o muerte, venceremos» ou «le socialisme ou la mort, la patrie ou la mort, nous vaincrons» était sa formule préférée pour conclure ses discours. Et il l’a prononcé pour la première fois le 5 mars 1960 lors des obsèques des victimes de l’explosion du navire français, La Coubre, dans le port de La Havane, alors qu’il apportait des armes au régime.

Cette formule fait écho au slogan utilisé par les indépendantistes lors de la guerre contre les Espagnols : «Independencia o muerte» ou «L’indépendance ou la mort» ! Un slogan devenu «la patrie ou la mort, nous vaincrons» avec la Révolution de Thomas Sankara au Burkina Faso. Au Mali, les élèves et étudiants l’ont décliné, en 1990, en «oser lutter, c’est oser mourir : nous vaincrons».

Le père de la Révolution cubaine et leader charismatique du «Tiers monde» est quasiment le seul dirigeant au monde qui a défié la puissance américaine et ses alliés et qui a pu échapper à toutes les tentatives d’assassinat et de renversement de son régime. Et malgré l’embargo pendant des décennies, Cuba est resté une référence dans les domaines de l’éducation, de la santé, du sport… Les chercheurs cubains sont aujourd’hui les mieux placés pour combattre le VIH/Sida, le cancer…

 

S’inspirer de Castro pour briser les chaines du néocolonialisme occidental

Une vie et un combat qui doit inspirer les dirigeants africains actuels du continent africain qui pense qu’il faut faire allégeance à l’Occident pour régner. Et du coup, ils tournent le dos aux préoccupations réelles de leurs peuples sacrifiés pour les intérêts des puissances occidentales.

Le parcours de Castro, comme le disait un intellectuel sur les réseaux sociaux, prouve que si un dirigeant est adulé dans son pays et qu’il inscrit ses actions dans «la vérité et la justice», il n’a rien à craindre de ses ennemis extérieurs.

«Et pour avoir vécu à Cuba, j’étais surpris de voir que la longévité au pouvoir de Castro est liée principalement au soutien sans faille du peuple cubain qui a toujours fait bloc derrière son Commandant en Chef», a témoigné sur les réseaux sociaux un cadre formé à Cuba.

Diabolisé par les Américains et leurs alliés, Fidel Castro n’en a pas moins suscité l’admiration de millions de militants et dirigeants de gauche, en Afrique et en Amérique latine, notamment, où plusieurs dirigeants se revendiquent de son héritage.

Considéré comme une menace pour le monde libre, le régime communiste cubain a nargué des années durant les Etats-Unis, symbole du capitalisme occidental et distants d’à peine 150 kilomètres et a vu passer une dizaine de présidents à la Maison blanche.

Aujourd’hui, la mort de Castro ne pose pas de crise de succession parce qu’il a eu la sagesse de passer la main à son frère et compagnon de lutte Raul, quand il a pris conscience de ne plus avoir la capacité physique de diriger le pays.

Les observateurs ne craignent donc pas la moindre difficulté pour sa succession dans l’immédiat car Raul semble être sur une assise solide.

Agé de 85 ans, ce dernier promet de se retirer au terme de son mandat, en 2018. Et le Parti communiste cubain a promis au Politburo une nouvelle génération de dirigeants, dont Miguel Diaz-Canel, premier vice-président en poste et héritier présumé.

«Je ne pense pas que la mort de Fidel soit un véritable test. Le vrai test sera la transmission du témoin à la génération suivante et ce qui se passera quand Raul se retirera», estimait Phil Peters, du Lexington Institute, en Virginie (USA), avant la mort de Fidel Castro.

Avec la mort de Fidel Castro, une page de l’histoire de Cuba et du communisme est tournée. Mais l’histoire retiendra aussi et surtout, comme le dit si bien Justin Trudeau (Premier ministre libéral du Canada), l’image d’un «leader remarquable, plus grand que nature», et de «révolutionnaire et orateur légendaire».

L’un des «Géants du XXe siècle» ! Un homme est resté à jamais «Fidel» à ses convictions. N’en déplaisent à ceux qui ont toujours cherché à le détruire et qui ne sont jamais parvenu à l’atteindre !

Moussa Bolly

 

POLITIQUE ET ELECTIONS : Les urnes révèlent la faillite de la classe politique malienne novembre 28 2016

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POLITIQUE ET ELECTIONS : Les urnes révèlent la faillite de la classe politique malienne

 

Les élections communales se sont déroulées aujourd’hui au Mali tant bien que mal. A Bamako, on ne déplore pas de problèmes majeurs par rapport à l’organisation du scrutin. Mais, dans les régions du Centre et du Nord, des échos nous sont parvenus que le scrutin n’a pas eu lieu dans beaucoup de communes à cause des intimidations et même des attaques. N’empêche que le gouvernement a relevé un pari : organiser un scrutin dans la crise sécuritaire et financière.

 

Enfin ! Oui, enfin elles se sont tenues ce dimanche 20 novembre 2016 après quatre reports souvent pour des raisons peu convaincantes. Les communales se sont tenues malgré un contexte sécuritaire difficile, malgré les menaces des organisations terroristes et mêmes des composantes de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Une attitude peu surprenante d’autant plus que ceux-ci ont tout à gagner dans les Autorités intérimaires et que dans une vraie consultation électorale pouvant mettre à nue leur impopularité dans les zones contrôles par bout de fusil.

Oui ! Il y a eu des couacs ! Oui, le scrutin n’a pas pu finalement se tenir dans plus d’une trentaine de communes et le gouvernement doit penser rapidement à réunir les conditions pour que les citoyens ainsi privés du droit de choisir leurs dirigeants à la base puisse rapidement l’exercer pour ne pas être lésés au niveau des Conseils de cercle.

Mais, aujourd’hui, le plus important est que le Mali ait réussi à prouver au monde entier que nous sommes encore en mesure de relever des défis pour ancrer davantage notre démocratie.

Au-delà des résultats, c’est ce qui doit le plus compter pour nous, les Maliens. Les élections constituent le baromètre pas seulement de la démocratie, mais pour chaque partie politique digne de ce nom.

Et comme l’a si bien dit le président IBK, après avoir accompli son devoir citoyen en compagnie de son épouse, le scrutin du 20 novembre 2016 montre que «notre démocratie continue sa marche inexorable».

Et organiser des élections de proximité dans le contexte actuel relevait de la gageure. Pas seulement sur le plan sécuritaire, mais surtout financier. Mobiliser 12 milliards F CFA pour organiser ce scrutin est une vraie prouesse du gouvernement après la défection de plusieurs Partenaires Techniques et Financiers (PTF) suite aux nombreux reports.

Malheureusement, beaucoup de gens vont volontairement se focaliser sur le fait que ces élections n’ont pas pu se tenir dans une trentaine de communes (sur 703) à cause de l’insécurité. Et que cela va contribuer à «fragiliser le tissu social qu’à donner une réelle chance à la paix». Ils ont peut-être raison.

 

Les menaces de l’opposition ont accentué la défection de l’électorat

Mais, à notre avis, si faillite il y a, elle n’implique pas le seul Etat, même s’il était de son devoir de prendre les mesures sécuritaires nécessaires. N’empêche que la sécurité n’est pas l’apanage du seul gouvernement, notamment en cette période de crise où une grande partie du centre et surtout du septentrion échappe à son contrôle à cause des conditions contraignantes de l’accord et aussi à cause de la duplicité de certains acteurs de la crise comme la France à Kidal.

S’il y a faillite, c’est en partie de la faute de la classe politique, surtout de l’opposition. Par ses sorties médiatiques démagogiques, celle-ci a beaucoup contribué à défection de l’électorat et en a rajouté à la psychose liée à l’insécurité.

Les opposants n’ont jamais manqué de griefs par rapport à ce scrutin comme s’ils craignaient qu’on ne découvre qu’en réalité ils sont des tonneaux vides.

«Si le gouvernement ne fait rien pour  recadrer son tir, l’opposition se réservera  le droit de ne pas reconnaître les élections communales de dimanche et par conséquent, se battra pour exiger leurs annulations», menaçaient-ils lors d’un point de presse animé le 17 novembre 2016.

Vaincus avant d’aller aux urnes, ils s’accrochaient déjà au prétexte d’un vote frauduleux pré-arrangé pour permettre à la majorité de contrôler les mairies au prix de tripatouillages.

Et curieusement, les mêmes partis étaient en alliance avec ceux de la majorité sur plusieurs listes et dans de nombreuses circonscriptions électorales. De qui se moque-t-on finalement en dénonçant une fraude alors qu’on est allié aux fraudeurs ?

«Je ne comprends pas l’attitude de nos hommes politiques qui, visiblement, n’ont aucun respect pour les citoyens. Sinon comment comprendre ces alliances contrenature entre les supposées majorité et opposition comme RPM-URD, Parena-RPM ? Et on nous demande de sortir pour voter pour ce genre d’alliances…», protestait un jeune professeur de français rencontré à la veille du scrutin. Dimanche dernier, beaucoup de personnes nous ont tenu le même langage pour justifier leur refus de se rendre aux urnes.

 

Savoir perdre et savoir gagner

Peut-on objectivement miser sur des élections transparentes et fiables au Mali alors que l’opposition s’abrite derrière la non-transparence et la non fiabilité pour justifier à l’avance son échec ? Peut-il en être aussi autrement alors que les «grands partis» veulent toujours sortir des urnes vainqueur et ne se croient même contraints de laisser la portion congrue aux petites chapelles ?

Peut-t-on réellement mobiliser l’électorat avec le discours défaitiste tenu par l’opposition ? Cette frange de la classe politique qui boude depuis un certain boude les cadres légaux d’expression et de résolutions des griefs formulés tout au long de ce processus électoral. Il s’agit notamment le cadre de concertation du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation avec la classe politique.

Le taux de participation était l’un des enjeux de cette élection car sensé donner plus de légitimité aux élus. Il va être faible parce que les citoyens pensent que «leur vote ne sert pas à installer les élus de leur choix». Il est logique que les reports et le dépit politique aient provoqué la défiance de l’électorat vis-à-vis des partis politiques.

D’une manière générale, les Maliens sont visiblement très déçus des hommes politiques, toutes tendances confondues. C’est ce qui explique fondamentalement qu’ils aient boudé les urnes.

Malheureusement, ce manque d’engouement a été accentué par les intimidations et les menaces d’une certaine opposition qui a rivalisé avec les groupes rebelles en la matière.

Quelle que soit la faillite de l’Etat, il est indéniable et urgent que la classe politique malienne se remette en cause pour se réconcilier avec l’électorat, donc avec les citoyens.

Et comme l’écrivait un membre du KenédougouForum, il est temps que les politiciens maliens comprennent que «la politique ce n’est une affaire d’une année mais c’est une œuvre sur toute la vie. On gagne, on perd, puis on gagne ! C’est la vie».

Moussa BollyLa UNE de l’hebdomadaire Le Matin du mercredi 23 novembre 2016

INTIME CONVICTION : Se mettre à la tâche au lieu d’attendre le passage du Père Noël pendant notre sommeil novembre 16 2016

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INTIME CONVICTION : Se mettre à la tâche au lieu d’attendre le passage du Père Noël pendant notre sommeil

 

Le 45e président des Etats-Unis d’Amérique est connu depuis le 8 novembre 2016. Il s’agit de Donald Trump qui va occuper la Maison Blanche après une campagne d’une violence rare, et qui a mis en évidence la profonde division de l’Amérique. À l’image du parti républicain, la chapelle politique du vainqueur où presque tout le monde l’avait lâché à cause de son discours volontairement provocateur.

 

Pour la première fois, les Etats-Unis devaient choisir à la présidentielle entre une femme et un novice en politique, tout en optant pour l’alternance. Et les Américains ont voté pour une rupture totale au lieu d’une simple alternance constitutionnelle. Et, pour paraphraser une amie et brillante avocate, «les Américains ont décidé d’user de leur droit de se tromper» ! En effet, le vainqueur était donné perdant par tous les sondages. Raciste, sexiste, xénophobe, narcissique…Aucun de ces défauts n’a empêché l’Amérique de voter pour un «politicien immature» aux dépens de l’establishment symbolisé par Hillary Clinton. Le plus important aux yeux des électeurs, c’est que leur choix incarne certainement mieux le rêve américain qu’il promet d’ailleurs de ressusciter !

Son successeur connu, Barack Obama prépare sans doute ses cartons pour quitter la Maison Blanche en janvier prochain. Ici et là, on s’en presse à faire un bilan de ses huit années passées à la présidence américaine. Et à écouter de nombreux Africains, Obama a déçu. Comme si les Américains élisaient leurs dirigeants pour s’occuper des questions africaines. L’élection d’un président noir, surtout d’origine africaine (son père était un Kenyan), avait visiblement suscité beaucoup d’espoir en Afrique. Un espoir qui s’est estompé au fil des années pour finir en déception, si l’on s’en tient aux analyses et déclarations de ces derniers jours dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Mais, pour juger Obama, 44e et aussi le premier président Black, sur sa politique africaine, il faut relire son discours historique au Parlement ghanéen à Accra, le 11 juillet 2011. En juillet 2011, le 44e président des USA s’était adressé au monde musulman au Caire (Egypte) et à l’Afrique subsaharienne à Accra (Ghana). Ce jour, Obama avait abandonné la langue de bois de la raison politique pour s’exprimer avec le cœur.

La bonne gouvernance pour déverrouiller les potentialités de l’Afrique

«Je ne considère donc pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part, je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté», avait-il déclaré dans la capitale Ghanéenne avec beaucoup de conviction. Et ce jour, Barack Obama avait balisé les priorités de sa politique africaine : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits ! À Accra, Obama n’avait pas manqué de rappeler aux Africains que le développement dépend de la bonne gouvernance. C’est l’ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps. C’est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de l’Afrique. Enfin, c’est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s’acquitter. Toutefois, avait-il poursuivi, «aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue».

Pour montrer la voie à suivre, Obama ne s’était pas contenté de discours, il avait aussi posé des actes. Comme initiatives visant à booster le développement de l’Afrique, le président d’origine kenyane a, à son actif, le premier sommet USA/Afrique à Washington (août 2014) à l’issue duquel il avait annoncé 33 milliards de dollars d’engagements américains en Afrique. Mais, à notre avis, le Plan «Power Africa» est, avec Yali, l’une de ses initiatives les plus ambitieuses en faveur du continent africain. Lancé en 2013 par le président Obama, et approuvé par le parlement américain en février 2016, le plan «Power Africa» est considéré comme l’un des plans les plus ambitieux et les plus structurés sur l’électrification de l’Afrique.

Ce vaste programme, qui se fixe pour objectif de doubler l’accès à l’électricité en Afrique en 2018, est doté de 7 milliards dollars par le gouvernement américain. Il est soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale (BM). Et le 21 septembre 2016, Obama avait annoncé une nouvelle enveloppe supplémentaire d’un milliard de dollars. Sans compter les 20 milliards de dollars glanés auprès d’une centaine de partenaires dans le secteur privé. L’initiative est d’autant salutaire que 600 millions d’Africains, sur 1,3 milliard, vivent sans électricité. Le plan Power Africa vise donc à réduire le déficit énergétique du continent en général et de l’Afrique subsaharienne en particulier, en investissant massivement, notamment dans les énergies renouvelables.

 

Préparer les futures générations à bâtir des institutions fortes

«L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes», avait rappelé Barack Obama lors de son historique discours d’Accra. Mais, il était sans doute aussi conscient que, à l’image des marguerites qui ne poussent pas dans le désert, les institutions fortes n’émergeront pas par miracle.

Il faut un éveil des consciences avec une élite engagée et responsable, capable de s’investir dans l’arène politique ou de former des lobbies puissants pour influencer les décisions politiques, économiques et sociales.

Cette prise de conscience est sans doute à la base du programme Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders (YALI, lancé en 2010). En hommage au regretté Nelson Mandela, il a été initié par Barack Obama pour stimuler l’engagement et l’autonomisation de la prochaine génération de leaders africains.

Le programme devait par exemple envoyer cette année aux États-Unis 1.000 leaders de l’Afrique sub-saharienne pour des formations de 6 à 8 semaines dans les domaines comme le business et l’entreprenariat, le management public et leadership civique. Ces jeunes seront placés dans des universités américaines… où ils auront aussi l’opportunité de partager de nombreux expériences, de connaître d’autres jeunes de leur génération afin d’enrichir leur carnet d’adresses…

Le président Obama a clairement indiqué dans sa politique envers l’Afrique sub-saharienne que «les jeunes sont un facteur clef dans notre implication auprès des populations de ce continent, que ce soit à travers la consolidation de la démocratie, le développement économique ou l’amélioration de la sécurité».

Au départ, il a consisté en une série de fora (forums) de haut niveau, dont le Forum du président Obama avec les jeunes leaders africains en août 2010, le Forum des jeunes Africaines pionnières en juin 2011, et le Sommet sur  l’Innovation et le partenariat de mentorat des jeunes leaders africains en juin 2012…

 

Les Africains doivent se réveiller pour concevoir et réaliser le rêve… africain

«Voici un Programme qui va vous aider à faire une réelle différence chez vous», avait espéré le président Barack Obama aux participants de Washington Mandela Fellows de 2015. Mais les Africains attendaient certainement plus du premier Black élu président de la première puissance économique et militaire du monde.

Et cela en ignorant superbement que ce n’est pas la politique africaine qui fait gagner une élection présidentielle aux Etats-Unis. La preuve est que les questions africaines étaient totalement absentes de la campagne des Donald Trump et Hillary Clinton.

Ainsi, quand nous entendons des Africains, des «experts» ou des chroniqueurs dire que son bilan est mitigé, nous nous demandons s’ils n’attendaient pas de lui plus qu’il ne pouvait. Il est d’ailleurs temps de sortir de ce paternalisme qui nous amène à attendre que les puissances occidentales viennent nous montrer la voie de notre propre développement. Il faut encore être d’une grande naïveté pour croire à cela, pour croire que le progrès de l’Afrique peut être réellement le souci de ces puissances.

À Accra, Obama avait eu la bonne foi de nous rappeler qu’il revient «aux Africains de décider de l’avenir de l’Afrique…». Ce n’est pas la pertinence de sa politique africaine qui offre à un candidat à la Maison Blanche les meilleures chances de se faire élire. Ceux qui se faisaient encore des illusions l’ont compris sans doute en constatant que l’Afrique était presque absente de la campagne qui a abouti à l’élection de Donald Trump.

L’Afrique n’a presque rien à gagner ou à perdre dans l’élection du Républicain dont l’Amérique est l’unique préoccupation. Sauf qu’il menace de revoir tous les engagements extérieurs de son pays.

Et surtout que ses proches conseillers croient que les fonds injectés en Afrique depuis 1960 représentent un gaspillage énorme des ressources de l’Amérique. Et la pire des illusions, c’est de penser que l’élection d’un président américain peut apporter un changement positif en Afrique.

Les locataires de la White House (Maison Blanche) sont avant tout élus pour s’occuper des préoccupations des Américains, donc représenter au mieux l’intérêt général des Etats-Unis.

Si un passage a retenu notre attention dans le premier discours de victoire de Trump (prononcé à son QG), c’est quand le 45e président des USA rappelle aux Américains que «rien que nous souhaitons pour l’avenir de notre pays n’est hors de portée et nous parions sur le meilleur uniquement. Nous avons entre nos mains l’avenir de notre pays. Un avenir audacieux, un avenir brillant. Nous devons rêver de grandes choses pour ce pays…». 

Ce passage doit nous ouvrir les yeux, nous amener à la réalité pour comprendre qu’un rêve ne se réalise pas en dormant, mais en agissant. Agir sur notre propre mentalité. Agir sur notre propre destin, pour peser sur celui de notre pays et de notre continent.

Soyons enfin le boulanger de notre avenir. Faisons donc nôtre, cette belle déclaration (la première après sa défaite) pleine d’humilité et riche en enseignements d’Hillary Clinton, «le plus beau, c’est de se battre pour ce en quoi l’on croit». La conviction et l’intégrité sont des valeurs qui nous manquent essentiellement en Afrique !

Le scrutin du 8 novembre 2016 nous rappelle la vivacité du rêve américain. Et l’un des mérites d’Obama, c’est d’avoir fait de la réalité le rêve de Martin Luther King. Au moins ça, toute l’humanité s’en souviendra !

Moussa BOLLY

 Barack Obama, le 44e président des Etats-Unis d’Amérique !



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